Note macro économique - AOUT 2026
Le mirage de juin.
L'énergie repart, les taux longs s'envolent.
La désinflation de juin était un mirage énergétique. Le CPI headline tombe à 3,5 % et le core à 2,6 %, mais cette détente vient d'une chute ponctuelle de l'énergie (−5,7 % sur le mois) qui précède le rebond de juillet. Car en juillet tout se retourne : Hormuz se retend (frappes IRGC, menaces de fermeture), le Brent rebondit de +20 % à ~88 $, l'or repart (+2,2 % à 4 096) et surtout le dollar casse sous 100 (99,8) tandis que les taux longs explosent (10Y à 4,73 %, 30Y à 5,27 %, plus haut depuis 2007). La Fed maintient 3,50-3,75 % mais le vote passe à 9-3 (trois dissidents pour une hausse, le plus depuis 2016), relève ses projections d'inflation et projette une hausse d'ici fin 2026, septembre devient live (~58 % pricé). En face, la croissance craque : PIB Q2 à 1,5 % (contre 2,1 % au Q1), NFP juin à +57K (moitié du consensus), chômage à 4,2 % mais tiré par l'effondrement de la participation. Le squeeze stagflationniste, pas la détente.
Le mois dernier, tout semblait s'apaiser : le pétrole baissait, l'inflation ralentissait. En juillet, le scénario s'est inversé. Les tensions au détroit d'Hormuz sont revenues (l'Iran menace de le fermer), et le pétrole (Brent) a bondi de +20 % pour repasser autour de 88 dollars. La baisse de l'inflation vue en juin (prix à la consommation à 3,5 %) était donc un feu de paille lié au pétrole, pas une vraie tendance. Résultat : le dollar a chuté sous la barre des 100, l'or est reparti à la hausse, et surtout les taux d'intérêt à long terme ont bondi (le taux à 30 ans est au plus haut depuis 2007). La banque centrale américaine (Fed) a laissé ses taux inchangés mais trois de ses membres voulaient les monter, et elle prévoit désormais une hausse d'ici la fin de l'année. En même temps, l'économie ralentit nettement : la croissance n'est plus qu'à 1,5 %, et les créations d'emplois se sont effondrées (57 000 en juin). L'étau se resserre : croissance faible et inflation qui menace de repartir.
64 mois au-dessus de la cible Fed
Hausse projetée d'ici fin 2026
Hormuz se retend (frappes IRGC)
Casse sous 100, dollar se retourne
Indicateur synthétique des 6 dimensions
Score calculé à partir des niveaux d'alerte de chaque dimension (1 à 5). À 71/100, la fragilité remonte de 8 points en un mois (vs 63 en juillet, 77 en juin), car la détente de juillet s'est retournée. Trois dimensions se retendent : politique monétaire (4→5, Fed 9-3 qui projette une hausse, septembre live), CFI (2→4, taux longs au plus haut depuis 2007, 30Y à 5,27 %) et devises (3→4, dollar qui casse sous 100, yen à un plus bas de 40 ans avec intervention). L'inflation reflue légèrement (5→4, CPI core à 2,6 % et PCE core à 3,3 %, mais le rebond de l'énergie menace de l'inverser). Le crédit reste calme (3→2, HY OAS à 284 bps). La croissance reste tendue à 4/5 (PIB Q2 à 1,5 %, NFP juin à +57K, participation en chute).
On a noté chacune des 6 dimensions sur une échelle de 1 (tout va bien) à 5 (alerte maximale), puis combiné le tout en un score sur 100. À 71/100, la fragilité remonte : +8 points en un mois (on était à 63 en juillet). La détente du mois dernier s'est inversée. Trois choses se retendent : les banques centrales durcissent encore (la Fed projette une hausse), les taux d'intérêt à long terme bondissent (au plus haut depuis 2007), et le dollar déraille (chute sous 100, le yen japonais au plus bas depuis 40 ans). Un point s'améliore : l'inflation a un peu ralenti en juin. Et le crédit d'entreprise reste calme. Mais la croissance faiblit nettement (à peine 57 000 emplois créés en juin). Bref, on remonte en zone de vigilance élevée.
Dashboard momentum · 12 indicateurs sur 3 mois
52,7
53,6
148
4,3
3,8
2,8
84,6
3,625
17,2
278
98,0
4 730
- ↑ Retournement de l'énergie en juillet. La trêve de juin s'effrite : Hormuz se retend (frappes IRGC, menaces de fermeture), le Brent rebondit de +20 % à ~88 USD (73 fin juin → 88 fin juillet). La prime géopolitique se recharge. Ce rebond, absent des chiffres d'inflation de juin, menace de réinverser la désinflation dans les prochains mois.
- ↑ FOMC 29 juillet : hold 9-3, hausse projetée. La Fed tient 3,50-3,75 % mais le vote se durcit (trois dissidents pour +25 bps, le plus depuis 2016), relève ses projections d'inflation et projette une hausse d'ici fin 2026. Septembre devient live (~58 % pricé). BCE (2,25 %), BoJ (1,00 %, 8-1) et BoE (3,75 %, 6-3) toutes en hold hawkish. Warsh : « ce n'est pas mon avis que mission accomplie ».
- ↓ Désinflation de juin, mais un mirage énergétique. CPI headline à 3,5 % (vs 4,2 %, plus forte baisse mensuelle depuis avril 2020), core à 2,6 % (vs 2,9 %), PCE core à 3,3 % (vs 3,4 %). La meilleure lecture depuis des mois, mais elle vient d'une chute ponctuelle de l'énergie (−5,7 % en juin) qui précède le rebond de juillet. Le bon chiffre risque de ne pas durer.
- ↓ La croissance craque. PIB Q2 advance à 1,5 % (vs 2,1 % au Q1, sous les attentes). NFP juin s'effondre à +57K (moitié du consensus de 115K), avec révisions en baisse (avril 148K, mai 129K). Chômage à 4,2 %, mais tiré par la chute de la participation à 61,5 % (plus bas depuis mars 2021). Une baisse de mauvaise qualité.
- ↑ Taux longs au plus haut depuis 2007, dollar qui casse. Le 30Y grimpe à 5,27 % et le 10Y à 4,73 % (+32 bps sur juillet). Le DXY casse sous 100 (99,8), l'or rebondit (+2,2 % à 4 096), le yen touche un plus bas de 40 ans (intervention japonaise). Le S&P tient près de ses records (~7 440, tech). Le stress migre des actions vers l'obligataire.
- ↑ Le pétrole est reparti en flèche en juillet. La trêve de juin s'est effritée : les tensions au détroit d'Hormuz sont revenues (l'Iran mène des frappes et menace de le fermer). Résultat : le pétrole (Brent) a rebondi de +20 %, repassant de 73 à environ 88 dollars le baril. Ce rebond ne se voit pas encore dans les chiffres d'inflation de juin, mais il menace de faire remonter l'inflation dans les mois à venir.
- ↑ La Fed reste ferme et prévoit une hausse. Le 29 juillet, elle a laissé ses taux inchangés, mais trois membres voulaient déjà les monter (le plus depuis 2016), et elle prévoit désormais une hausse d'ici fin 2026. Les marchés parient à ~58 % sur une hausse en septembre. Les trois autres grandes banques centrales (Europe, Japon, Royaume-Uni) ont aussi tenu leurs taux, toutes avec un ton ferme.
- ↓ L'inflation a baissé en juin, mais c'était grâce au pétrole. L'inflation totale est tombée à 3,5 % (contre 4,2 %) et l'inflation « profonde » à 2,6 %. Bonne nouvelle en apparence. Mais cette baisse venait uniquement de la chute du pétrole en juin, or le pétrole est reparti en juillet. Le bon chiffre risque donc de ne pas durer.
- ↓ L'économie ralentit nettement. La croissance du 2ᵉ trimestre n'est plus qu'à 1,5 % (contre 2,1 %). Et surtout, l'économie n'a créé que 57 000 emplois en juin, moitié moins que prévu. Le chômage baisse à 4,2 %, mais seulement parce que des gens quittent le marché du travail, pas parce que l'économie embauche.
- ↑ Les taux à long terme au plus haut depuis 2007, le dollar chute. Le taux d'emprunt de l'État américain à 30 ans est monté à 5,27 %, son plus haut depuis 2007. Le dollar est passé sous la barre des 100, l'or a rebondi, et le yen japonais a touché son plus bas depuis 40 ans. La bourse, elle, tient près de ses records. Le stress s'est déplacé des actions vers les obligations.
Le régime bust inflationniste se retend : la désinflation de juin (CPI headline 3,5 %, core 2,6 %, PCE core 3,3 %) était un mirage énergétique, une chute ponctuelle de l'énergie (−5,7 % sur le mois) qui précède le rebond de juillet. Car en juillet, Hormuz se retend et le Brent rebondit de +20 % à ~88 USD. En parallèle, la croissance craque : PIB Q2 à 1,5 % (vs 2,1 % au Q1), NFP juin à +57K (moitié du consensus), chômage à 4,2 % mais tiré par l'effondrement de la participation. La Fed ne s'y trompe pas : FOMC du 29 juillet voté 9-3 (trois dissidents pour une hausse), projections d'inflation relevées, hausse projetée d'ici fin 2026. Warsh : « ce n'est pas mon avis que mission accomplie ».
Le stress migre vers les taux longs. Le 30Y grimpe à 5,27 % (plus haut depuis 2007), le 10Y à 4,73 %, pendant que le dollar casse sous 100 (DXY 99,8) et que l'or rebondit (+2,2 % à 4 096). Le yen touche un plus bas de 40 ans avant intervention. Les actions tiennent près de leurs records (~7 440, tech), mais le marché obligataire, lui, price le risque. Notre allocation, ajustée au retournement de juillet : cash / Treasuries 2-5Y toujours surpond fort (carry 4 %), TIPS surpond fort (rebond énergie menace de réancrer le core), HY sous-pond fort maintenu (284 bps, asymétrie inchangée). Deux corrections : énergie repasse à neutre (Brent +20 %, hedge géopolitique), dollar ramené à neutre (DXY casse 100). Japon surpond léger maintenu. Score de fragilité 63 → 71, scénarios 50/15/35. Événements à surveiller : CPI juillet le 12 août, Jackson Hole 27-29 août, FOMC 15-16 septembre.
La situation reste dans le même régime (« bust inflationniste » = les prix restent élevés alors que l'économie ralentit), mais le scénario s'est inversé. En juin, l'inflation avait baissé (à 3,5 %), ce qui semblait rassurant. Sauf que cette baisse venait uniquement de la chute du pétrole, et le pétrole est reparti en flèche en juillet (+20 %, à cause des tensions à Hormuz). La bonne nouvelle de juin était donc un feu de paille. Pendant ce temps, l'économie ralentit vraiment : la croissance n'est plus qu'à 1,5 %, et l'économie n'a créé que 57 000 emplois en juin (moitié moins que prévu). La banque centrale américaine (Fed) reste ferme : trois de ses membres voulaient déjà monter les taux, et elle prévoit une hausse d'ici la fin de l'année.
Le stress s'est déplacé vers les taux d'intérêt. Les taux d'emprunt à long terme ont bondi (le taux à 30 ans est au plus haut depuis 2007), le dollar a chuté sous 100, l'or est reparti à la hausse. La bourse, elle, tient près de ses records. Notre stratégie s'adapte au retournement : on garde du cash et des obligations courtes en position forte (rendement sûr de 4 %) et de la protection contre l'inflation (car le pétrole repart). On évite toujours les obligations risquées. Deux corrections ce mois : on remonte l'énergie à « neutre » (le pétrole rebondit) et on ramène le dollar à « neutre » (il chute). On garde le Japon en légèrement positif. Événements clés à surveiller : le prochain rapport d'inflation (12 août), le symposium de Jackson Hole (27-29 août), et la réunion de la Fed (15-16 septembre).
La discipline du process commence ici. Le message clé en quatre lignes maximum est la seule partie qui doit absolument être lue avant chaque décision de la période. Les six sections suivantes en sont la justification détaillée. Si vous n'avez que deux minutes, ce paragraphe suffit à orienter votre lecture du mois.
Six dimensions, une seule lecture.
Le tableau de bord macro ne s'improvise pas. On le lit dans l'ordre, de la macro réelle aux marchés financiers, pour que le diagnostic reste ancré dans l'économie et non dans le bruit. Six dimensions, vingt-cinq indicateurs prioritaires, un régime qui ressort par convergence.
Pour comprendre l'économie mondiale, on regarde toujours six grands sujets dans le même ordre : la croissance (l'économie grandit-elle ?), l'inflation (les prix montent-ils ?), la politique monétaire (les banques centrales agissent comment ?), les conditions financières (les marchés sont-ils détendus ou stressés ?), le crédit (les entreprises empruntent-elles dans de bonnes conditions ?), et les devises et matières premières (le dollar, le pétrole, l'or). En combinant ces six informations, on obtient un diagnostic global.
A.Croissance · le ralentissement se matérialise
Alerte 4 / 5Le PIB Q2 advance (publié 30 juillet) tombe à 1,5 % annualisé, un net ralentissement vs 2,1 % au Q1, et sous les attentes. Le manque vient d'une baisse des dépenses fédérales et d'un déstockage, mais le signal sous-jacent est le même que depuis le début d'année : la demande privée est molle. Surtout, le marché du travail casse : le NFP de juin s'effondre à +57K (moitié du consensus de 115K), avec des révisions en baisse (avril 148K, mai 129K). Le chômage tombe à 4,2 %, mais uniquement parce que la participation chute à 61,5 % (plus bas depuis mars 2021), l'emploi des ménages plongeant de 507K. Une baisse du chômage de mauvaise qualité.
La croissance américaine ralentit nettement : le PIB du deuxième trimestre (publié le 30 juillet) n'est plus qu'à 1,5 %, contre 2,1 % au premier trimestre, et en dessous des attentes. Mais le vrai choc du mois, c'est l'emploi : l'économie n'a créé que 57 000 postes en juin, moitié moins que prévu. Le taux de chômage baisse à 4,2 %, mais pour une mauvaise raison : ce n'est pas que l'emploi va bien, c'est que des gens arrêtent de chercher du travail (le taux de participation tombe au plus bas depuis mars 2021).
B.Inflation · un répit de juin, un rebond en juillet
Alerte 4 / 5En juin, l'inflation reflue nettement. Le CPI headline (publié 14 juillet) tombe à 3,5 % YoY (contre 4,2 % en mai), avec un −0,4 % sur le mois, la plus forte baisse mensuelle depuis avril 2020, tirée par un effondrement de l'énergie (−5,7 % sur le mois). Le core CPI recule à 2,6 % (contre 2,9 %), flat sur le mois, plus mou que prévu. Le PCE core de juin (publié 30 juillet) confirme la détente à 3,3 % YoY (contre 3,4 %). Sur le papier, la meilleure lecture d'inflation depuis des mois.
Le point crucial du mois : ce répit est un mirage énergétique. La désinflation de juin vient presque entièrement de la chute ponctuelle du pétrole (Brent tombé à 73 fin juin), et ces données précèdent le rebond de juillet, où le Brent est remonté de +20 % à ~88 sur la re-escalade d'Hormuz. La détente de juin est donc déjà en train de s'inverser. C'est exactement la lecture de Warsh, qui refuse de crier victoire : « ce n'est pas mon avis que mission accomplie ». La Fed ne se fie pas au bon chiffre, vote 9-3 (trois dissidents pour une hausse) et relève ses projections d'inflation.
La mécanique du régime est claire : le core a bien décéléré en juin (2,6 % sur le CPI), mais avec l'énergie qui repart, la question devient de savoir si cette détente tient ou n'était qu'un creux. Le PCE core reste à 3,3 %, au-dessus de 3 %, et le CPI de juillet (publié le 12 août) capturera le rebond énergie. Le seuil critique reste PCE core > 3,5 % : au-delà, le bust se réancre et une hausse Fed en septembre (déjà pricée à ~58 %) devient le scénario central.
Le piège du mois tient en une phrase : la désinflation de juin était un cadeau de l'énergie, pas une tendance. Core CPI à 2,6 %, mais Brent qui rebondit de +20 % en juillet. C'est pourquoi la Fed vote 9-3 et relève ses projections plutôt que de célébrer le bon chiffre : elle regarde le rebond qui vient, pas le creux qui passe.
En juin, l'inflation a nettement ralenti. L'inflation totale (prix à la consommation) est tombée à 3,5 % sur un an (contre 4,2 % en mai), grâce à une forte baisse de l'énergie. L'inflation « profonde » (hors énergie et alimentation, celle que la Fed surveille) est descendue à 2,6 %. C'est la meilleure nouvelle sur l'inflation depuis des mois.
Mais voici le piège : cette baisse était uniquement due au pétrole, qui est reparti en juillet. Le prix du pétrole avait chuté fin juin, ce qui a fait baisser l'inflation de juin. Sauf qu'en juillet, les tensions à Hormuz sont revenues et le pétrole a rebondi de +20 %. La bonne nouvelle de juin est donc déjà en train de s'effacer. C'est pourquoi le patron de la Fed refuse de crier victoire, et pourquoi trois membres voulaient déjà monter les taux.
En clair : le bon chiffre de juin risque de ne pas durer, car le pétrole est reparti. C'est pour ça que la Fed reste ferme. Le seuil critique à surveiller : si l'inflation profonde (PCE core, à 3,3 % aujourd'hui) repasse au-dessus de 3,5 %, alors une hausse des taux de la Fed en septembre devient très probable (elle est déjà jugée probable à ~58 %).
Le piège du mois en une phrase : la baisse de l'inflation en juin était un cadeau du pétrole, pas une vraie tendance. Inflation profonde à 2,6 %, mais pétrole qui rebondit de +20 % en juillet. C'est pourquoi les banques centrales restent fermes au lieu de se réjouir.
C.Politique monétaire · hausse projetée, septembre live
Alerte 5 / 5Le FOMC du 29 juillet (deuxième meeting Warsh) a tenu à 3,50-3,75 % pour la cinquième fois consécutive, mais le vote passe à 9-3 : trois présidents régionaux (Hammack, Kashkari, Logan) dissident pour une hausse immédiate de +25 bps, le plus de dissidences dans un même sens depuis 2016. Surtout, la Fed relève ses projections d'inflation de fin d'année et projette désormais une hausse d'ici fin 2026. Warsh, fidèle à sa ligne (statement raccourci, plus de forward guidance), refuse de célébrer le bon CPI de juin : « ce n'est pas mon avis que mission accomplie ». Le marché price désormais septembre comme live (~58 % de hausse au CME, contre ~24 % la veille du meeting). Réaction : S&P −0,6 %, 10Y +5 bps à 4,657 %, 30Y +9 bps, VIX spike à 20,7.
En parallèle, les trois autres grandes banques centrales tiennent, toutes avec un biais restrictif. BCE hold à 2,25 % (23 juillet), les trois taux inchangés, Lagarde soulignant que le choc énergétique reste au-dessus des niveaux d'avant-conflit et que ses effets de second tour « n'ont pas fini de se matérialiser ». BoJ hold à 1,00 % (31 juillet) par un vote 8-1 (Takata pour +25 bps), Ueda signalant une hausse possible dès septembre/octobre et prévenant que le core dépassera « nettement » 2 %, GDP FY2026 relevé à 0,8 %. Le yen a touché un plus bas de 40 ans (~164) avant une intervention du gouvernement qui ramène l'USD/JPY sous 158. BoE hold à 3,75 % (30 juillet) par un vote 6-3 (Mann, Greene, Pill pour une hausse), Bailey notant une inflation UK retombée à 2,6 %.
Le fil conducteur : toutes ces banques centrales gardent un biais restrictif alors même que l'énergie repart et que la croissance ralentit. Elles regardent le rebond d'inflation qui vient (Brent +20 %), pas le bon chiffre de juin. Le marché price ~58 % de hausse Fed en septembre, et le prochain grand rendez-vous est Jackson Hole (27-29 août) puis le FOMC des 15-16 septembre. Ce « higher for longer » qui persiste malgré le décrochage de la croissance est exactement ce qui pousse les taux longs à leurs plus hauts pluriannuels.
Aux États-Unis, la Fed a tenu sa deuxième réunion sous Kevin Warsh (29 juillet). Elle a laissé ses taux inchangés, mais le vote s'est durci : trois membres voulaient les monter tout de suite (le plus depuis 2016). Surtout, la Fed a relevé ses prévisions d'inflation et prévoit désormais une hausse d'ici la fin de l'année. Warsh a refusé de se réjouir du bon chiffre d'inflation de juin (« ce n'est pas mon avis que mission accomplie »). Les marchés parient maintenant à environ 58 % sur une hausse en septembre.
Les trois autres grandes banques centrales ont, elles, laissé leurs taux inchangés, mais toutes restent fermes. La BCE a maintenu à 2,25 % (23 juillet). La Banque du Japon a tenu à 1 % (31 juillet) mais son gouverneur a annoncé une hausse possible dès septembre ; le yen est tombé à son plus bas depuis 40 ans, obligeant le gouvernement japonais à intervenir pour le soutenir. La Banque d'Angleterre a tenu à 3,75 % (30 juillet), avec trois membres qui voulaient monter.
Le point commun : elles restent fermes alors même que le pétrole repart et que la croissance ralentit. Elles regardent la remontée d'inflation qui s'annonce (avec le pétrole), pas le bon chiffre de juin. Résultat : les marchés parient à environ 58 % sur une hausse de la Fed en septembre. Cette fermeté maintenue malgré une économie qui faiblit est exactement ce qui fait bondir les taux d'intérêt à long terme à leurs plus hauts depuis des années.
D.Conditions financières · le stress migre vers les taux longs
Alerte 4 / 5Le stress ne disparaît pas, il change de marché. Le VIX reste contenu à ~17 au 31 juillet (avec un pic à 20,7 le jour du FOMC), et le S&P 500 tient près de ses records (~7 440, porté par la tech, Microsoft +15 % sur ses résultats), mais la vraie tension est sur les taux : le 10Y grimpe à 4,73 % (+32 bps sur juillet, plus haut depuis janvier 2025) et surtout le 30Y à 5,27 %, plus haut depuis 2007. Le marché obligataire price le risque d'inflation, la fermeté de la Fed et la prime de terme. On monte l'alerte de 2 à 4 : les actions et la volatilité restent calmes, mais le stress obligataire, lui, est bien réel et se diffuse au reste des actifs longs.
Le VIX, « l'indice de la peur » qui mesure le stress de la bourse, reste bas à 17 (avec un pic à 20,7 le jour de la réunion de la Fed), et la bourse américaine tient près de ses records (portée par la tech). Mais le stress s'est déplacé vers les taux d'intérêt à long terme : le taux à 10 ans est monté à 4,73 %, et le taux à 30 ans à 5,27 %, son plus haut depuis 2007. C'est pour ça qu'on remonte cette dimension de 2 à 4 : la bourse est calme, mais le marché obligataire, lui, envoie un signal de tension fort.
E.Crédit · calme persistant, asymétrie intacte
Alerte 2 / 5Les spreads restent au plus serré depuis 25 ans. ICE BofA HY OAS autour de 284 bps, quasi inchangé sur le mois malgré la volatilité des taux et le spike du VIX au FOMC. Le crédit n'a matérialisé aucun stress. On abaisse l'alerte de 3 à 2 : à ce niveau, le crédit est le maillon le plus calme du système. Mais l'asymétrie fondamentale reste défavorable. À 284 bps, presque aucune marge de resserrement, énormément de marge d'élargissement si le scénario baissier (Fed hike + correction) se réalise. IG estimé à ~80 bps. Le calme prolonge l'asymétrie sans la résoudre.
La position sous-pondération HY fort reste justifiée mais on reconnaît qu'elle n'a pas été récompensée, et que la fenêtre de matérialisation s'éloigne à court terme avec la détente. C'est une position d'assurance, pas de timing. On ne touche pas au principal pour quelques bps de carry, mais on ne présente plus le stress comme imminent : il est conditionnel au scénario baissier (30 %).
Le crédit reste étonnamment calme alors même que la géopolitique se retend et que les taux longs s'envolent. La discipline n'est pas de prétendre que la rupture est imminente, mais de reconnaître que l'asymétrie reste mauvaise : le HY paie très peu pour un tail risk élevé. On garde la sous-pondération comme une assurance, en assumant qu'elle coûte du carry tant que le scénario central tient.
Quand une entreprise emprunte, elle paie un taux plus élevé qu'un État. La différence s'appelle un « spread ». Plus il est large, plus le marché juge l'entreprise risquée. Pour les obligations risquées (« high yield »), ce spread est de 284 points de base (2,84 %), toujours au plus serré depuis 25 ans, et il n'a pas bougé du mois, même pendant la secousse de la réunion de la Fed. On baisse donc cette dimension de 3 à 2 : le crédit est aujourd'hui le compartiment le plus calme.
Mais le fond du problème reste : à ce niveau, les obligations risquées rapportent très peu pour un risque élevé. Si le mauvais scénario se réalise (la Fed remonte ses taux, les marchés corrigent), ce spread s'élargira brutalement. Notre position : on reste à l'écart des obligations risquées, non pas parce qu'on prédit une crise imminente, mais comme une assurance. On accepte que ça nous coûte un peu de rendement tant que tout va bien.
Le crédit reste calme même si les tensions géopolitiques reviennent et si les taux longs montent. On ne prétend pas qu'une crise est pour demain. Mais les obligations risquées paient très peu pour un danger réel. On garde la position d'évitement comme une assurance : elle coûte un peu de rendement tant que tout va bien, mais protège si le mauvais scénario arrive.
F.Devises et matières · dollar qui casse, énergie qui repart, or qui rebondit
Alerte 4 / 5Le DXY casse sous 100 à 99,8 au 31 juillet (vs 101,3 fin juin, −1,5 % sur le mois), un vrai retournement. Malgré une Fed ferme, le dollar recule : les taux longs montent partout, la prime de terme US inquiète et le billet vert perd son statut de refuge dans un contexte de stress obligataire domestique. Le yen a touché un plus bas de 40 ans (USD/JPY ~164) avant que le gouvernement japonais n'intervienne pour le racheter, ramenant la paire sous 158. Le 10Y Treasury grimpe à 4,73 % et le 30Y à 5,27 %, plus haut depuis 2007.
Le Brent rebondit à ~88 USD/baril au 31 juillet (vs 73 fin juin, +20 % sur le mois), le grand retournement de juillet. La trêve de juin s'est effritée : Hormuz se retend, l'IRGC mène des frappes et menace de fermer le détroit (permis de transit exigés), la prime géopolitique se recharge. Ce rebond énergie, qui n'apparaît pas encore dans les chiffres d'inflation de juin, est précisément ce qui menace de réinverser la désinflation et ce qui pousse la Fed à rester ferme. C'est le driver central du mois.
L'or rebondit. Le métal remonte à ~4 096 USD/oz au 31 juillet (+2,2 % sur le mois), effaçant une partie de sa chute de juin. Deux moteurs reviennent : la re-escalade géopolitique (Hormuz) restaure la prime de refuge, et surtout le dollar qui casse sous 100 redonne un tailwind au métal, malgré des taux réels élevés. Position neutre maintenue : le rebond confirme la valeur de couverture de l'or dans le scénario baissier (35 %), mais on ne surpondère pas dans un régime où la Fed projette une hausse. On ne sous-pondère pas non plus vu le tail risk.
Le dollar américain s'est retourné. Le « DXY » (l'indice qui mesure le dollar contre les autres grandes monnaies) est passé sous la barre des 100 (à 99,8) fin juillet, contre 101,3 fin juin. C'est un vrai changement : malgré une Fed ferme, le dollar baisse, car les taux d'intérêt américains à long terme montent tellement qu'ils inquiètent les investisseurs. Le yen japonais, lui, est tombé à son plus bas depuis 40 ans, forçant le gouvernement japonais à intervenir pour le soutenir.
Le pétrole (Brent) a rebondi à environ 88 dollars le baril fin juillet (contre 73 fin juin, soit +20 % en un mois). La raison : la trêve de juin s'est effritée, les tensions au détroit d'Hormuz sont revenues (l'Iran mène des frappes et menace de le fermer). C'est le grand retournement du mois. Ce rebond du pétrole ne se voit pas encore dans les chiffres d'inflation de juin, mais il menace de faire remonter l'inflation dans les mois à venir.
L'or rebondit. Le métal est remonté à 4 096 dollars l'once (+2,2 % sur le mois), effaçant une partie de sa baisse de juin. Pourquoi ? Deux raisons reviennent : les tensions géopolitiques (Hormuz) redonnent envie d'un refuge, et surtout la chute du dollar rend l'or plus attractif. On garde la position neutre : ce rebond confirme que l'or protège si le mauvais scénario arrive, mais on n'en achète pas plus tant que la Fed menace de monter ses taux.
Le bust inflationniste se retend.
Le régime reste un bust inflationniste dans la nomenclature stricte de la formation (croissance qui plafonne, inflation élevée), mais le moteur s'inverse. En juin, l'énergie a offert un répit : le headline tombe à 3,5 % et le core à 2,6 %, la meilleure lecture depuis des mois. Mais ce répit était mécanique, lié à une chute ponctuelle de l'énergie (−5,7 % sur le mois). En juillet, le choc énergie repart : Hormuz se retend (frappes IRGC), le Brent rebondit de +20 % à ~88 $, et la fenêtre de désinflation se referme avant même d'avoir convaincu.
C'est ce qui explique le durcissement de la Fed et l'explosion des taux longs. La Fed ne se fie pas au bon chiffre de juin : elle vote 9-3 (trois dissidents pour une hausse), relève ses projections d'inflation et projette une hausse d'ici fin 2026. Le marché obligataire, lui, price le risque : le 30Y grimpe à 5,27 %, plus haut depuis 2007. La croissance, sous le vernis, craque : le PIB Q2 tombe à 1,5 % (contre 2,1 % au Q1) et le NFP de juin s'effondre à +57K. Notre conviction reste haute et le score de fragilité remonte de 63 à 71, car la détente de juillet s'est retournée : politique monétaire, taux longs et devises se retendent, seule l'inflation reflue légèrement (et l'énergie menace de l'inverser).
En transition de régime, la tentation est de suivre le headline (spectaculaire, volatil). La discipline est de suivre le core : c'est lui qui détermine la réaction des banques centrales. Le core a bien décéléré en juin (2,6 % sur le CPI), mais avec le rebond de l'énergie en juillet, la question devient : cette détente tient-elle, ou n'était-elle qu'un creux ? Tant que le core ne s'installe pas durablement sous 3 %, le biais restrictif global tient, et le bust inflationniste reste le régime dominant.
On reste dans le même régime : le bust inflationniste (l'économie ralentit pendant que les prix restent élevés). Mais le moteur s'est inversé. En juin, le pétrole a baissé et l'inflation a ralenti (prix à la consommation à 3,5 %), ce qui semblait rassurant. Sauf que cette accalmie était uniquement due au pétrole. Et en juillet, le pétrole est reparti en flèche (+20 %) à cause des tensions à Hormuz. Autrement dit, la bonne nouvelle de juin risque de s'effacer aussitôt.
C'est ce qui explique la fermeté de la Fed et la flambée des taux d'intérêt à long terme. La Fed ne se fie pas au bon chiffre de juin : trois de ses membres voulaient déjà monter les taux, et elle prévoit une hausse d'ici la fin de l'année. Sur les marchés obligataires, le taux à 30 ans est au plus haut depuis 2007. Pendant ce temps, l'économie ralentit pour de bon : la croissance n'est plus qu'à 1,5 % et les créations d'emplois se sont effondrées (57 000 en juin). Notre conviction reste forte, et notre score de fragilité remonte de 63 à 71, parce que la détente du mois dernier s'est inversée.
Quand l'économie change de régime, on est tenté de suivre l'inflation « totale » (qui bouge beaucoup avec le pétrole). Mais la bonne boussole, c'est l'inflation « profonde » (hors énergie). Elle a ralenti en juin, ce qui est encourageant. Mais avec le pétrole qui repart, la vraie question est : ce ralentissement va-t-il durer ? Tant que l'inflation profonde ne s'installe pas sous 3 %, les banques centrales gardent leur ligne dure.
Le bust n'est pas global.
Le diagnostic US ne se transpose pas tel quel. Cinq zones, des régimes contrastés : la majorité des pays restent en boom (déflationniste ou inflationniste), avec un Japon désormais en régime de resserrement, un Mexique en bust déflationniste et une France isolée en bust inflationniste. La lecture par pays prime sur la lecture par bloc.
Les États-Unis sont en bust inflationniste, mais ce n'est pas le cas de tout le monde. Quand on regarde le reste du monde, la majorité des pays sont en réalité en « boom » (croissance positive), avec deux variantes : boom déflationniste (croissance + inflation maîtrisée, l'idéal) ou boom inflationniste (croissance + inflation élevée, à surveiller). Les cas en bust : la France isolément en Europe, et le Mexique (récession à cause des tarifs américains). Le Japon est désormais en régime de resserrement (sa banque centrale a normalisé ses taux et en signale d'autres). La leçon : il faut lire pays par pays, pas par grande zone.
EU.Europe · zone hétérogène, France isolée en bust
Alerte 3 / 5Lecture par pays plus que par bloc. Allemagne en boom déflationniste (PIB Q1 positif, HICP en repli, plan d'investissement 500 mds EUR qui produit ses effets). Italie, Espagne, Pays-Bas, Belgique en boom inflationniste (croissance positive + HICP élevé). France en bust inflationniste : croissance quasi nulle, spread OAT-Bund qui réévalue le risque souverain, dette/PIB 113 %. Le point clé : la BCE a tenu à 2,25 % le 23 juillet (après sa hausse de juin), Lagarde soulignant que le choc énergie reste au-dessus des niveaux d'avant-conflit et que ses effets de second tour ne sont pas terminés. La zone euro reste fragile (contraction de −0,2 % au Q1), et les projections BCE tablent sur une croissance 2026 à 0,8 % pour une inflation à 3,0 %. C'est un biais restrictif maintenu dans un contexte de stagnation, exactement le dilemme du bust inflationniste à l'échelle de la zone. Services inflation eurozone à 3,5 % (risque de second tour). Prochaine réunion en septembre. UK : BoE hold 3,75 % (vote 6-3 le 30 juillet, trois dissents hawkish), CPI retombé à 2,6 %. Sous-pondéré actions zone euro maintenu, pour risque souverain France et durcissement BCE en pleine stagnation.
L'Europe est très hétérogène, on ne peut pas la lire d'un bloc. L'Allemagne va plutôt bien (croissance positive, inflation qui retombe), grâce à un plan d'investissement massif de 500 milliards d'euros. L'Italie, l'Espagne, les Pays-Bas et la Belgique ont une croissance qui tient mais une inflation élevée. La France reste le maillon faible : croissance quasi nulle, dette à 113 % du PIB, écart de taux qui se creuse avec l'Allemagne. Le fait marquant : la BCE a maintenu ses taux à 2,25 % le 23 juillet (après sa hausse de juin). Elle reste ferme alors que la zone euro est fragile (contraction au premier trimestre) : c'est un biais restrictif maintenu en pleine stagnation, le dilemme classique du « bust inflationniste ». Au Royaume-Uni, la Banque d'Angleterre a maintenu son taux à 3,75 % le 30 juillet, mais trois membres voulaient une hausse. On reste prudent sur les actions européennes, surtout françaises.
AD.Asie développée · Japon bascule en resserrement, zone hétérogène
Alerte 3 / 5Le Japon confirme sa normalisation. Le Japon est désormais en régime de resserrement à sous-jacent inflationniste : BoJ hold à 1,00 % le 31 juillet (vote 8-1, Takata pour +25 bps), Ueda signalant une hausse possible dès septembre/octobre et prévenant que le core dépassera nettement 2 %, GDP FY2026 relevé à 0,8 %. Le yen a touché un plus bas de 40 ans (USD/JPY ~164) avant une intervention du gouvernement qui a ramené la paire sous 158, le différentiel de taux avec les US restant massif. C'est un changement de régime qui favorise les banques japonaises (marge nette qui s'améliore avec la hausse des taux) et les valeurs financières value. Corée du Sud en boom inflationniste (BoK à 2,50 %, CPI 2,6 %, exports semi +22 %). Australie en bust inflationniste (RBA 4,35 %, CPI Q1 4,6 %). Singapour, Hong Kong en boom déflationniste. Allocation Japon repassée en surpondéré léger (banques et financières profitent de la normalisation BoJ), sous-pondéré Australie maintenu.
Le Japon confirme son changement de cap. Le Japon est en régime de resserrement : sa banque centrale a maintenu ses taux à 1 % le 31 juillet, et son gouverneur annonce une hausse possible dès septembre. Le yen est tombé à son plus bas depuis 40 ans, forçant le gouvernement japonais à intervenir pour le soutenir. C'est bon pour les banques japonaises (elles gagnent plus d'argent quand les taux montent). La Corée du Sud tient grâce au boom des semi-conducteurs (exports +22 %). L'Australie est en bust inflationniste (inflation 4,6 %). Singapour et Hong Kong restent calmes. On repasse le Japon en position légèrement positive (avant on était neutre) parce que la hausse des taux profite aux banques japonaises.
AE.Asie émergente · Chine en boom déflationniste, Philippines en stagflation
Alerte 3 / 5Chine en boom déflationniste : PIB Q1 +5,0 % (en accélération vs +4,5 % au Q4 2025), portée par industrie et exports. CPI mai 1,2 % (core 1,1 %, alimentaire négatif), mais PPI +3,9 % (plus haut depuis juillet 2022), tiré par le choc Iran et le boom des métaux liés à l'IA (+36,5 %). PBoC à 3,00 % qui garde de la marge. Inde en boom déflationniste : RBI hold à 5,25 % le 5 juin (3e consécutif), CPI avril 3,48 % sous cible, croissance FY27 projetée 6,6 %. Vietnam en boom inflationniste : PIB IMF +7,1 % avec CPI à 5,6 % en mai (plus haut depuis 2020), gagnant du nearshoring. Taïwan en boom déflationniste : croissance forte tirée par le boom IA via TSMC (CBC projette +7,3 % de PIB 2026), CPI 2,2 % en mai, CBC à 2,00 %. Philippines en bust inflationniste violent : PIB Q1 +2,8 % (plus bas depuis 5 ans), CPI mai 6,8 %, BSP hike à 4,75 % le 18 juin (2e consécutif). Allocation Chine et Inde repositionnées en neutre à surpondéré léger (régime porteur), prudence Philippines.
La Chine surprend par le haut : sa croissance accélère à 5 % au premier trimestre (en hausse vs 4,5 % le trimestre précédent), tirée par l'industrie et les exports. Son inflation reste très basse (1,2 %), mais les prix à la production (PPI) rebondissent fortement (+3,9 %), tirés par les métaux pour l'IA. Bref : croissance + inflation contenue, c'est un boom déflationniste, plutôt favorable. L'Inde est dans la même situation (croissance 6,6 %, inflation 3,5 %). Le Vietnam est en plein boom industriel grâce au nearshoring (les entreprises mondiales qui relocalisent leur production). Le cas négatif, ce sont les Philippines : croissance en chute, inflation à 6,8 %, c'est un vrai bust inflationniste. On passe Chine et Inde en neutre voire légèrement positif (avant on évitait), on reste prudent sur les Philippines.
AL.Amérique latine · majoritairement boom inflationniste, Mexique en bust
Alerte 3 / 5Zone dominée par le boom inflationniste. Brésil : BCB Selic 14,25 % (cut prudent 25 bps le 18 juin, 3e consécutif), IPCA mai 4,72 % au-dessus du target ceiling, expectations 2026 grimpent à 5,3 %. Argentine : désinflation Milei spectaculaire (33,2 % en mai vs 211 % fin 2023, légère re-accélération depuis avril), croissance Q1 +0,7 % t/t, croissance 2026 attendue +3 à +4 %. Colombie et Pérou en boom inflationniste, banques centrales en pause. Chili en boom déflationniste : CPI mars 2,8 % dans cible, BCCh à 4,50 %, super-cycle cuivre. Cas particulier : Mexique en bust déflationniste. Contraction PIB Q1 selon Banxico, désinflation simultanée headline (4,45 %) et core (4,26 %), dernier cut Banxico le 7 mai à 6,50 % (3-2) qui acte la fin du cycle d'easing (-475 bps cumulés). Le ralentissement US et les tariffs pèsent, nearshoring affaibli court terme. Allocation : exposition sélective Brésil et Argentine sur thèse commodity, prudence Mexique le temps de la stabilisation.
La majorité des pays d'Amérique latine vivent un boom inflationniste : leur économie tient (parfois bien) mais l'inflation reste élevée. Au Brésil, la banque centrale (BCB) a un taux directeur très élevé à 14,25 % pour combattre une inflation à 4,72 % au-dessus de la cible. En Argentine, Milei continue son redressement spectaculaire : inflation passée de 211 % fin 2023 à 33 % en mai 2026, croissance attendue à +3 à +4 % cette année. Colombie et Pérou aussi en boom inflationniste. Le Chili est plus calme grâce au super-cycle du cuivre. Cas particulier : le Mexique entre en bust déflationniste, sa croissance s'est même contractée au premier trimestre. La banque centrale mexicaine a fait son dernier cut le 7 mai à 6,50 % et signale la fin de son cycle de baisses. Le ralentissement américain et les tarifs douaniers pèsent lourdement. Exposition sélective Brésil/Argentine sur le thème matières premières, prudence sur le Mexique.
MEA.MEA émergents · boom hétérogène, pas de bust
Alerte 3 / 5Aucun pays MEA en bust : zone partagée entre boom inflationniste et boom déflationniste selon l'exposition énergie. Boom inflationniste : Turquie (CBRT à 37 %, CPI mai 32,6 % en re-accélération, lira sous pression à 44), Égypte (CBE à 19 %, CPI mai 14,6 % en désinflation lente, revenus Suez effondrés −50 %), Pologne (NBP à 5,75 %, croissance +3,5 % tirée par fonds UE). Boom déflationniste : Arabie Saoudite (PIB +3,8 %, CPI 1,7 %, Brent rebondi à ~88 repassé au-dessus du break-even fiscal ~85, ce qui soulage les finances publiques et soutient Vision 2030), Émirats (PIB 2026 projeté +5,2 %, inflation 1,8 %, hub Dubai), Afrique du Sud (CPI 3,1 % dans cible élargie SARB, structurellement fragile sur chômage 32 %). Les producteurs nets d'énergie profitent du Brent, les importateurs digèrent. Sélection : surpondéré producteurs Golfe (Saoudite, Émirats), sous-pondéré importateurs lourds (Égypte, Maroc).
Aucun pays de cette zone n'est en récession (« bust »), contrairement à ce qu'on aurait pu craindre. Les pays se divisent en deux groupes selon leur dépendance au pétrole. Les producteurs de pétrole du Golfe (Arabie Saoudite, Émirats arabes unis) profitent du Brent élevé et investissent massivement (Vision 2030 saoudienne, Dubai en plein essor) : ils sont en boom déflationniste, l'idéal. L'Afrique du Sud tient grâce au rallye or et platine. Les importateurs de pétrole, eux, sont en boom inflationniste (croissance + inflation élevée) : Turquie (inflation à 32 %, banque centrale à 37 %), Égypte (inflation à 15 %, revenus du Canal de Suez effondrés), Pologne (en pleine croissance grâce aux fonds européens). On privilégie les producteurs du Golfe (Arabie, Émirats), on évite les gros importateurs comme l'Égypte ou le Maroc.
Lecture par pays plutôt que par bloc. La majorité du monde reste en boom (l'Allemagne, la Chine, l'Inde, l'Arabie), mais avec deux régimes opposés selon que l'inflation est maîtrisée (boom déflationniste) ou en accélération (boom inflationniste). Trois exceptions en bust : France isolée en Europe (risque souverain), Australie (inflation à 4,6 %), Mexique (contagion ralentissement US + tariffs). Le Japon est désormais en régime de resserrement (BoJ à 1 %, hausse signalée pour l'automne), ce qui soutient l'allocation sur les financières japonaises. La lecture US ne se transpose pas mécaniquement, et c'est cette hétérogénéité qui crée les opportunités par pays.
Trois trajectoires, une allocation pondérée.
La méthode des scénarios remplace la prévision unique par une cartographie probabiliste. Pas de choix binaire qui se brise au premier accident : trois trajectoires possibles, chacune avec sa probabilité, ses déclencheurs, sa mécanique attendue, son allocation associée.
Plutôt que de faire une seule prédiction qui sera presque sûrement fausse, on imagine trois scénarios possibles, avec une probabilité chiffrée pour chacun. Le scénario central (le plus probable) sert de base, mais on prépare aussi sa réponse aux deux autres scénarios. Cette discipline évite les erreurs émotionnelles : si le scénario central se réalise, on garde notre allocation. Si l'un des deux autres se déclenche, on sait déjà quoi faire.
- Hormuz reste tendu sans fermeture totale, Brent oscille 85-90, prime géopolitique durable
- Core PCE reste autour de 3,3-3,5 %, le rebond énergie limite la désinflation sans la casser
- Fed hold prolongé, hausse septembre possible mais évitée, biais restrictif maintenu
- Croissance molle ~1,5 % sans bascule franche en récession, marché du travail qui fléchit
- Allocation : oblig 2-5Y + TIPS surpond, or neutre, sous-pond HY, Japon surpond léger, USD neutre
- Les tensions à Hormuz restent élevées, le pétrole reste autour de 85-90 $
- L'inflation profonde reste autour de 3,3-3,5 %, le pétrole l'empêche de vraiment baisser
- La Fed garde son taux stable, évite de monter en septembre, mais reste ferme
- La croissance reste faible (~1,5 %), sans tomber en récession
- On garde obligations courtes + protection inflation, on évite le high yield, léger positif sur le Japon
- Désescalade à Hormuz, la trêve se rétablit, Brent redescend sous 75 USD
- Le core reprend la décélération vue en juin (2,6 % sur le CPI), PCE core repasse sous 3 %
- Le marché du travail se stabilise, soft landing confirmé sans récession
- Fed ouvre la porte à un cut dès Q4 2026, glissement vers un boom déflationniste léger
- Surpondération cycliques, EM, actions US large, réduction TIPS (breakevens refluent)
- Les tensions à Hormuz retombent, le pétrole redescend sous 75 $
- L'inflation profonde reprend sa baisse de juin et repasse sous 3 %
- Le marché de l'emploi se stabilise, l'économie évite la récession
- La Fed peut enfin baisser ses taux dès la fin 2026
- On achèterait des actions cycliques, des marchés émergents, des actions américaines
- Hormuz se ferme ou l'énergie repart plus fort, le core se réancre au-dessus de 3,5 %
- PCE core > 3,5 %, le rebond énergie de juillet se transmet au core, la désinflation de juin est effacée
- Fed forcée de hiker en septembre, 2Y au-dessus de 4,5 %, le 30Y prolonge sa flambée
- Variante récession : le marché du travail casse (Sahm déclenchée après +57K), stagflation vers contraction
- Marchés au record corrigent violemment, HY OAS > 400 bps, VIX > 30 ; cash + Treasuries 2-5Y + TIPS surpond fort, défensif maximal
- Le pétrole repart plus fort (fermeture d'Hormuz), l'inflation profonde repasse au-dessus de 3,5 %
- Le rebond du pétrole de juillet se transmet à toute l'inflation, effaçant l'accalmie de juin
- La Fed est obligée de remonter ses taux en septembre, les taux longs flambent encore
- Autre version : l'emploi s'effondre (après 57 000 en juin) et l'économie tombe en récession
- Les marchés corrigent violemment ; on se réfugie dans le cash et les obligations sûres et protégées
Position recommandée par classe d'actifs.
Pondération du portefeuille de référence en bust inflationniste qui se retend. Le socle défensif reste : cash et Treasuries 2-5Y surpondérés (carry 4 %), TIPS surpondéré fort (le rebond énergie de juillet menace de réancrer le core au-dessus de 3 %). Sous-pondéré fort maintenu sur le HY (asymétrie inchangée à 284 bps). Ajustements du mois liés au retournement de juillet : énergie repasse de sous-pondéré à neutre (Brent +20 %, Hormuz se retend, l'énergie redevient un hedge), dollar repasse de surpondéré léger à neutre (le DXY casse sous 100). Actions Japon restent surpondéré léger (BoJ ferme), or reste neutre (a rebondi de 2,2 %, hedge du scénario baissier). Actions US : sous-pondéré maintenu, valorisations tendues face à des taux longs au plus haut depuis 2007.
Voici comment on répartit l'argent dans le portefeuille théorique de référence, sachant qu'on est en bust inflationniste qui se retend. Les grandes lignes : plus d'obligations courtes (rendement sûr de 4 %), plus de protection contre l'inflation (les TIPS, car le pétrole repart), on évite les obligations risquées (high yield) et les actions cycliques. Les changements du mois, liés au retournement du pétrole : on remonte l'énergie de « sous-pondéré » à « neutre » (le pétrole rebondit), et on ramène le dollar à neutre (il chute sous 100). L'or reste neutre (il a rebondi et protège si le mauvais scénario arrive). On reste prudent sur les actions américaines, face à des taux longs au plus haut depuis 2007.
| Classe d'actifs | Intensité de position | Justification |
|---|---|---|
| Cash / monétaire USD | Surpondéré |
4 % de rendement, optionalité maximale avant Jackson Hole et le FOMC de septembre |
| Treasuries 2-5Y | Surpond. fort |
Carry 4 % + protection si Fed forcée de pivoter en cas d'aggravation |
| TIPS 5-10Y | Surpond. fort |
Prime d'inflation justifiée : rebond énergie de juillet menace de réancrer le core |
| Treasuries 10Y+ | Neutre |
Risque term premium si déficit US s'aggrave, duration peu rémunératrice |
| Crédit IG | Sous-pondéré |
Spreads compressés ~80 bps (25-yr tight), peu de marge si bust s'aggrave |
| Crédit HY | Sous-pond. fort |
Spreads à 284 bps inchangés, asymétrie sévère si le scénario baissier (35 %) se réalise |
| Actions US large cap | Sous-pondéré |
Valorisations tendues (S&P ~7 440) face à un 30Y à 5,27 %, plus haut depuis 2007 |
| Actions US small cap / cycliques | Sous-pond. fort |
Sensibilité maximale au bust + taux haut + énergie chère |
| Actions défensives (santé, conso base) | Surpondéré |
Pricing power préservé en stagflation, demande inélastique |
| Énergie | Neutre |
Remontée de sous-pond. à neutre : Brent +20 % à ~88, Hormuz se retend, hedge géopolitique |
| Actions internationales (EU) | Sous-pondéré |
Croissance eurozone molle, BCE en hold restrictif à 2,25 %, durcissement en pleine stagnation |
| Actions Japon | Surpondéré léger |
BoJ ferme à 1 % (Ueda signale sept./oct.), banques japonaises profitent de la normalisation |
| Or | Neutre maintenu |
A rebondi (+2,2 % mois) avec la chute du dollar, hedge du scénario baissier |
| Dollar US (long USD) | Neutre |
Ramené à neutre : le DXY casse sous 100 (99,8) malgré une Fed ferme, le dollar se retourne |
Cinq seuils à surveiller.
Chaque point de vigilance est associé à un seuil chiffré. Pas de termes vagues comme « si ça se dégrade ». Cette discipline permet de réagir mécaniquement quand un seuil est franchi, sans laisser la place aux biais émotionnels.
On définit cinq seuils précis (avec des chiffres) qui, s'ils sont franchis, déclenchent une révision de notre allocation. L'idée : si ces seuils restent sous contrôle, on garde le scénario central. S'ils sont touchés, on bascule mécaniquement vers le scénario baissier. Pas de jugement subjectif, pas d'émotion : juste des chiffres et des actions associées. C'est ce qui permet de résister à la tentation d'attendre ou de réagir trop vite.
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PCE core au-delà de 3,5 % YoY Depuis 3,3 % actuel. Le rebond de l'énergie en juillet menace de réinverser la tendance. Franchissement = le core se réancre, hausse Fed septembre devient centrale. PCE juillet publié le 28 août
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Sahm rule, chômage US au-delà de 4,5 % Depuis 4,2 % (baisse trompeuse, tirée par la chute de la participation), +0,3 pt déclencherait la règle. NFP juin déjà à +57K, le NFP juillet (7 août) est le prochain test
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Spread HY US au-delà de 400 bps Depuis 284 bps actuel, +116 bps = signal de stress crédit confirmé, sortie totale du HY, scénario baissier enclenché
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USD/JPY au-delà de 165 · DXY sous 98 DXY a cassé sous 100 (99,8) et l'USD/JPY est ~158 après intervention japonaise (plus bas 40 ans à 164). Un dérapage au-delà = fuite désordonnée du carry, stress émergents et JGB
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Brent de retour au-delà de 90 USD Depuis 88 actuel (rebond +20 % en juillet, tout proche du seuil). Si Hormuz se referme (frappes IRGC en cours), franchissement rapide = second tour inflationniste réactivé
Les publications qui décident du mois.
Voici les data releases prévues d'ici la prochaine édition. Chaque publication peut confirmer ou invalider notre scénario central. Les publications signalées en or sont les plus structurantes, celles qui pourraient déclencher une révision substantielle de l'allocation.
Voici l'agenda des prochaines publications économiques officielles à surveiller. Chacune peut soit confirmer notre scénario central (bust inflationniste persistant) soit le remettre en question. Les publications marquées « CLÉ » en or sont les plus importantes : ce sont celles qui peuvent réellement changer notre allocation. Les autres sont des confirmations utiles mais moins décisives.
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3 AoûtISM Manufacturing juillet CLÉPremier test du rebond énergie : le sous-indice Prices (73,0 en juin) va-t-il repartir à la hausse avec le Brent à 88 ? Un rebond confirmerait que la désinflation de juin était un mirage.ISM
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5 AoûtISM Services juilletPrices Services (67,7 en juin) à surveiller pour la diffusion de l'inflation aux services, cœur du bust inflationniste.ISM
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7 AoûtNFP juillet · Employment Situation CLÉAprès l'effondrement à +57K en juin, le marché du travail casse-t-il vraiment ? Vigilance seuil n°2 : chômage > 4,5 % = Sahm rule. Attention à la révision des mois précédents.BLS
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12 AoûtCPI juillet CLÉLe test décisif : le headline (3,5 % en juin) rebondit-il avec l'énergie ? Le core (2,6 %) confirme-t-il sa décélération ou repart-il ? Détermine directement la probabilité de hausse Fed en septembre.BLS
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13 AoûtPPI juilletPrix à la production, pour anticiper le pass-through du rebond énergie vers le core dans les mois à venir.BLS
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15 AoûtRetail sales juilletConsommation réelle déflatée : confirme-t-elle le craquement de la demande privée après un PIB Q2 à 1,5 % ?Census
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27–29 AoûtJackson Hole · discours Warsh CLÉSymposium de Jackson Hole. Le discours de Warsh sera décortiqué pour tout signal sur la hausse de septembre, après un FOMC de juillet voté 9-3 et des projections d'inflation relevées.Fed
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28 AoûtPCE juillet CLÉLa mesure préférée de la Fed. PCE core juin à 3,3 % ; le chiffre de juillet capturera le rebond énergie. Vigilance seuil n°1 : > 3,5 % = bust réancré, hausse septembre centrale.BEA
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1 Sept.Édition #005 · Note macro RIFTProchaine édition mensuelle. Confrontera l'allocation d'août au réel et réévaluera la trajectoire à l'approche du FOMC de septembre.RIFT
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15–16 Sept.FOMC septembre + dot plot CLÉRéunion à projections. Septembre est live (~58 % de hausse pricé au CME). Nouveau dot plot après un vote de juillet à 9-3 : c'est le rendez-vous qui tranche le paradoxe.Fed
Confronter le diagnostic au réel.
Cette section confronte chaque mois l'allocation recommandée de l'édition précédente à la performance réelle des classes d'actifs. La discipline du process exige de revenir sur ses recommandations, pas pour se féliciter, mais pour comprendre ce qui s'est passé et ajuster.
Chaque mois, on revient sur les recommandations qu'on avait faites le mois précédent et on regarde honnêtement ce qui a marché et ce qui n'a pas marché. Ce n'est pas pour se féliciter d'avoir eu raison, ni pour s'autocritiquer si on s'est trompé, c'est pour apprendre et améliorer le process. Une bonne décision peut donner un mauvais résultat (et inversement) ; ce qu'on cherche à valider, c'est notre méthode, pas notre chance.
Quatre semaines plus tard, ce que disent les marchés
La note macro de juillet a recommandé une allocation construite autour du diagnostic « bust inflationniste, détente géopolitique » avec un score de fragilité à 63/100 et des scénarios 55/15/30. Quatre semaines plus tard, le mois a pris le contre-pied du scénario de détente. Voici comment chaque position s'est comportée, sans complaisance, sans dramatisation.
Checklist anti-biais avant validation.
Six biais cognitifs menacent toute décision d'allocation macro. Avant d'exécuter la pondération de cette note, chaque biais a été examiné. La case cochée signifie que la question a reçu une réponse claire et honnête.
Notre cerveau a tendance à nous jouer des tours, surtout en finance : on aime ce qui confirme nos idées, on retient les événements récents plus que les anciens, on se compare à des situations passées même quand ce n'est pas pertinent. Pour résister à ces erreurs (qu'on appelle des « biais cognitifs »), on passe en revue 6 d'entre eux avant chaque décision. Voici comment on les a traités cette fois :
- ✓Récence · le bon CPI de juin intégré sans surpondérer la désinflation : le rebond énergie de juillet est pris en compte autant que le creux de juin
- ✓Ancrage · scénarios recalibrés (50/15/35 vs 55/15/30 de juillet), le baissier relevé à 35 % après le retournement de l'énergie
- ✓Confirmation · reconnaissance explicite des deux erreurs du mois (énergie sous-pondérée avant le rebond, dollar surpondéré avant la cassure)
- ✓Représentativité · distinction chômage affiché (4,2 %) vs baisse tirée par la participation, désinflation de juin vs rebond énergie, dans le diagnostic A et B
- ✓Optimisme · scénario baissier relevé à 35 %, le répit d'inflation de juin traité comme fragile et non comme une tendance acquise
- ✓Surconfiance · conviction haute sur le régime (bust qui se retend), mais correction assumée sur deux positions (énergie, dollar)
La discipline du process compte plus que la justesse de la prévision. Les analyses parfaites avec une exécution émotionnelle perdent de l'argent. Les analyses moyennes avec une exécution disciplinée en gagnent.
Portefeuilles types par profil de risque
Trois exemples d'allocations diversifiées géographiquement et construites selon les régimes économiques actuels. Chacun est dimensionné pour un profil de risque distinct et reflète le contexte macro d'août 2026 : rebond de l'énergie (Brent +20 % à ~88, Hormuz se retend), banques centrales fermes (Fed hold voté 9-3 avec hausse projetée, BCE, BoJ et BoE en hold restrictif), taux longs au plus haut depuis 2007 et dollar qui casse sous 100. BUST INFLATIONNISTE sur les économies importatrices d'énergie (US, FR, AU, PH), BOOM DÉFLATIONNISTE chez les exportateurs commodity et l'Asie (Chine, Inde, Indonésie, Arabie, Norvège, Suisse, UK), BOOM INFLATIONNISTE sur les économies à inflation persistante (Allemagne, Italie, Espagne, Canada, Brésil, Turquie). Le Japon est en régime de resserrement (BoJ à 1 %).
Les allocations sont calibrées pour traverser plusieurs régimes tout en exploitant le quadrant dominant du moment. Le portefeuille conservateur surpondère les refuges, le neutre équilibre, l'agressif parie sur la prolongation du super-cycle matières premières.
• BUST INFLATIONNISTE (stagflation)
• BUST DÉFLATIONNISTE (or pivote)
• BOOM INFLATIONNISTE (or et énergie)
• BOOM DÉFLATIONNISTE soutenu (sous-performance vs S&P)
• BOOM DÉFLATIONNISTE des EM commodity
• BOOM INFLATIONNISTE soutenu
• BUST INFLATIONNISTE modéré
• BUST DÉFLATIONNISTE généralisé (récession mondiale)
• Choc déflationniste extrême (style 2020)
• BOOM DÉFLATIONNISTE des EM commodity
• BOOM INFLATIONNISTE soutenu
• Super-cycle matières premières
• BUST DÉFLATIONNISTE mondial (récession EM)
• Choc dollar fort prolongé
• Effondrement appétit risque global
La discipline mensuelle bat
la prévision géniale.
Cette note suit la méthode complète de la Formation Macro-Économie : diagnostic des six dimensions, identification du régime, scénarios probabilisés, allocation cohérente, checklist anti-biais. Chaque mois, le RIFT Macro Desk applique le même process.
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