Jan 18 • Zphyr

Les biais cognitifs en investissement : Biais de confirmation et Biais de disponibilité

L'investissement est un domaine où la prise de décision repose autant sur l'analyse rationnelle que sur les émotions et les biais cognitifs. Parmi ces biais, deux jouent un rôle particulièrement déterminant : le biais de confirmation et le biais de disponibilité. Ces phénomènes, bien documentés en psychologie et en finance comportementale, influencent la manière dont les investisseurs traitent l'information et prennent des décisions financières. Dans cet article, nous allons explorer ces biais, leur impact sur l’investissement et les stratégies pour les atténuer.

Le biais de confirmation : Nous voyons ce que nous voulons voir

Le biais de confirmation est notre tendance à rechercher, interpréter et mémoriser les informations qui confortent nos croyances préexistantes, tout en ignorant ou minimisant celles qui les contredisent. C’est l’un des biais cognitifs les plus puissants et répandus, qui nous amène à renforcer nos convictions, parfois au détriment de la réalité.

Comment se manifeste-t-il en investissement ?

  1. Sélection d’informations biaisées : un investisseur qui croit fermement à la hausse d’une action spécifique va privilégier les analyses et rapports qui confirment cette perspective, tout en évitant les signaux d’alerte.

  2. Surconfiance et résistance aux signaux contraires : les investisseurs tendent à maintenir leur position même face à des preuves contraires, pensant que le marché finira par leur donner raison.

  3. Effet de bulle spéculative : ce biais contribue à l’amplification de phénomènes comme les bulles financières, où des investisseurs convaincus d’une hausse inévitable alimentent la spéculation en se confortant mutuellement dans leur optimisme excessif.


Exemple :

Un investisseur convaincu que Tesla est l’entreprise du futur pourrait ignorer les inquiétudes liées à la valorisation élevée de l’action ou aux défis de production. Il privilégiera les articles qui vantent l'innovation de l'entreprise, au lieu de considérer objectivement les risques.

Comment atténuer ce biais ?

  • Chercher activement les contre-arguments : lire des analyses contradictoires et envisager des scénarios opposés à son intuition.

  • Consulter des avis diversifiés : échanger avec des investisseurs aux opinions différentes pour éviter l’effet d’auto-renforcement.

  • Utiliser des données quantitatives objectives : se fier à des métriques financières (P/E, rendement, croissance des revenus) plutôt qu’à des croyances personnelles.

Le biais de disponibilité : Ce qui nous vient à l’esprit nous influence

Le biais de disponibilité est la tendance à juger la probabilité d’un événement en fonction de la facilité avec laquelle on se souvient d’exemples similaires. Plus un événement est médiatisé ou marquant, plus nous avons tendance à croire qu'il est fréquent, même si les statistiques ne le confirment pas.

Comment se manifeste-t-il en investissement ?

  1. Surévaluation des tendances récentes : après une forte hausse des marchés, les investisseurs ont tendance à croire que la tendance va se poursuivre indéfiniment.

  2. Réaction excessive aux événements médiatisés : une crise économique largement relayée par les médias peut inciter certains investisseurs à vendre en panique, même si les fondamentaux restent solides.

  3. Mauvaise gestion du risque : les investisseurs surestiment les risques après un krach boursier récent et sous-estiment ceux d’une bulle en formation.


Exemple :

Un investisseur ayant vécu la crise de 2008 peut, des années plus tard, être réticent à investir en bourse, par peur d’un nouveau krach. Inversement, après un boom des cryptomonnaies relayé dans les médias, un investisseur novice peut croire qu'il est « facile » de gagner de l’argent dans ce secteur, négligeant les risques de volatilité.

Comment atténuer ce biais ?

  • Se baser sur des données historiques longues : étudier l’évolution des marchés sur plusieurs décennies pour éviter d’être influencé par les événements récents.

  • Éviter les décisions impulsives : ne pas agir sous le coup de l’émotion après une nouvelle choquante.

  • Utiliser des stratégies disciplinées : l’investissement passif ou la stratégie de dollar-cost averaging (investir régulièrement une somme fixe) permet de réduire l’impact des émotions et des nouvelles médiatiques.

Conclusion

Les biais de confirmation et de disponibilité sont omniprésents dans la prise de décision financière. Ils nous poussent à rechercher des informations qui confortent nos croyances et à exagérer l’importance d’événements récents ou marquants. Reconnaître ces biais est la première étape pour les surmonter.

Les investisseurs avertis adoptent des stratégies pour minimiser l’influence de ces distorsions cognitives :
  • Évaluer objectivement les données financières sans se laisser influencer par des opinions personnelles.
  • Chercher des perspectives contradictoires pour ne pas tomber dans l’auto-confirmation.
  • Éviter les réactions impulsives basées sur des émotions ou des nouvelles médiatisées.

L’investissement réussi repose autant sur l’analyse des marchés que sur la maîtrise de ses propres biais cognitifs. Comme le disait Warren Buffett : « Le plus grand ennemi de l’investisseur est lui-même. »

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