Note macro économique - JUILLET 2026

Note macro RIFT · Édition #003 · Juillet 2026
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Note publiée le 1er juillet · Prochaine édition 1er août 2026

Le grand paradoxe.
L'énergie plie, les banques centrales durcissent.

Le PCE core sort à 3,4 % en mai (record depuis octobre 2023), le PIB Q1 est révisé en hausse à 2,1 % mais la demande privée finale à seulement 1,7 % et le real PCE Q1 à +0,5 % annualisé. Le cessez-le-feu US-Iran signé le 17 juin fait chuter le Brent de 93 à 73 $ le baril (-20 % sur le mois), Hormuz se rouvre progressivement. Face à ce dénouement, les banques centrales durcissent en synchronisation : Fed hold 12-0 mais dot plot bascule pour hausse (9/18 dots, 17/18 voient risque inflation à la hausse), BCE +25 bps à 2,25 %, BoJ +25 bps à 1 %, BoE 7-2 avec deux dissents hawkish. Warsh signe son premier FOMC avec un statement raccourci, plus de forward guidance, « the Fed will deliver price stability ». Les marchés testent la fissure : S&P 500 record à 7 499, DXY 101,3 (plus haut 14 mois), or à 4 020 (-11 % mois), VIX 16,5. Trois forces qui ne devraient pas coexister.

Il s'est passé quelque chose d'important en juin : le cessez-le-feu entre les États-Unis et l'Iran a été signé le 17 juin, ce qui a fait chuter le prix du pétrole (Brent) de 93 à 73 dollars le baril (-20 % en un mois). Le détroit d'Hormuz (par où passe 20 % du pétrole mondial) rouvre progressivement. Le choc énergétique qui alimentait l'inflation depuis février commence donc à se dénouer. Et pourtant, les cinq grandes banques centrales ont toutes durci leur position : la Fed maintient ses taux mais signale une possible hausse en septembre (le nouveau patron Kevin Warsh a fait son premier meeting très ferme le 17 juin), la BCE a effectivement remonté ses taux pour la première fois depuis 2023 (de 2,00 % à 2,25 %), la Banque du Japon aussi (à 1 %). Pendant ce temps, les marchés actions font des records (le S&P 500 atteint 7 499 points). Ce grand paradoxe (énergie qui baisse, banques centrales qui durcissent, marchés au plus haut) est le sujet central de cette édition : ces trois forces ne devraient pas coexister durablement.

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Conservateur · Neutre · Agressif
PCE Core · YoY
3,4%↑ +0,1pt
3,3 → 3,3 → 3,4 sur 3 mois
Record depuis octobre 2023
Fed Funds
3,50–3,75→ hawkish hold
6 mois consécutifs en pause
Dot plot 2026 : 9/18 pour hausse
Brent · USD/baril
$73↓ −20 % en juin
110 → 93 → 73 sur 3 mois
Cessez-le-feu US-Iran 17 juin
DXY · Dollar Index
101,3↑ +1,5 pt
98,0 → 99,8 → 101,3
Plus haut depuis 14 mois
63/100
Vigilance
Score de fragilité système

Indicateur synthétique des 6 dimensions

Score calculé à partir des niveaux d'alerte de chaque dimension (1 à 5). À 63/100, on reste en zone de vigilance mais le pic Iran est passé. Le score recule de 14 points en un mois (vs 77 en juin, 70 en mai), une détente portée par le dénouement géopolitique. Trois dimensions se détendent : CFI (3→2 avec VIX à 16,5), crédit (4→3, pas de matérialisation du stress HY), devises (4→3 avec Hormuz qui rouvre). Deux dimensions restent au maximum : inflation à 5/5 (PCE core 3,4 % accélère, déconnecté de l'énergie) et politique monétaire à 4/5 (Fed, BCE, BoJ toutes en durcissement synchronisé). Croissance stable à 4/5 malgré la révision UP du PIB Q1 à 2,1 %, car la demande privée finale n'est qu'à 1,7 % et le real PCE Q1 à +0,5 %.

On a noté chacune des 6 dimensions sur une échelle de 1 (tout va bien) à 5 (alerte maximale), puis combiné le tout en un score sur 100. À 63/100, on reste en zone de vigilance mais le pic est passé. Le mois dernier, on était à 77, donc le système s'est amélioré de 14 points en un mois. Trois choses se détendent grâce au cessez-le-feu Iran : la volatilité des marchés (CFI passé de 3 à 2), le crédit d'entreprise (passé de 4 à 3, pas de crise), et les devises (passées de 4 à 3, l'énergie redevient normale). En revanche, deux signaux d'alerte restent au maximum : l'inflation core (qui continue à accélérer malgré la baisse du pétrole) et la politique monétaire (toutes les banques centrales durcissent leur ton). Ce n'est plus l'alerte rouge, mais on n'est pas encore sorti d'affaire.

Croiss.
4
Inflat.
5
Pol. mon.
4
CFI
2
Crédit
3
Devises
3

Dashboard momentum · 12 indicateurs sur 3 mois

Favorable Défavorable Stable
PMI Manuf · ISM ↓ -0,7pt
53,3
54,0
52,7
PMI Services · ISM ↑ +0,9pt
54,5
54,0
53,6
NFP · Créations K ↑ rév. positive
172
179
214
Chômage US · % → stable
4,3%
4,3
4,3
CPI Headline · YoY ↑ +0,4pt
4,2%
3,8
3,3
Core CPI · YoY ↑ +0,1pt
2,9%
2,8
2,6
ISM Prices Manuf ↓ −9,1pt
73,0
82,1
84,6
Fed Funds · % → hawkish hold
3,625
3,625
3,625
VIX ↓ −0,7pt
16,5
17,2
20,5
Spread HY · bps ↑ +3 bps
282
278
279
DXY ↑ +1,5 pt
101,3
98,0
99,8
Or · USD/oz ↓ −11 % m/m
4 020
4 730
4 250
Ce qui a changé sur 3 mois
  • Cessez-le-feu US-Iran signé le 17 juin. Mémorandum 60 jours, réouverture progressive du détroit d'Hormuz. Brent chute de 110 → 93 → 73 USD sur 3 mois (−33 % depuis pic février, −20 % en juin, −23 % sur Q2, pire trimestre depuis 2020). L'EIA prévoit Brent ~70 USD fin 2026. Le catalyseur inflationniste principal recule vite. Iran veut co-superviser Hormuz, tensions latentes mais transit reprend.
  • Central Bank Super Week : durcissement synchronisé (11-18 juin). BCE +25 bps à 2,25 % (première hausse depuis sept 2023, Lagarde rejette « insurance hike »). Fed hold 3,50-3,75 % vote 12-0 mais dot plot bascule pour hausse (9/18 dots, 17/18 voient risque inflation à la hausse, médiane fed funds fin 2026 à 3,8 %). BoJ +25 bps à 1 % (Ueda hospitalisé, Himino a présidé). BoE hold 7-2 (Greene + Pill hawkish dissent, +1 vs avril). Warsh premier FOMC : statement raccourci, plus de forward guidance, « the Fed will deliver price stability », création de 5 task forces.
  • PCE core à 3,4 % en mai, l'inflation core résiste malgré l'énergie. Record depuis octobre 2023. Trajectoire 2026 : 2,9 % (jan) → 3,3 % (mars) → 3,4 % (mai). Headline PCE à 4,1 % (record 3 ans, +0,4 % MoM). Le pass-through de la détente énergie ne s'est pas encore matérialisé dans le core. C'est LA raison pour laquelle les banques centrales durcissent malgré la baisse du Brent : l'ancre inflationniste n'a pas lâché.
  • PIB Q1 révisé UP à 2,1 % (3e estimate 25 juin), mais chiffre trompeur. Upward revision de +0,5 pt vs 1,6 % en 2e estimate, quasi exclusivement via révision baisse des imports (11,8 % vs 21,1 %, techniques nettes). Real final sales to private domestic purchasers révisé DOWN à 1,7 % (favored gauge Fed pour demande privée). Real PCE Q1 à seulement +0,5 % annualisé. Housing investment −7,8 % (5e trimestre de baisse). La santé sous-jacente reste faible.
  • Marchés font des records malgré tout. S&P 500 à 7 499 (record historique), DXY à 101,3 (plus haut 14 mois, +1,5 % mois), 2Y yield +16 bps post-Fed à 4,21 %, 10Y à 4,4 %. Or décroche à 4 020 (−11 % mois, plus bas 8 mois, −29 % depuis pic fév). VIX se détend à 16,5. Le marché parie sur la résolution douce (soft landing + désinflation via énergie). Le scénario mauvais n'est pas pricé.
Ce qui a changé sur 3 mois
  • Cessez-le-feu US-Iran signé le 17 juin. Un accord de 60 jours a été signé, et le détroit d'Hormuz (par où passe 20 % du pétrole mondial) rouvre progressivement. Résultat : le pétrole (Brent) est passé de 110 à 93 puis 73 dollars le baril en trois mois (−33 % depuis février). C'est la meilleure nouvelle du mois : le principal moteur de l'inflation depuis février recule vite. Reste des tensions (l'Iran veut co-gérer le détroit), mais le trafic maritime a repris.
  • Les cinq grandes banques centrales ont toutes durci leur position en huit jours. La BCE a effectivement remonté ses taux pour la première fois depuis 2023 (à 2,25 %). La Fed a maintenu les siens mais signale une possible hausse en septembre (9 membres sur 18 le prévoient). La Banque du Japon a remonté à 1 %. La Banque d'Angleterre a maintenu mais avec deux votes pour une hausse. Kevin Warsh, le nouveau patron de la Fed, a fait son premier meeting le 17 juin avec un message très ferme : « la Fed va livrer la stabilité des prix ».
  • L'inflation « profonde » (core PCE) continue à monter malgré la baisse du pétrole. L'inflation qui exclut l'énergie et l'alimentation (celle que la Fed regarde en priorité) est passée de 2,9 % en janvier à 3,4 % en mai, plus haut depuis octobre 2023. C'est exactement pourquoi les banques centrales durcissent malgré la détente du pétrole : le problème n'est pas que dans l'énergie, l'inflation s'est diffusée partout.
  • Le PIB Q1 américain a été révisé à la hausse à 2,1 %, mais c'est trompeur. On est passé de 1,6 % à 2,1 % en apparence. Mais cette révision vient uniquement d'un ajustement technique sur les importations. La vraie mesure de la santé économique interne (la « demande privée finale ») n'est qu'à 1,7 %, et la consommation réelle Q1 seulement à +0,5 %. En clair : l'économie américaine est plus faible que ne le suggère le chiffre officiel.
  • Les marchés font des records malgré tout. La bourse américaine (S&P 500) est à 7 499 points, un record historique. Le dollar est à son plus haut niveau depuis 14 mois. L'or a chuté de 11 % en un mois. La volatilité (l'indicateur de peur des marchés) est basse. Les marchés parient sur un « atterrissage en douceur » (l'inflation qui recule sans récession). Mais si l'inflation reste trop élevée et que la Fed doit vraiment remonter ses taux, on peut avoir une correction violente.
Message clé du mois

Le régime bust inflationniste entre dans sa phase 2 : le choc énergie qui l'a alimenté depuis février recule vite (cessez-le-feu US-Iran signé le 17 juin, Brent 110 → 73 USD, Hormuz rouvre), mais l'inflation core résiste et accélère (PCE core mai à 3,4 %, record depuis oct 2023). Le PIB Q1 est révisé UP à 2,1 % mais uniquement via une révision technique des imports : la demande privée finale n'est qu'à 1,7 %, real PCE Q1 à +0,5 % annualisé. La santé sous-jacente reste faible. En face, les banques centrales durcissent en synchronisation (BCE +25 bps, BoJ +25 bps, Fed dot plot bascule, BoE dissents hawkish). Warsh, premier FOMC, statement raccourci, « the Fed will deliver price stability ».

Le grand paradoxe : trois forces qui ne devraient pas coexister durablement. L'énergie plie (Brent −20 % mois), les banques centrales restent hawkish (Fed dot plot 9/18 pour hausse, marchés pricent 65 % de hausse septembre), et les marchés font des records (S&P 500 à 7 499, DXY 101,3 plus haut 14 mois, or 4 020 −11 % mois, VIX 16,5 en détente). Le marché parie sur la résolution douce ; le mauvais scénario n'est pas pricé. Notre allocation : ajustements post-Iran. Cash / Treasuries 2-5Y toujours surpond fort (carry 4 %). TIPS surpond (core reste sticky, breakevens restent attractifs). Or reste neutre (a décroché mais niveau haut). HY sous-pond fort maintenu (asymétrie inchangée). Actions US : reconsidération à la marge (S&P record force à revisiter le sous-pond fort). Japon : passer en surpond léger (BoJ hausse à 1 %, wholesale inflation 6,3 %, banques JP profitent). Événements à surveiller : CPI juin le 14 juillet, FOMC 29 juillet, BCE 23 juillet.

La situation économique reste dans le même régime qu'en juin (« bust inflationniste » = les prix montent alors que l'économie ne grandit presque plus), mais on entre dans une nouvelle phase. La bonne nouvelle : le prix du pétrole a chuté de 110 à 73 dollars le baril depuis février, grâce au cessez-le-feu entre les États-Unis et l'Iran. La mauvaise nouvelle : l'inflation « profonde » (celle qui exclut l'énergie) continue à monter (3,4 % en mai, plus haut depuis octobre 2023). Autrement dit, la baisse du pétrole ne s'est pas encore transmise au reste de l'économie. Et l'économie américaine reste faible : le PIB affiché à 2,1 % au premier trimestre est en réalité soutenu par un ajustement technique ; la « vraie » croissance domestique n'est qu'à 1,7 %.

Le grand paradoxe du mois : trois choses qui ne devraient pas coexister. Le pétrole baisse, les banques centrales durcissent, et pourtant les marchés d'actions font des records. Cette tension va se résoudre, dans un sens ou dans l'autre. Notre stratégie s'adapte : on garde du cash et des obligations courtes en position forte (rendement sûr de 4 %). On reste prudents sur les actions américaines (mais on reconsidère après le record du S&P). On garde une position neutre sur l'or (qui a chuté de 11 % en juin). On évite toujours les obligations risquées (« high yield »). Nouveauté : on repasse le Japon en position légèrement positive parce que la Banque du Japon a effectivement remonté ses taux à 1 %. Événements clés à surveiller ce mois-ci : le prochain rapport d'inflation (14 juillet), la prochaine réunion de la Fed (29 juillet), et la BCE (23 juillet).

Méthode
Pourquoi un message clé en tête

La discipline du process commence ici. Le message clé en quatre lignes maximum est la seule partie qui doit absolument être lue avant chaque décision de la période. Les six sections suivantes en sont la justification détaillée. Si vous n'avez que deux minutes, ce paragraphe suffit à orienter votre lecture du mois.

01 Diagnostic

Six dimensions, une seule lecture.

Le tableau de bord macro ne s'improvise pas. On le lit dans l'ordre, de la macro réelle aux marchés financiers, pour que le diagnostic reste ancré dans l'économie et non dans le bruit. Six dimensions, vingt-cinq indicateurs prioritaires, un régime qui ressort par convergence.

Pour comprendre l'économie mondiale, on regarde toujours six grands sujets dans le même ordre : la croissance (l'économie grandit-elle ?), l'inflation (les prix montent-ils ?), la politique monétaire (les banques centrales agissent comment ?), les conditions financières (les marchés sont-ils détendus ou stressés ?), le crédit (les entreprises empruntent-elles dans de bonnes conditions ?), et les devises et matières premières (le dollar, le pétrole, l'or). En combinant ces six informations, on obtient un diagnostic global.

A.Croissance · révision technique trompeuse, demande privée faible

Alerte 4 / 5

Le PIB Q1 troisième estimate (publié 25 juin) ressort à 2,1 % annualisé, une révision UP de +0,5 pt vs le 1,6 % du 2e estimate. Mais cette révision est trompeuse : elle provient quasi exclusivement d'une révision baisse des importations (11,8 % vs 21,1 %, les imports étant une soustraction dans le calcul du PIB), pas d'une amélioration de la demande domestique. Le vrai chiffre à retenir est le real final sales to private domestic purchasers, révisé DOWN à 1,7 % (vs 2,4 % au 2e estimate), le gauge favori de la Fed pour la demande privée. Le real PCE Q1 n'est qu'à +0,5 % annualisé, l'investissement résidentiel à −7,8 % (5e trimestre consécutif de baisse). GDI +1,2 %, GDO (moyenne GDP/GDI) 1,7 %.

1,7 %
Real final sales to private domestic purchasers, Q1 2026. C'est la mesure que la Fed privilégie pour juger la vraie santé de la demande domestique, en enlevant le bruit du commerce extérieur, des stocks et des dépenses publiques. À 1,7 % (révisé de 2,4 %), elle raconte une économie nettement plus molle que le titre à 2,1 %. Le consommateur soutient sa dépense via une baisse du taux d'épargne (3,0 %, proche du plus bas), pas via une hausse du revenu réel. La soft data (ISM Manuf 53,3 en juin, NFP mai +172K) reste en expansion, mais la hard data confirme le plafonnement.

La croissance américaine du premier trimestre a été « révisée à la hausse » à 2,1 % (au lieu de 1,6 % annoncé avant). Bonne nouvelle en apparence. Mais attention : cette hausse est purement technique. Elle vient d'un ajustement sur les importations, pas d'une vraie amélioration de l'économie. Quand on regarde la vraie mesure de la demande intérieure (ce que les ménages et les entreprises américaines dépensent réellement), on tombe à seulement 1,7 %. Et la consommation des ménages au premier trimestre n'a progressé que de 0,5 %. L'investissement dans le logement baisse pour le cinquième trimestre d'affilée.

1,7 %
La « vraie » croissance de la demande américaine au 1er trimestre. C'est le chiffre que la banque centrale regarde pour juger la santé réelle de l'économie, en enlevant les effets du commerce extérieur et des dépenses de l'État. À 1,7 % (contre 2,1 % pour le chiffre officiel « gonflé »), il montre une économie plus faible qu'il n'y paraît. Les ménages continuent de dépenser surtout en puisant dans leur épargne (tombée à 3 %, un niveau très bas), pas parce que leurs revenus augmentent vraiment. Les sondages restent optimistes, mais les chiffres réels confirment que la croissance plafonne.

B.Inflation · confirmation et intensification

Alerte 5 / 5

Le PCE core de mai (publié 25 juin, la mesure préférée de la Fed) sort à 3,4 % YoY, plus haut depuis octobre 2023, en hausse continue : 2,9 % (jan) → 3,3 % (avril) → 3,4 % (mai). Le PCE headline à 4,1 % YoY, record depuis avril 2023, quatrième mois consécutif d'accélération (2,9 % jan → 3,5 % mars → 3,8 % avr → 4,1 % mai). Sur le mois, headline +0,4 % et core +0,3 %. Personal income +0,7 %, spending +0,7 %, saving rate à 3,0 %. Le CPI mai (déjà publié) confirme : 4,2 % headline, 2,9 % core.

Le point crucial du mois : le core continue d'accélérer alors que l'énergie s'effondre. Le Brent est passé de 93 à 73 USD sur juin (−20 %), mais le pass-through inverse (désinflation via énergie) ne s'est pas encore matérialisé dans le core. La raison : les effets de second tour (tarifs douaniers, services, salaires) portent désormais l'inflation core, indépendamment du prix du pétrole. C'est exactement ce que craint la Fed et ce qui justifie le dot plot hawkish : 17/18 participants voient les risques d'inflation orientés à la hausse. L'ancre inflationniste n'a pas lâché malgré le dénouement énergétique.

La mécanique du régime est claire : le choc initial (énergie, février-mai) recule, mais il a déjà contaminé le core, qui a sa propre dynamique. La détente énergie va probablement faire refluer le headline dans les prochains mois (effet de base + Brent en baisse), mais le core est le vrai juge de paix. Tant que le PCE core reste au-dessus de 3 %, les banques centrales gardent le biais restrictif. Le seuil critique reste PCE core > 3,5 % : au-delà, le scénario bust s'ancre et une hausse Fed en septembre devient le scénario central.

"

Le paradoxe du mois tient en une phrase : l'énergie plie mais l'inflation core résiste. Brent −20 %, PCE core +0,1 pt à 3,4 %. C'est la déconnexion qui définit la phase 2 du bust inflationniste, et c'est elle qui pousse Fed, BCE et BoJ à durcir en synchronisation malgré la meilleure nouvelle géopolitique du trimestre.

L'inflation « profonde » (le PCE core, celle que la Fed surveille en priorité, qui exclut l'énergie et l'alimentation) est montée à 3,4 % sur un an en mai, le plus haut depuis octobre 2023. Elle grimpe régulièrement depuis janvier (2,9 % → 3,4 %). L'inflation totale (PCE headline) est à 4,1 %, un record sur 3 ans. Les ménages continuent de dépenser (+0,7 % sur le mois), mais surtout en puisant dans leur épargne, qui tombe à 3 %.

Voici le point le plus important à comprendre ce mois-ci : l'inflation profonde continue de monter alors que le pétrole s'effondre. Le pétrole a baissé de 20 % en juin (grâce au cessez-le-feu Iran), mais cette baisse ne s'est pas encore transmise au reste des prix. Pourquoi ? Parce que l'inflation s'est diffusée partout : dans les services, dans les salaires, à travers les droits de douane. Elle a maintenant sa propre dynamique, indépendante du pétrole. C'est exactement ce qui inquiète les banques centrales : 17 des 18 membres de la Fed pensent que l'inflation risque de monter encore.

En clair : la baisse du pétrole va probablement faire baisser l'inflation « totale » dans les prochains mois, mais c'est l'inflation « profonde » qui compte vraiment. Tant qu'elle reste au-dessus de 3 %, les banques centrales gardent leur position dure. Le seuil critique à surveiller : si le PCE core dépasse 3,5 %, alors une hausse des taux de la Fed en septembre devient très probable.

"

Le paradoxe du mois en une phrase : le pétrole baisse mais l'inflation profonde résiste. Pétrole −20 %, inflation core à 3,4 % (en hausse). C'est cette déconnexion qui pousse toutes les banques centrales à durcir malgré la meilleure nouvelle du trimestre (le cessez-le-feu).

C.Politique monétaire · le durcissement synchronisé

Alerte 4 / 5

La Central Bank Super Week (11-18 juin) a acté un durcissement synchronisé sans précédent depuis 2022. Le premier FOMC de l'ère Warsh (17 juin) : hold à 3,50-3,75 % par vote unanime 12-0, mais un dot plot devenu franchement hawkish. Neuf des 18 participants projettent une hausse d'ici fin 2026 (six en voient deux), la médiane fed funds fin 2026 remonte à 3,8 % (vs 3,4 % en mars, ce qui impliquait un cut), et 17 des 18 participants voient les risques d'inflation orientés à la hausse. Projections révisées : PCE 3,6 % (vs 2,7 % en mars), core 3,3 %, PIB 2,2 %, chômage 4,3 %. Warsh a livré un statement raccourci (« curt »), supprimé la forward guidance (jugée « not well-suited to the current policy conjuncture »), martelé « the Fed will deliver price stability » et annoncé cinq task forces (opérations, communication, données, productivité, causes de l'inflation). Powell reste governor. Réaction marché : Dow −0,98 %, 2Y +16 bps à 4,21 % (plus haut 14 mois), USD +1 %, or −2 %.

En parallèle, BCE +25 bps à 2,25 % (11 juin, première hausse depuis sept 2023). Lagarde rejette explicitement le cadre « insurance hike », décision « robuste sur un large éventail de scénarios ». Projections HICP relevées : 3,0 % en 2026, core 2,5 %, PIB abaissé à 0,8 %. Services inflation eurozone à 3,5 % (risque de second tour). La zone euro a pourtant contracté −0,2 % au Q1. Prochaine réunion 23 juillet, marché price 93 % de hold. BoJ +25 bps à 1,00 % (17 juin), Ueda hospitalisé (kyste hépatique), Himino a présidé. Wholesale inflation Japon à 6,3 % en mai (plus haut depuis mars 2023). Tamura signale une trajectoire par étapes vers un taux neutre de ~2 %. BoE hold à 3,75 % (18 juin) mais vote 7-2, Greene et Pill dissents pour +25 bps (le camp hawkish double vs avril). UK CPI 2,8 %, services 3,7 % sticky.

Le fil conducteur : toutes ces banques centrales durcissent ou maintiennent un biais restrictif malgré la détente énergie, précisément parce que le core résiste. Le paradoxe est là : le catalyseur initial (le pétrole) reflue, mais les banques centrales regardent le core, pas le headline. Le marché price désormais ~65 % de hausse Fed en septembre. La divergence qui compte : Fed/BCE/BoJ toutes en resserrement synchronisé, un régime de « higher for longer » global qui soutient le dollar et pénalise les actifs longs et l'or.

La semaine du 11 au 18 juin a été historique : quatre grandes banques centrales ont durci leur politique en même temps. Aux États-Unis, la Fed a tenu sa première réunion sous la présidence de Kevin Warsh (17 juin). Elle a maintenu ses taux, mais a envoyé un signal très ferme : 9 de ses 18 membres prévoient une hausse d'ici fin 2026, et 17 sur 18 pensent que l'inflation risque de monter encore. Warsh a raccourci son communiqué, supprimé les « indications sur l'avenir », et répété « la Fed va livrer la stabilité des prix ». Les marchés ont réagi : le dollar a monté, l'or a baissé.

En Europe, la BCE a effectivement remonté ses taux pour la première fois depuis 2023 (de 2,00 % à 2,25 %). Sa présidente Christine Lagarde a insisté : ce n'est pas une hausse « de précaution », c'est un vrai changement de cap. Au Japon, la banque centrale a aussi remonté son taux (à 1 %), alors que son gouverneur était hospitalisé. Au Royaume-Uni, la Banque d'Angleterre a maintenu ses taux, mais avec deux membres qui voulaient les augmenter (contre un seul le mois précédent).

Le point commun de toutes ces décisions : elles durcissent malgré la baisse du pétrole. Pourquoi ? Parce qu'elles ne regardent pas l'inflation « totale » (qui va baisser avec le pétrole), mais l'inflation « profonde » (celle qui exclut l'énergie), qui elle continue de monter. C'est ça, le paradoxe du mois. Résultat : les marchés parient maintenant à environ 65 % sur une hausse des taux de la Fed en septembre. Cette politique de « taux hauts plus longtemps » à l'échelle mondiale soutient le dollar et pénalise l'or et les obligations longues.

D.Conditions financières · la détente post-cessez-le-feu

Alerte 2 / 5

Retournement net vs juin. Le VIX se détend à ~16,5 au 30 juin (vs 20,5 mi-juin), porté par le cessez-le-feu US-Iran et la baisse du risque géopolitique. La trajectoire du trimestre : pic à 29,5 début mars (choc Iran), remontée vers 20+ à l'approche de la Super Week, puis détente vers 16,5 une fois les décisions passées et Hormuz en réouverture. Le S&P 500 imprime un record historique à 7 499. Les conditions financières globales se sont assouplies malgré le durcissement monétaire, car la prime de risque géopolitique s'est dégonflée. C'est ce qui fait passer l'alerte de 3 à 2. Nuance : cette détente coexiste avec un 2Y autour de 4,1 % (après un pic à 4,21 % post-FOMC) et un 10Y à 4,4 % (repricing hawkish), donc l'assouplissement vient du risque, pas des taux.

Le VIX, « l'indice de la peur » qui mesure le stress des marchés, est redescendu à 16,5 (contre 20,5 à la mi-juin). C'est logique : le cessez-le-feu entre les États-Unis et l'Iran a fait baisser le risque géopolitique, donc les marchés se détendent. La bourse américaine a même atteint un record historique (S&P 500 à 7 499 points). C'est pour ça qu'on baisse cette dimension de 3 à 2 sur l'échelle d'alerte. Attention quand même : cette détente concerne le risque géopolitique, pas les taux d'intérêt, qui eux restent élevés (le taux à 2 ans est monté jusqu'à 4,21 % après la Fed, autour de 4,1 % fin juin). Les marchés sont détendus sur le risque, mais pas sur la politique monétaire.

E.Crédit · l'asymétrie persiste, pas de matérialisation

Alerte 3 / 5

Les spreads restent au plus serré depuis 25 ans. ICE BofA HY OAS autour de 282 bps, quasi inchangé sur le mois. Le crédit n'a pas matérialisé de stress, ni pendant le pic Iran, ni pendant la Super Week hawkish. On abaisse l'alerte de 4 à 3 : le risque de matérialisation immédiate a reculé avec la détente géopolitique et le S&P record, mais l'asymétrie fondamentale reste défavorable. À 282 bps, presque aucune marge de tightening, énormément de marge de widening si le scénario baissier (Fed hike + correction) se réalise. IG estimé à ~80 bps. Le calme prolonge l'asymétrie sans la résoudre.

La position sous-pondération HY fort reste justifiée mais on reconnaît qu'elle n'a pas été récompensée, et que la fenêtre de matérialisation s'éloigne à court terme avec la détente. C'est une position d'assurance, pas de timing. On ne touche pas au principal pour quelques bps de carry, mais on ne présente plus le stress comme imminent : il est conditionnel au scénario baissier (30 %).

Biais
Assurance, pas timing

La détente géopolitique a repoussé la fenêtre de stress crédit. La discipline n'est pas de prétendre que la rupture est imminente (elle ne l'est plus à court terme), mais de reconnaître que l'asymétrie reste mauvaise : le HY paie très peu pour un tail risk élevé. On garde la sous-pondération comme une assurance, en assumant qu'elle coûte du carry tant que le scénario central tient.

Quand une entreprise emprunte, elle paie un taux plus élevé qu'un État. La différence s'appelle un « spread ». Plus il est large, plus le marché juge l'entreprise risquée. Pour les obligations risquées (« high yield »), ce spread est de 282 points de base (2,82 %), toujours au plus serré depuis 25 ans, et il n'a pas bougé du mois. Le crédit n'a pas montré de stress, même pendant la période tendue. On baisse donc cette dimension de 4 à 3 : le risque immédiat a reculé grâce à la détente et aux records de bourse.

Mais le fond du problème reste : à ce niveau, les obligations risquées rapportent très peu pour un risque élevé. Si le mauvais scénario se réalise (la Fed remonte ses taux, les marchés corrigent), ce spread s'élargira brutalement. Notre position : on reste à l'écart des obligations risquées, non pas parce qu'on prédit une crise imminente, mais comme une assurance. On accepte que ça nous coûte un peu de rendement tant que tout va bien.

Une assurance, pas un pari sur la date
Pourquoi on garde la position

La détente géopolitique a éloigné le risque de crise à court terme. On ne prétend pas que la rupture est pour demain. Mais les obligations risquées paient très peu pour un danger réel. On garde la position d'évitement comme une assurance : elle coûte un peu de rendement tant que tout va bien, mais protège si le mauvais scénario arrive.

F.Devises et matières · dollar fort, énergie qui reflue, or décroche

Alerte 3 / 5

Le DXY grimpe à 101,3 au 30 juin (vs 99,8 fin mai, +1,5 % sur le mois), plus haut depuis 14 mois, avec un pic à 101,8 le 24 juin. Le durcissement synchronisé Fed/BCE/BoJ soutient le billet vert, mais c'est le repricing hawkish de la Fed (2Y à 4,21 %, +16 bps post-FOMC) qui domine. EUR/USD sous pression vers 1,13-1,14 (inflation eurozone plus molle qu'attendu limite l'euro). USD/JPY vers 160, yen au plus bas depuis des décennies malgré la hausse BoJ (le différentiel de taux reste massif). 10Y Treasury à ~4,4 %.

Le Brent s'effondre à 73 USD/baril au 30 juin (vs 93 fin mai, −20 % sur le mois, −23 % sur le trimestre, pire trimestre depuis 2020). Le cessez-le-feu US-Iran signé le 17 juin (mémorandum 60 jours) et la réouverture progressive d'Hormuz ont dégonflé la prime géopolitique. L'EIA prévoit un Brent autour de 70 USD fin 2026. Risque résiduel : l'Iran veut co-superviser Hormuz et les tensions restent latentes (deux navires endommagés fin juin), mais le transit reprend. C'est le principal driver de la détente du mois.

L'or décroche. Le métal chute à ~4 020 USD/oz au 30 juin (−11 % sur le mois, plus bas depuis 8 mois, ~−29 % depuis le pic de fin février). La logique se confirme : le repricing hawkish (Fed dot plot pour hausse, 2Y monté à 4,21 % post-Fed, dollar fort) tue le tailwind de l'or, et la détente géopolitique retire la prime de refuge. C'est la fin du « debasement trade ». Position neutre maintenue : l'or a fait exactement ce que la newsletter de juin anticipait en le passant en neutre, mais le niveau reste historiquement élevé et un hard landing brutal (scénario baissier 30 %) pourrait le faire rebondir. On ne surpondère pas dans un régime de hausse de taux, on ne sous-pondère pas non plus vu le tail risk.

Le dollar américain s'est renforcé. Le « DXY » (l'indice qui mesure le dollar contre les autres grandes monnaies) est passé de 99,8 fin mai à 101,3 fin juin, son plus haut niveau depuis 14 mois. C'est logique : quand toutes les banques centrales durcissent mais que la Fed est perçue comme la plus ferme, les investisseurs achètent du dollar. L'euro et surtout le yen japonais reculent face au dollar (le yen est à son plus bas depuis des décennies, malgré la hausse de taux au Japon).

Le pétrole (Brent) s'est effondré à 73 dollars le baril fin juin (contre 93 fin mai, soit −20 % en un mois). La raison : le cessez-le-feu US-Iran du 17 juin et la réouverture progressive du détroit d'Hormuz. C'est la meilleure nouvelle du mois et le principal moteur de la détente. Les experts (EIA) prévoient un pétrole autour de 70 dollars d'ici fin 2026. Il reste des tensions (l'Iran veut co-gérer le détroit), mais le trafic reprend.

L'or décroche fortement. Le métal est tombé à 4 020 dollars l'once, en baisse de 11 % sur le mois et de près de 29 % depuis son sommet de février. Pourquoi ? Deux raisons qui se cumulent : les taux d'intérêt montent (une obligation à 4 % devient plus attractive que l'or qui ne paie rien), et le risque géopolitique baisse (donc on a moins besoin d'un refuge). La newsletter de juin avait eu raison de mettre l'or en position neutre. On garde cette position neutre : on n'achète pas plus (les taux montent), mais on ne vend pas tout non plus (si le mauvais scénario arrive, l'or peut rebondir).

02 Régime

Le bust inflationniste entre en phase 2.

Le régime reste un bust inflationniste dans la nomenclature stricte de la formation (croissance qui plafonne, inflation qui accélère), mais il entre dans une phase distincte. En phase 1 (février-mai), le choc énergie iranien était le moteur : il poussait le headline et contaminait progressivement le core. En phase 2 (juin-), le choc initial recule (cessez-le-feu, Brent −20 %, Hormuz rouvre), mais le core a acquis sa propre dynamique et continue d'accélérer (PCE core 3,4 %, record depuis oct 2023). Le régime n'est plus tiré par l'énergie, il est désormais auto-entretenu par les effets de second tour (services, salaires, tarifs).

C'est cette bascule qui explique le paradoxe central de l'édition et le durcissement synchronisé des banques centrales. Elles ne réagissent pas au headline (qui va refluer avec l'énergie), elles réagissent au core (qui résiste). La croissance, elle, reste faible sous le vernis : le PIB Q1 affiché à 2,1 % masque une demande privée finale à 1,7 % et un real PCE à +0,5 %. Notre conviction reste haute mais le score de fragilité recule de 77 à 63, car trois dimensions (CFI, crédit, devises) se détendent avec la baisse du risque géopolitique, tandis que les deux dimensions cœur (inflation, politique monétaire) restent au maximum.

Méthode
Le core comme juge de paix

En transition de régime, la tentation est de suivre le headline (spectaculaire, volatil). La discipline est de suivre le core : c'est lui qui détermine la réaction des banques centrales et donc le régime de taux. Ici, headline et core divergent (l'un reflue avec l'énergie, l'autre accélère). Tant que le core ne casse pas sous 3 %, le biais restrictif global tient, et le bust inflationniste reste le régime dominant.

On reste dans le même régime qu'en juin : le bust inflationniste (l'économie ralentit pendant que les prix montent). Mais on entre dans une nouvelle phase. Avant (février-mai), c'était la guerre en Iran et le pétrole cher qui poussaient l'inflation. Maintenant (depuis juin), le pétrole baisse grâce au cessez-le-feu, mais l'inflation « profonde » continue de monter toute seule. Autrement dit : l'inflation n'a plus besoin du pétrole pour continuer, elle s'est installée dans les services, les salaires, un peu partout.

C'est ce qui explique le paradoxe du mois. Les banques centrales durcissent non pas à cause du pétrole (qui baisse), mais à cause de cette inflation profonde (qui résiste). Pendant ce temps, la croissance reste faible : le chiffre officiel du PIB (2,1 %) cache une réalité plus molle (la vraie demande intérieure n'est qu'à 1,7 %). Notre conviction reste forte, mais notre score de fragilité baisse de 77 à 63, parce que trois dimensions se sont détendues grâce à la baisse du risque géopolitique (les marchés, le crédit, les devises), tandis que les deux plus importantes (inflation et politique monétaire) restent au maximum.

Méthode
L'inflation profonde comme boussole

Quand l'économie change de régime, on est tenté de suivre l'inflation « totale » (spectaculaire, qui bouge beaucoup avec le pétrole). Mais la bonne boussole, c'est l'inflation « profonde » (hors énergie) : c'est elle qui détermine comment les banques centrales réagissent. Aujourd'hui, les deux divergent : la totale va baisser avec le pétrole, la profonde continue de monter. Tant que la profonde ne repasse pas sous 3 %, les banques centrales gardent leur ligne dure.

03 Géographies

Le bust n'est pas global.

Le diagnostic US ne se transpose pas tel quel. Cinq zones, des régimes contrastés : la majorité des pays restent en boom (déflationniste ou inflationniste), avec un Japon qui bascule du bust déflationniste vers un régime de resserrement, un Mexique en bust déflationniste et une France isolée en bust inflationniste. La lecture par pays prime sur la lecture par bloc.

Les États-Unis sont en bust inflationniste, mais ce n'est pas le cas de tout le monde. Quand on regarde le reste du monde, la majorité des pays sont en réalité en « boom » (croissance positive), avec deux variantes : boom déflationniste (croissance + inflation maîtrisée, l'idéal) ou boom inflationniste (croissance + inflation élevée, à surveiller). Les cas en bust : la France isolément en Europe, et le Mexique (récession à cause des tarifs américains). Changement du mois : le Japon quitte le bust déflationniste pour un régime de resserrement (sa banque centrale remonte ses taux). La leçon : il faut lire pays par pays, pas par grande zone.

EU.Europe · zone hétérogène, France isolée en bust

Alerte 3 / 5

Lecture par pays plus que par bloc. Allemagne en boom déflationniste (PIB Q1 positif, HICP en repli, plan d'investissement 500 mds EUR qui produit ses effets). Italie, Espagne, Pays-Bas, Belgique en boom inflationniste (croissance positive + HICP élevé). France en bust inflationniste : croissance quasi nulle, spread OAT-Bund qui réévalue le risque souverain, dette/PIB 113 %. Le point clé : la BCE a acté sa première hausse depuis 2023 (+25 bps à 2,25 % le 11 juin), Lagarde rejetant le cadre « insurance hike ». Mais la zone euro a contracté −0,2 % au Q1, et les projections BCE abaissent la croissance 2026 à 0,8 % tout en relevant l'inflation à 3,0 %. C'est un durcissement dans un contexte de stagnation, exactement le dilemme du bust inflationniste à l'échelle de la zone. Services inflation eurozone à 3,5 % (risque de second tour). Prochaine réunion 23 juillet, 93 % de hold attendu. UK : BoE hold 3,75 % (vote 7-2, deux dissents hawkish), CPI 2,8 %, services 3,7 % sticky. Sous-pondéré actions zone euro maintenu, pour risque souverain France et durcissement BCE en pleine stagnation.

L'Europe est très hétérogène, on ne peut pas la lire d'un bloc. L'Allemagne va plutôt bien (croissance positive, inflation qui retombe), grâce à un plan d'investissement massif de 500 milliards d'euros. L'Italie, l'Espagne, les Pays-Bas et la Belgique ont une croissance qui tient mais une inflation élevée. La France reste le maillon faible : croissance quasi nulle, dette à 113 % du PIB, écart de taux qui se creuse avec l'Allemagne. Le fait marquant : la BCE a effectivement remonté ses taux pour la première fois depuis 2023 (à 2,25 %, le 11 juin). Mais elle le fait alors que la zone euro s'est contractée au premier trimestre (−0,2 %) : c'est un durcissement en pleine stagnation, le dilemme classique du « bust inflationniste ». Au Royaume-Uni, la Banque d'Angleterre a maintenu son taux à 3,75 %, mais deux membres voulaient une hausse. On reste prudent sur les actions européennes, surtout françaises.

AD.Asie développée · Japon bascule en resserrement, zone hétérogène

Alerte 3 / 5

Bascule majeure au Japon. Le Japon quitte le bust déflationniste pour un régime de resserrement à sous-jacent inflationniste : BoJ +25 bps à 1,00 % le 17 juin (Ueda hospitalisé, Himino a présidé), wholesale inflation à 6,3 % en mai (plus haut depuis mars 2023), Tamura signalant une trajectoire par étapes vers un taux neutre de ~2 %. Le yen reste faible (USD/JPY ~160, plus bas depuis des décennies) car le différentiel de taux avec les US reste massif, ce qui entretient l'inflation importée, mais désormais la BoJ agit au lieu de subir. C'est un changement de régime qui favorise les banques japonaises (marge nette qui s'améliore avec la hausse des taux) et les valeurs financières value. Corée du Sud en boom inflationniste (BoK à 2,50 %, CPI 2,6 %, exports semi +22 %). Australie en bust inflationniste (RBA 4,35 %, CPI Q1 4,6 %). Singapour, Hong Kong en boom déflationniste. Allocation Japon repassée en surpondéré léger (banques et financières profitent de la normalisation BoJ), sous-pondéré Australie maintenu.

Changement important au Japon. Le Japon sort du bust déflationniste : sa banque centrale a remonté ses taux à 1 % le 17 juin (une décision prise alors que son gouverneur était hospitalisé), et l'inflation des prix de gros y a atteint 6,3 %, le plus haut depuis mars 2023. Un de ses dirigeants (Tamura) annonce vouloir monter progressivement vers 2 %. Le yen reste faible face au dollar, mais désormais la banque du Japon agit au lieu de subir. C'est bon pour les banques japonaises (elles gagnent plus d'argent quand les taux montent). La Corée du Sud tient grâce au boom des semi-conducteurs (exports +22 %). L'Australie est en bust inflationniste (inflation 4,6 %). Singapour et Hong Kong restent calmes. On repasse le Japon en position légèrement positive (avant on était neutre) parce que la hausse des taux profite aux banques japonaises.

AE.Asie émergente · Chine en boom déflationniste, Philippines en stagflation

Alerte 3 / 5

Chine en boom déflationniste : PIB Q1 +5,0 % (en accélération vs +4,5 % au Q4 2025), portée par industrie et exports. CPI mai 1,2 % (core 1,1 %, alimentaire négatif), mais PPI +3,9 % (plus haut depuis juillet 2022), tiré par le choc Iran et le boom des métaux liés à l'IA (+36,5 %). PBoC à 3,00 % qui garde de la marge. Inde en boom déflationniste : RBI hold à 5,25 % le 5 juin (3e consécutif), CPI avril 3,48 % sous cible, croissance FY27 projetée 6,6 %. Vietnam en boom inflationniste : PIB IMF +7,1 % avec CPI à 5,6 % en mai (plus haut depuis 2020), gagnant du nearshoring. Taïwan en boom déflationniste : croissance forte tirée par le boom IA via TSMC (CBC projette +7,3 % de PIB 2026), CPI 2,2 % en mai, CBC à 2,00 %. Philippines en bust inflationniste violent : PIB Q1 +2,8 % (plus bas depuis 5 ans), CPI mai 6,8 %, BSP hike à 4,75 % le 18 juin (2e consécutif). Allocation Chine et Inde repositionnées en neutre à surpondéré léger (régime porteur), prudence Philippines.

La Chine surprend par le haut : sa croissance accélère à 5 % au premier trimestre (en hausse vs 4,5 % le trimestre précédent), tirée par l'industrie et les exports. Son inflation reste très basse (1,2 %), mais les prix à la production (PPI) rebondissent fortement (+3,9 %), tirés par les métaux pour l'IA. Bref : croissance + inflation contenue, c'est un boom déflationniste, plutôt favorable. L'Inde est dans la même situation (croissance 6,6 %, inflation 3,5 %). Le Vietnam est en plein boom industriel grâce au nearshoring (les entreprises mondiales qui relocalisent leur production). Le cas négatif, ce sont les Philippines : croissance en chute, inflation à 6,8 %, c'est un vrai bust inflationniste. On passe Chine et Inde en neutre voire légèrement positif (avant on évitait), on reste prudent sur les Philippines.

AL.Amérique latine · majoritairement boom inflationniste, Mexique en bust

Alerte 3 / 5

Zone dominée par le boom inflationniste. Brésil : BCB Selic 14,25 % (cut prudent 25 bps le 18 juin, 3e consécutif), IPCA mai 4,72 % au-dessus du target ceiling, expectations 2026 grimpent à 5,3 %. Argentine : désinflation Milei spectaculaire (33,2 % en mai vs 211 % fin 2023, légère re-accélération depuis avril), croissance Q1 +0,7 % t/t, croissance 2026 attendue +3 à +4 %. Colombie et Pérou en boom inflationniste, banques centrales en pause. Chili en boom déflationniste : CPI mars 2,8 % dans cible, BCCh à 4,50 %, super-cycle cuivre. Cas particulier : Mexique en bust déflationniste. Contraction PIB Q1 selon Banxico, désinflation simultanée headline (4,45 %) et core (4,26 %), dernier cut Banxico le 7 mai à 6,50 % (3-2) qui acte la fin du cycle d'easing (-475 bps cumulés). Le ralentissement US et les tariffs pèsent, nearshoring affaibli court terme. Allocation : exposition sélective Brésil et Argentine sur thèse commodity, prudence Mexique le temps de la stabilisation.

La majorité des pays d'Amérique latine vivent un boom inflationniste : leur économie tient (parfois bien) mais l'inflation reste élevée. Au Brésil, la banque centrale (BCB) a un taux directeur très élevé à 14,25 % pour combattre une inflation à 4,72 % au-dessus de la cible. En Argentine, Milei continue son redressement spectaculaire : inflation passée de 211 % fin 2023 à 33 % en mai 2026, croissance attendue à +3 à +4 % cette année. Colombie et Pérou aussi en boom inflationniste. Le Chili est plus calme grâce au super-cycle du cuivre. Cas particulier : le Mexique entre en bust déflationniste, sa croissance s'est même contractée au premier trimestre. La banque centrale mexicaine a fait son dernier cut le 7 mai à 6,50 % et signale la fin de son cycle de baisses. Le ralentissement américain et les tarifs douaniers pèsent lourdement. Exposition sélective Brésil/Argentine sur le thème matières premières, prudence sur le Mexique.

MEA.MEA émergents · boom hétérogène, pas de bust

Alerte 3 / 5

Aucun pays MEA en bust : zone partagée entre boom inflationniste et boom déflationniste selon l'exposition énergie. Boom inflationniste : Turquie (CBRT à 37 %, CPI mai 32,6 % en re-accélération, lira sous pression à 44), Égypte (CBE à 19 %, CPI mai 14,6 % en désinflation lente, revenus Suez effondrés −50 %), Pologne (NBP à 5,75 %, croissance +3,5 % tirée par fonds UE). Boom déflationniste : Arabie Saoudite (PIB +3,8 %, CPI 1,7 %, Brent à 73 désormais sous le break-even fiscal ~85, ce qui pèse sur les finances publiques mais Vision 2030 continue de financer la diversification), Émirats (PIB 2026 projeté +5,2 %, inflation 1,8 %, hub Dubai), Afrique du Sud (CPI 3,1 % dans cible élargie SARB, structurellement fragile sur chômage 32 %). Les producteurs nets d'énergie profitent du Brent, les importateurs digèrent. Sélection : surpondéré producteurs Golfe (Saoudite, Émirats), sous-pondéré importateurs lourds (Égypte, Maroc).

Aucun pays de cette zone n'est en récession (« bust »), contrairement à ce qu'on aurait pu craindre. Les pays se divisent en deux groupes selon leur dépendance au pétrole. Les producteurs de pétrole du Golfe (Arabie Saoudite, Émirats arabes unis) profitent du Brent élevé et investissent massivement (Vision 2030 saoudienne, Dubai en plein essor) : ils sont en boom déflationniste, l'idéal. L'Afrique du Sud tient grâce au rallye or et platine. Les importateurs de pétrole, eux, sont en boom inflationniste (croissance + inflation élevée) : Turquie (inflation à 32 %, banque centrale à 37 %), Égypte (inflation à 15 %, revenus du Canal de Suez effondrés), Pologne (en pleine croissance grâce aux fonds européens). On privilégie les producteurs du Golfe (Arabie, Émirats), on évite les gros importateurs comme l'Égypte ou le Maroc.

Méthode
Pourquoi cette section

Lecture par pays plutôt que par bloc. La majorité du monde reste en boom (l'Allemagne, la Chine, l'Inde, l'Arabie), mais avec deux régimes opposés selon que l'inflation est maîtrisée (boom déflationniste) ou en accélération (boom inflationniste). Trois exceptions en bust : France isolée en Europe (risque souverain), Australie (inflation à 4,6 %), Mexique (contagion ralentissement US + tariffs). Changement notable ce mois : le Japon quitte le bust déflationniste pour un régime de resserrement (hausse BoJ à 1 %, wholesale 6,3 %), ce qui rebat les cartes de l'allocation asiatique. La lecture US ne se transpose pas mécaniquement, et c'est cette hétérogénéité qui crée les opportunités par pays.

04 Scénarios

Trois trajectoires, une allocation pondérée.

La méthode des scénarios remplace la prévision unique par une cartographie probabiliste. Pas de choix binaire qui se brise au premier accident : trois trajectoires possibles, chacune avec sa probabilité, ses déclencheurs, sa mécanique attendue, son allocation associée.

Plutôt que de faire une seule prédiction qui sera presque sûrement fausse, on imagine trois scénarios possibles, avec une probabilité chiffrée pour chacun. Le scénario central (le plus probable) sert de base, mais on prépare aussi sa réponse aux deux autres scénarios. Cette discipline évite les erreurs émotionnelles : si le scénario central se réalise, on garde notre allocation. Si l'un des deux autres se déclenche, on sait déjà quoi faire.

Central
55%
Résolution douce, core décroît graduellement
  • Cessez-le-feu US-Iran tient, Hormuz se normalise, Brent glisse vers 70 USD fin 2026 (EIA)
  • Core PCE reflue graduellement de 3,4 % vers 3,0 % fin 2026 à mesure que l'énergie retombe
  • Fed hold prolongé, pas de hausse septembre, biais restrictif maintenu sans passage à l'acte
  • Croissance ~2 % sans bascule en récession, demande privée molle mais positive
  • Allocation : oblig 2-5Y + TIPS surpond, or neutre, sous-pond HY, Japon surpond léger, USD surpond léger
  • Le cessez-le-feu avec l'Iran tient, le pétrole continue de baisser vers 70 $ d'ici fin d'année
  • L'inflation profonde redescend doucement de 3,4 % vers 3,0 % à mesure que l'énergie retombe
  • La Fed garde son taux stable, ne remonte pas en septembre, mais reste ferme
  • La croissance reste autour de 2 %, faible mais sans récession
  • On garde obligations courtes + protection inflation, on évite le high yield, léger positif sur le Japon
Haussier
15%
Full désinflation, la Fed cut Q4
  • Paix US-Iran durable, Hormuz pleinement rouvert, Brent sous 65 USD
  • Le core cède plus vite que prévu (effet base énergie + services qui refluent), PCE core sous 2,8 % au T4
  • Real PCE rebondit, hard data confirment un vrai soft landing sans stagnation
  • Fed ouvre la porte à un cut dès Q4 2026, glissement vers un boom déflationniste léger
  • Surpondération cycliques, EM, actions US large, réduction TIPS (breakevens refluent)
  • La paix avec l'Iran devient durable, le détroit rouvre complètement, le pétrole passe sous 65 $
  • L'inflation profonde baisse plus vite que prévu, repassant sous 2,8 % en fin d'année
  • La consommation redémarre pour de vrai, l'économie va bien sans surchauffe
  • La Fed peut enfin baisser ses taux dès la fin 2026
  • On achèterait des actions cycliques, des marchés émergents, des actions américaines
Baissier
30%
Le paradoxe se rompt, Fed hike + correction
  • Le core reste sticky malgré l'énergie qui baisse (second tour salaires, tarifs, services)
  • PCE core > 3,5 %, la détente ISM Prices (73 en juin) ne se transmet pas au core, la déconnexion énergie/core persiste
  • Fed forcée de hiker en septembre, dot plot se confirme, 2Y au-dessus de 4,5 %
  • Marchés au record corrigent violemment (S&P n'a pas pricé le hike), HY OAS > 400 bps, VIX > 30
  • Cash, Treasuries 2-5Y et TIPS surpond fort, sortie totale HY et cycliques, défensif maximal
  • L'inflation profonde reste bloquée en haut malgré la baisse du pétrole (salaires, services, douanes)
  • L'inflation core dépasse 3,5 %, la déconnexion avec l'énergie continue
  • La Fed est obligée de remonter ses taux en septembre
  • Les marchés, qui sont au plus haut sans avoir anticipé la hausse, corrigent violemment
  • On se réfugie dans le cash, les obligations sûres et protégées, on sort des actions risquées
05 Allocation

Position recommandée par classe d'actifs.

Pondération du portefeuille de référence en bust inflationniste phase 2. Le socle défensif reste : cash et Treasuries 2-5Y surpondérés (carry 4 %, optionalité avant FOMC du 29 juillet), TIPS surpondéré fort (le core reste sticky à 3,4 % malgré la baisse de l'énergie). Sous-pondéré fort maintenu sur le HY (asymétrie inchangée à 282 bps). Ajustements du mois liés au dénouement Iran : énergie passe de neutre à sous-pondéré (Brent −20 %, EIA vise 70 fin 2026), actions Japon passent de neutre à surpondéré léger (la hausse BoJ à 1 % profite aux banques japonaises). Or reste neutre (a décroché de 11 %, sert de hedge du scénario baissier). Actions US large : sous-pondéré maintenu mais nuancé, le record du S&P impose de respecter le momentum sans courir après.

Voici comment on répartit l'argent dans le portefeuille théorique de référence, sachant qu'on est en bust inflationniste phase 2. Les grandes lignes : plus d'obligations courtes (rendement sûr de 4 % en attendant la Fed du 29 juillet), plus de protection contre l'inflation (les TIPS, car l'inflation profonde reste élevée), on évite les obligations risquées (high yield) et les actions cycliques. Les changements du mois, liés à la baisse du pétrole : on réduit l'énergie (le pétrole baisse), et on repasse le Japon en légèrement positif (la hausse des taux profite aux banques japonaises). L'or reste neutre (il a chuté mais protège si le mauvais scénario arrive). On reste prudent sur les actions américaines, tout en respectant leur momentum record.

Classe d'actifs Intensité de position Justification
Cash / monétaire USD
Surpondéré
4 % de rendement, optionalité maximale avant FOMC du 29 juillet
Treasuries 2-5Y
Surpond. fort
Carry 4 % + protection si Fed forcée de pivoter en cas d'aggravation
TIPS 5-10Y
Surpond. fort
Prime d'inflation justifiée : core PCE 3,4 % sticky malgré énergie en baisse
Treasuries 10Y+
Neutre
Risque term premium si déficit US s'aggrave, duration peu rémunératrice
Crédit IG
Sous-pondéré
Spreads compressés ~80 bps (25-yr tight), peu de marge si bust s'aggrave
Crédit HY
Sous-pond. fort
Spreads à 282 bps inchangés, asymétrie sévère si le scénario baissier (30 %) se réalise
Actions US large cap
Sous-pondéré
Valorisations élevées (S&P record 7 499) + Fed hawkish, mais momentum à respecter
Actions US small cap / cycliques
Sous-pond. fort
Sensibilité maximale au bust + taux haut + énergie chère
Actions défensives (santé, conso base)
Surpondéré
Pricing power préservé en stagflation, demande inélastique
Énergie
Sous-pondéré
Cessez-le-feu acté, Brent 73 USD (-20 % mois), EIA vise 70 fin 2026
Actions internationales (EU)
Sous-pondéré
Eurozone Q1 -0,2 % QoQ, BCE a hiké à 2,25 %, durcissement en pleine stagnation
Actions Japon
Surpondéré léger
BoJ hausse à 1 %, wholesale 6,3 %, banques japonaises profitent de la normalisation
Or
Neutre maintenu
A décroché (−11 % mois, −29 % depuis pic fév), niveau encore haut, hedge du scénario baissier
Dollar US (long USD)
Surpondéré léger
DXY 101,3 (plus haut 14 mois), durcissement synchronisé, marché price 65 % hausse septembre
Sous-pond. fort Sous-pondéré Neutre Surpondéré Surpond. fort
06 Vigilance

Cinq seuils à surveiller.

Chaque point de vigilance est associé à un seuil chiffré. Pas de termes vagues comme « si ça se dégrade ». Cette discipline permet de réagir mécaniquement quand un seuil est franchi, sans laisser la place aux biais émotionnels.

On définit cinq seuils précis (avec des chiffres) qui, s'ils sont franchis, déclenchent une révision de notre allocation. L'idée : si ces seuils restent sous contrôle, on garde le scénario central. S'ils sont touchés, on bascule mécaniquement vers le scénario baissier. Pas de jugement subjectif, pas d'émotion : juste des chiffres et des actions associées. C'est ce qui permet de résister à la tentation d'attendre ou de réagir trop vite.

  • !
    PCE core au-delà de 3,5 % YoY Depuis 3,4 % actuel. Franchissement = le core s'ancre, bust confirmé, hausse Fed septembre devient centrale. PCE juin publié le 30 juillet
  • !
    Sahm rule, chômage US au-delà de 4,5 % Depuis 4,3 % stable, +0,2 pt déclencherait la règle de récession. NFP juin (2 juillet) est le prochain test
  • !
    Spread HY US au-delà de 400 bps Depuis 282 bps actuel, +118 bps = signal de stress crédit confirmé, sortie totale du HY, scénario baissier enclenché
  • !
    DXY au-delà de 102 Depuis 101,3 actuel (pic 101,8 le 24 juin), +0,7 pt = durcissement franchement matérialisé, pression sur les émergents
  • !
    Brent de retour au-delà de 90 USD Depuis 73 actuel. Si le cessez-le-feu rompt ou Hormuz se referme, réactivation du choc énergie et du second tour inflationniste
07 Calendrier

Les publications qui décident du mois.

Voici les data releases prévues d'ici la prochaine édition. Chaque publication peut confirmer ou invalider notre scénario central. Les publications signalées en or sont les plus structurantes, celles qui pourraient déclencher une révision substantielle de l'allocation.

Voici l'agenda des prochaines publications économiques officielles à surveiller. Chacune peut soit confirmer notre scénario central (bust inflationniste persistant) soit le remettre en question. Les publications marquées « CLÉ » en or sont les plus importantes : ce sont celles qui peuvent réellement changer notre allocation. Les autres sont des confirmations utiles mais moins décisives.

  • 1 Juillet
    ISM Manufacturing juin CLÉ
    Publié le 1er juillet : PMI à 53,3 (−0,7pt vs mai), 20e mois d'expansion. Surtout, le sous-indice Prices chute à 73,0 (−9,1pt vs 82,1 en mai) : la détente du Brent commence à se transmettre aux prix input, premier signe que le choc énergie reflue. Le core reste à surveiller sur le CPI.
    ISM
  • 2 Juillet
    NFP juin · Employment Situation CLÉ
    Publié le 2 (décalé du 3, férié observé). Vigilance seuil n°2 : chômage > 4,5 % = Sahm rule franchie. NFP attendu > 100K.
    BLS
  • 6 Juillet
    ISM Services juin
    Publié le 6 (décalé pour le 4 juillet). Prices Services à surveiller pour la diffusion de l'inflation aux services, cœur du paradoxe.
    ISM
  • 14 Juillet
    CPI juin CLÉ
    Premier test de la thèse désinflation : le headline reflue-t-il avec l'énergie ? Le core décélère-t-il ou reste-t-il sticky ? Détermine les probabilités de hausse septembre.
    BLS
  • 15 Juillet
    PPI juin
    Prix à la production, pour anticiper le pass-through de la baisse de l'énergie vers le core dans les mois à venir.
    BLS
  • 16 Juillet
    Retail sales juin
    Consommation réelle une fois déflatée : confirme-t-elle la faiblesse de la demande privée (1,7 %) ?
    Census
  • 23 Juillet
    BCE rate decision CLÉ
    Après la hausse de juin, marché price 93 % de hold à 2,25 %. Le ton de Lagarde sur la suite (pause ou nouvelle hausse) est le vrai enjeu.
    BCE
  • 29 Juillet
    FOMC juillet + Warsh press conf CLÉ
    Événement le plus structurant du mois. Hold quasi certain, mais le ton détermine si la hausse de septembre se confirme. Deuxième meeting Warsh, pas de nouveau dot plot.
    Fed
  • 30 Juillet
    PIB Q2 advance + PCE juin
    Première estimation de la croissance Q2 (le vrai test de la demande privée) et PCE core juin (vigilance seuil n°1 : > 3,5 % = bust ancré).
    BEA
  • 30 Juillet
    BoE rate decision + MPR
    Super Thursday avec Monetary Policy Report. Après le vote 7-2 de juin, surveiller si les dissents hawkish se multiplient (services UK à 3,7 %).
    BoE
  • 30–31 Juillet
    BoJ rate decision + Outlook Report
    Après la hausse à 1 %, la BoJ va-t-elle signaler la prochaine étape vers le taux neutre de 2 % ? Trajectoire Tamura à confirmer.
    BoJ
  • 1 Août
    ISM Manufacturing juillet + NFP juillet
    Premières données du mois d'août, publiées juste après l'édition #004. Confirment ou infirment la trajectoire de juillet.
    ISM · BLS
08 Rétrospective

Confronter le diagnostic au réel.

Cette section confronte chaque mois l'allocation recommandée de l'édition précédente à la performance réelle des classes d'actifs. La discipline du process exige de revenir sur ses recommandations, pas pour se féliciter, mais pour comprendre ce qui s'est passé et ajuster.

Chaque mois, on revient sur les recommandations qu'on avait faites le mois précédent et on regarde honnêtement ce qui a marché et ce qui n'a pas marché. Ce n'est pas pour se féliciter d'avoir eu raison, ni pour s'autocritiquer si on s'est trompé, c'est pour apprendre et améliorer le process. Une bonne décision peut donner un mauvais résultat (et inversement) ; ce qu'on cherche à valider, c'est notre méthode, pas notre chance.

Confrontation · juin → juillet

Quatre semaines plus tard, ce que disent les marchés

La note macro du mois de juin a recommandé une allocation construite autour du diagnostic « bust inflationniste confirmé, conviction haute », avec un score de fragilité à 77/100 et des scénarios 60/20/20. Quatre semaines plus tard, voici comment chaque position s'est comportée, sans complaisance, sans dramatisation.

Cash + Treasuries 2-5Y surpondéré fort
✅ Validé. Le carry de 4 % a été perçu intégralement, et le dollar a monté (DXY 99,8 → 101,3, +1,5 %). Le positionnement défensif sur le front-end a offert rendement et protection pendant que l'or et les actifs longs souffraient du repricing hawkish. Position maintenue.
Or neutre (au lieu de surpond.)
✅ Validé. Or de ~4 250 à ~4 020 USD/oz, −11 % sur le mois, −29 % depuis le pic de février. La décision de ne pas surpondérer l'or, tenue depuis deux éditions, s'est révélée juste : le durcissement synchronisé et le dollar fort ont tué le tailwind. Position neutre maintenue (hedge du scénario baissier).
HY sous-pondéré fort
⏸ Toujours pas matérialisé. HY OAS stable autour de 282 bps, aucun stress crédit malgré le pic géopolitique et la Super Week. La position n'a pas payé, mais l'asymétrie reste défavorable. On la garde comme assurance du scénario baissier (30 %), en assumant qu'elle coûte du carry tant que le central tient.
Actions US sous-pondéré
❌ Position pénalisante. Le S&P 500 a fait un record historique à 7 499 pendant qu'on était sous-pondéré. C'est l'erreur du mois : sous-estimer le momentum et la résilience des marchés face au paradoxe. On nuance la position ce mois (sous-pond maintenu mais on respecte le momentum), leçon retenue sur le coût d'être défensif trop tôt.
Actions Japon neutre
⚠ Occasion manquée. Le Japon était classé en bust déflationniste (d'après un dashboard obsolète). En réalité, la BoJ a monté à 1 % avec une wholesale inflation à 6,3 %, régime de resserrement qui aurait justifié un surpond des banques japonaises. Correction actée ce mois : Japon passe en surpondéré léger.
Scénarios 60 / 20 / 20 → 55 / 15 / 30
⚠ Recalibrage. Le cessez-le-feu Iran (non anticipé dans le central de juin) change la donne : le haussier « détente énergie » est en partie advenu (Brent −20 %) donc sa probabilité résiduelle baisse à 15 %. Mais le core qui résiste malgré l'énergie fait monter le risque baissier « paradoxe se rompt » de 20 % à 30 %. Score fragilité 77 → 63 (pic passé).
09 Discipline

Checklist anti-biais avant validation.

Six biais cognitifs menacent toute décision d'allocation macro. Avant d'exécuter la pondération de cette note, chaque biais a été examiné. La case cochée signifie que la question a reçu une réponse claire et honnête.

Notre cerveau a tendance à nous jouer des tours, surtout en finance : on aime ce qui confirme nos idées, on retient les événements récents plus que les anciens, on se compare à des situations passées même quand ce n'est pas pertinent. Pour résister à ces erreurs (qu'on appelle des « biais cognitifs »), on passe en revue 6 d'entre eux avant chaque décision. Voici comment on les a traités cette fois :

  • Récence · le cessez-le-feu Iran intégré sans surpondérer la détente : le core qui résiste est pris en compte autant que l'énergie qui baisse
  • Ancrage · scénarios recalibrés (55/15/30 vs 60/20/20 de juin), le baissier relevé à 30 % malgré la bonne nouvelle géopolitique
  • Confirmation · reconnaissance explicite de l'erreur actions US (record S&P contre notre sous-pond) et de l'occasion manquée Japon
  • Représentativité · distinction PIB affiché (2,1 %) vs demande privée réelle (1,7 %), headline vs core, dans le diagnostic A et B
  • Optimisme · scénario baissier relevé à 30 %, le paradoxe est traité comme instable et non comme un équilibre durable
  • Surconfiance · conviction haute sur le régime (bust phase 2), mais correction assumée sur deux positions (Japon, nuance actions US)
"

La discipline du process compte plus que la justesse de la prévision. Les analyses parfaites avec une exécution émotionnelle perdent de l'argent. Les analyses moyennes avec une exécution disciplinée en gagnent.

· Annexe

Portefeuilles types par profil de risque

Trois exemples d'allocations diversifiées géographiquement et construites selon les régimes économiques actuels. Chacun est dimensionné pour un profil de risque distinct et reflète le contexte macro de juillet 2026 : cessez-le-feu US-Iran (Brent −20 %, l'énergie reflue), durcissement synchronisé des banques centrales (Fed hawkish hold, BCE et BoJ en hausse), inflation core qui résiste malgré la détente énergie. BUST INFLATIONNISTE sur les économies importatrices d'énergie (US, FR, AU, PH), BOOM DÉFLATIONNISTE chez les exportateurs commodity et l'Asie (Chine, Inde, Indonésie, Arabie, Norvège, Suisse, UK), BOOM INFLATIONNISTE sur les économies à inflation persistante (Allemagne, Italie, Espagne, Canada, Brésil, Turquie). Le Japon bascule vers un régime de resserrement (BoJ à 1 %).

Les allocations sont calibrées pour traverser plusieurs régimes tout en exploitant le quadrant dominant du moment. Le portefeuille conservateur surpondère les refuges, le neutre équilibre, l'agressif parie sur la prolongation du super-cycle matières premières.

✓ Les trois portefeuilles sont bien alignés avec le régime macro mondial actuel
Performance depuis inception2026-01-01 → 2026-06-30
Conservateur
+1.33%
S1 2026
Neutre
+7.06%
S1 2026
Agressif
+5.17%
S1 2026
Le portefeuille Neutre domine sur le semestre (+7.06%, soit +5.73 pts d'écart vs Conservateur à +1.33%), l'Agressif suivant à +5.17%. Le moteur commun est Semi-conducteurs (SMH, +82.1% sur S1, principale contribution des trois portefeuilles). Côté freins, l'or et les miners (GLD, GDX) pèsent sur les profils prudents, tandis que l'Indonésie (EIDO, -39.5%) ampute l'Agressif de près de 2.8 pts.
Conservateur
Risque faible
Préserver le capital avant tout. Tirer parti du choc inflationniste actuel via l'or et les actifs réels, sans s'exposer aux régimes les plus instables. Drawdown maximum attendu autour de 8 %.
🔵
Aligné au régime
Stress de régime 0% · seuil 25% · aligné
Stress de régime pondéré : 0% (seuil d'alerte 25%). L'allocation reste cohérente avec les régimes en vigueur.
Action suggérée : Maintenir l'allocation.
Performance
au 2026-06-30
Année 2025
+30.99 %
S&P 500 · 2025
+16.70 %
Sur 1 mois
-3.61 %
Depuis le 01/01/26
+1.33 %
Évolution S1 2026 (base 100 au 01/01, clôture 30/06)
Top contributeurs à la performance · 13 positions
XLE
Énergie US
+18.8%
+1.32 pts
ITA
Défense globale
+12.9%
+1.03 pts
XLP
Conso staples US
+6.9%
+0.28 pts
EWC
Canada
+6.9%
+0.28 pts
GLD
Or physique (frein)
-7.0%
-1.27 pts
Performance simulée en price return (hors dividendes), allocation actuelle rejouée sur chaque période. « Année 2025 » = 31/12/2024 au 31/12/2025 (poche crypto BTC incluse : 2/5/10% selon profil, trade +2,19%), « Sur 1 mois » = 29/05 au 30/06/2026, « Depuis le 01/01/26 » = 31/12/2025 au 30/06/2026. Clôtures officielles source stooq. La colonne 2025 rejoue l'allocation d'aujourd'hui sur l'an dernier, ce n'est pas le track record réel de l'époque.
Or et métaux
25 %
Cash / monétaire
20 %
Obligations courtes
18 %
Défensives actions
15 %
Énergie / commodity
10 %
Défense
8 %
Exportateurs sains
4 %
Refuges et liquidité
Or physique adossé
18 %
Miners aurifères diversifiés
7 %
Cash USD monétaire 4-5 %
20 %
Obligations courtes (carry sécurisé)
Treasury 1-3 ans US
12 %
Investment Grade short duration
6 %
Défensives géographiquement diversifiées
Santé US (pricing power inélastique)
5 %
Conso staples US
4 %
Suisse (refuge FX + santé)
3 %
Utilities US
3 %
Hedge inflation et géopolitique
Énergie US large
7 %
Norvège (pétrole + GPFG)
3 %
Défense globale (LMT, RTX, NOC)
8 %
Exposition exportateurs sains
Canada (BOOM DÉFLA, énergie)
4 %
États-Unis
45%
Or (global)
25%
Cash USD
20%
Europe DEV
6%
Canada
4%
Régimes favorables

• BUST INFLATIONNISTE (stagflation)

• BUST DÉFLATIONNISTE (or pivote)

• BOOM INFLATIONNISTE (or et énergie)

Régimes défavorables

• BOOM DÉFLATIONNISTE soutenu (sous-performance vs S&P)

Volatilité estimée
7-9 %
Drawdown max attendu
~8 %
Horizon recommandé
3-5 ans
Allocation crypto cible · en attente
Sortie du Bitcoin actée fin 2025. Allocation cible à terme : 2 %. Réintégration prévue une fois la correction crypto terminée ; le poids est provisoirement maintenu en cash tactique.
Neutre
Risque modéré
Équilibre actions et hedge réel. Diversifier géographiquement entre exportateurs commodity en BOOM DÉFLATIONNISTE et défensives en BUST INFLATIONNISTE. Profil dimensionné pour traverser plusieurs régimes sans casser. Drawdown maximum attendu autour de 15 %.
🔵
Aligné au régime
Stress de régime 24% · seuil 25% · aligné
Stress de régime pondéré : 24% (seuil d'alerte 25%). L'allocation reste cohérente avec les régimes en vigueur. À surveiller : SPY (S&P 500 · BUST INFLATIONNISTE), SMH (Semi-conducteurs · BUST INFLATIONNISTE), LQD (Investment Grade · BUST INFLATIONNISTE), EWW (Mexique · BUST DÉFLATIONNISTE), TLT (Treasury 20+Y · BUST INFLATIONNISTE).
Action suggérée : Maintenir l'allocation.
Performance
au 2026-06-30
Année 2025
+30.16 %
S&P 500 · 2025
+16.70 %
Sur 1 mois
-2.59 %
Depuis le 01/01/26
+7.06 %
Évolution S1 2026 (base 100 au 01/01, clôture 30/06)
Top contributeurs à la performance · 20 positions
SMH
Semi-conducteurs
+82.1%
+4.11 pts
XLE
Énergie large
+18.8%
+1.50 pts
SPY
S&P 500
+9.5%
+0.95 pts
ITA
Défense
+12.9%
+0.65 pts
INDA
Inde (frein)
-8.6%
-0.78 pts
Performance simulée en price return (hors dividendes), allocation actuelle rejouée sur chaque période. « Année 2025 » = 31/12/2024 au 31/12/2025 (poche crypto BTC incluse : 2/5/10% selon profil, trade +2,19%), « Sur 1 mois » = 29/05 au 30/06/2026, « Depuis le 01/01/26 » = 31/12/2025 au 30/06/2026. Clôtures officielles source stooq. La colonne 2025 rejoue l'allocation d'aujourd'hui sur l'an dernier, ce n'est pas le track record réel de l'époque.
Actions DEV
25 %
Actions EM
21 %
Or et métaux
15 %
Obligations
14 %
Énergie / commodity
12 %
Défense
5 %
Tech AI
5 %
Cash
3 %
Actions développés (équilibre core / exportateurs)
S&P 500 (core US)
10 %
Canada (énergie + matières)
7 %
Australie (allégée, BUST INFLA Stress)
2 %
Suisse / Allemagne défensives
6 %
Actions émergents (commodity et croissance)
Inde (croissance structurelle, renforcée)
9 %
Brésil (commodity, taux réels)
5 %
Arabie Saoudite (Vision 2030, renforcée)
4 %
Mexique (nearshoring)
3 %
Or et hedge inflation
Or physique
10 %
Miners aurifères
5 %
Obligations diversifiées
Treasury 1-3 ans (carry)
8 %
Investment Grade
4 %
Treasury 20+ ans (pari duration)
2 %
Thématiques structurelles
Énergie globale
8 %
Cuivre (électrification)
4 %
Défense (géopolitique)
5 %
Semi-conducteurs (AI cycle)
5 %
Liquidité
Cash USD
3 %
États-Unis
45%
Or / Commodity
19%
Asia EM
9%
LATAM
8%
Canada
7%
Europe DEV
6%
EMEA EM
4%
Asia DEV
2%
Régimes favorables

• BOOM DÉFLATIONNISTE des EM commodity

• BOOM INFLATIONNISTE soutenu

• BUST INFLATIONNISTE modéré

Régimes défavorables

• BUST DÉFLATIONNISTE généralisé (récession mondiale)

• Choc déflationniste extrême (style 2020)

Volatilité estimée
12-14 %
Drawdown max attendu
~15 %
Horizon recommandé
5-7 ans
Allocation crypto cible · en attente
Sortie du Bitcoin actée fin 2025. Allocation cible à terme : 5 %. Réintégration prévue une fois la correction crypto terminée ; le poids est provisoirement maintenu en cash tactique.
Agressif
Risque élevé
Surpondération massive des marchés émergents commodity et des actifs réels. Pari assumé sur la prolongation du super-cycle matières premières et la rotation vers les pays exportateurs en BOOM. Drawdown maximum attendu autour de 25 % en cas de retournement.
🔵
Aligné au régime
Stress de régime 18% · seuil 25% · aligné
Stress de régime pondéré : 18% (seuil d'alerte 25%). L'allocation reste cohérente avec les régimes en vigueur. À surveiller : SMH (Semi-conducteurs · BUST INFLATIONNISTE), QQQ (Nasdaq 100 · BUST INFLATIONNISTE), EWW (Mexique · BUST DÉFLATIONNISTE).
Action suggérée : Maintenir l'allocation.
Performance
au 2026-06-30
Année 2025
+35.39 %
S&P 500 · 2025
+16.70 %
Sur 1 mois
-5.38 %
Depuis le 01/01/26
+5.17 %
Évolution S1 2026 (base 100 au 01/01, clôture 30/06)
Top contributeurs à la performance · 16 positions
SMH
Semi-conducteurs
+82.1%
+4.93 pts
XOP
Producteurs énergie
+22.2%
+1.55 pts
QQQ
Nasdaq 100
+19.9%
+1.19 pts
EIDO
Indonésie (frein)
-39.5%
-2.77 pts
GDX
Miners aurifères (frein)
-12.0%
-1.20 pts
Performance simulée en price return (hors dividendes), allocation actuelle rejouée sur chaque période. « Année 2025 » = 31/12/2024 au 31/12/2025 (poche crypto BTC incluse : 2/5/10% selon profil, trade +2,19%), « Sur 1 mois » = 29/05 au 30/06/2026, « Depuis le 01/01/26 » = 31/12/2025 au 30/06/2026. Clôtures officielles source stooq. La colonne 2025 rejoue l'allocation d'aujourd'hui sur l'an dernier, ce n'est pas le track record réel de l'époque.
Actions EM
42 %
Or et miners
15 %
Énergie / commodity
20 %
Tech AI
12 %
Actions DEV ciblées
7 %
Cash tactique
4 %
Émergents commodity (cœur du portefeuille)
Brésil (commodity king LATAM)
10 %
Inde (croissance et démographie)
9 %
Indonésie + Vietnam (nickel, manuf)
7 %
Arabie Saoudite (Vision 2030)
6 %
Mexique (nearshoring, USMCA)
5 %
Argentine (turnaround Milei)
5 %
Or et métaux précieux
Miners aurifères (levier, renforcés)
10 %
Or physique (ancrage)
5 %
Matières premières et énergie
Producteurs énergie purs
7 %
Cuivre et mining diversifié (renforcés)
7 %
Uranium (renaissance nucléaire)
6 %
Tech AI résiliente (DEV ciblé)
Semi-conducteurs (cycle CapEx AI)
6 %
Nasdaq 100 (mega-caps tech)
6 %
Autres convictions
Canada énergie
4 %
Norvège (pétrole + GPFG)
3 %
Liquidité tactique
Cash USD pour opportunisme
4 %
Or / Commodity
27%
États-Unis
22%
LATAM
20%
Asia EM
16%
EMEA EM
6%
Canada
5%
Europe DEV
3%
Régimes favorables

• BOOM DÉFLATIONNISTE des EM commodity

• BOOM INFLATIONNISTE soutenu

• Super-cycle matières premières

Régimes défavorables

• BUST DÉFLATIONNISTE mondial (récession EM)

• Choc dollar fort prolongé

• Effondrement appétit risque global

Volatilité estimée
20-25 %
Drawdown max attendu
~25 %
Horizon recommandé
7-10 ans
Allocation crypto cible · en attente
Sortie du Bitcoin actée fin 2025. Allocation cible à terme : 10 %. Réintégration prévue une fois la correction crypto terminée ; le poids est provisoirement maintenu en cash tactique.
Méthodologie et avertissement. Performances calculées via tracking individuel de chaque ETF de chaque position, pondéré par les poids d'allocation. Prix vérifiés sur Yahoo Finance, Investing.com et TradingView. Quand une position liste plusieurs tickers (ex: "GLD, IAU"), le premier est utilisé comme référence. Ces trois portefeuilles restent des exemples illustratifs destinés à matérialiser comment la mécanique des régimes RIFT se traduit en allocation concrète. Les performances sont brutes en USD, hors frais de transaction et fiscalité. Faire ses propres recherches et, si nécessaire, consulter un conseiller financier réglementé.
À retenir · Édition #003

La discipline mensuelle bat
la prévision géniale.

Cette note suit la méthode complète de la Formation Macro-Économie : diagnostic des six dimensions, identification du régime, scénarios probabilisés, allocation cohérente, checklist anti-biais. Chaque mois, le RIFT Macro Desk applique le même process.

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