Note macro économique - JUIN 2026

Note macro RIFT — Édition #002 · Juin 2026
Niveau de lecture
Note publiée le 10 juin · Prochaine édition juillet 2026

Bust inflationniste confirmé.
Cinq banques centrales en huit jours.

Le CPI mai publié ce matin par le BLS sort à 4,2 % headline (plus haut depuis avril 2023) et 2,9 % sur le core. Le PIB Q1 a été révisé en baisse à 1,6 % annualisé, la consommation réelle stagne (real PCE +0,1 % MoM), GDPNow Q2 a corrigé de 4,3 % à 3,3 %. La croissance plafonne pendant que l'inflation accélère : le bust inflationniste qu'annonçait la newsletter macro du mois de mai sous le nom de stagflation modérée est désormais confirmé sans ambiguïté. Et cette semaine, cinq banques centrales (BCE, Fed, BoJ, BoE, BoC) décident face au même choc énergie, dans cinq directions différentes. Warsh, en poste depuis le 22 mai, préside son premier FOMC dans six jours.

Les prix continuent de monter aux États-Unis : l'inflation officielle (le CPI) atteint 4,2 % sur un an, c'est-à-dire que les prix sont 4,2 % plus chers qu'il y a un an, le plus haut depuis deux ans. En parallèle, l'économie américaine ne grandit presque plus : la croissance du premier trimestre 2026 a été révisée à 1,6 % en rythme annuel (alors qu'on espérait 2 %), et la consommation des ménages stagne. Cette combinaison « les prix montent + l'économie ralentit » porte un nom dans le jargon : un bust inflationniste. C'est exactement ce qu'on annonçait dans la newsletter du mois de mai, juste avec un autre nom (« stagflation modérée »). Cette semaine, cinq grandes banques centrales (celles qui décident des taux d'intérêt en Europe, aux États-Unis, au Japon, au Royaume-Uni et au Canada) prennent toutes leurs décisions en huit jours. Et Kevin Warsh, le nouveau patron de la banque centrale américaine (Fed), va présider sa toute première réunion dans six jours.

CPI · YoY
4,2%↑ +0,4pt
3,3 → 3,8 → 4,2 sur 3 mois
3 mois consécutifs d'accélération
Fed Funds
3,50–3,75→ hold
5 mois consécutifs en pause
Vote 8–4 (record depuis 1992)
Or once · USD
$4 250↓ −19 % depuis fév
4 850 → 4 730 → 4 250
Paradoxe de l'or persiste
DXY · Dollar Index
99,8↑ +1,8 pt
97,8 → 98,0 → 99,8
FedWatch déc: 70 % proba hausse
77/100
Vigilance
Score de fragilité système

Indicateur synthétique des 6 dimensions

Score calculé à partir des niveaux d'alerte de chaque dimension (1 à 5). À 77/100, le système entre en zone de vigilance haute. Quatre fronts simultanés sur six dimensions du diagnostic. Inflation à son maximum (CPI 4,2 %, core 2,9 %, Prices Services au plus haut depuis août 2022). Croissance qui passe à 4/5 sur la révision du PIB Q1 et la stagnation de la consommation réelle. Fed pleinement engagée dans la transition Warsh, FedWatch qui price 70 % de hausse en décembre. Volatilité qui remonte (VIX à 20+, MOVE à 77). Le score gagne sept points en un mois.

On a noté chacune des 6 dimensions sur une échelle de 1 (tout va bien) à 5 (alerte maximale), puis combiné le tout en un score sur 100. Plus le score est élevé, plus le système économique est fragile. À 77/100, on est en zone de vigilance haute. Le mois dernier, on était à 70, donc le système s'est dégradé de 7 points en un mois. Concrètement : l'inflation est au max (5/5), la croissance s'est dégradée (passée de 3 à 4), la Fed est sous pression (4/5), et la volatilité revient sur les marchés (CFI passé de 2 à 3). Quatre signaux d'alerte simultanés sur six dimensions. Ce n'est pas la crise, mais la marge de sécurité s'amenuise.

Croiss.
4
Inflat.
5
Pol. mon.
4
CFI
3
Crédit
4
Devises
4

Dashboard momentum · 12 indicateurs sur 3 mois

Favorable Défavorable Stable
PMI Manuf · ISM ↑ +1,3pt
54,0
52,7
52,7
PMI Services · ISM ↑ +0,9pt
54,5
54,0
53,6
NFP · Créations K ↑ rév. positive
172
214
179
Chômage US · % → stable
4,3%
4,3
4,3
CPI Headline · YoY ↑ +0,4pt
4,2%
3,3
3,8
Core CPI · YoY ↑ +0,1pt
2,9%
2,6
2,8
ISM Prices Manuf ↓ −2,5pt
82,1
78,3
84,6
Fed Funds · % → hold
3,625
3,625
3,625
VIX ↑ +3,3pt
20,5
18,3
17,2
Spread HY · bps ↑ +3 bps
282
278
279
DXY ↑ +1,8 pt
99,8
97,8
98,0
Or · USD/oz ↓ −10 % m/m
4 250
4 850
4 730
Ce qui a changé sur 3 mois
  • Inflation : nouvelle accélération. CPI mai publié ce matin par le BLS à 4,2 % YoY (vs 3,8 % en avril, 3,3 % en mars), plus haut depuis avril 2023, 3e mois consécutif d'accélération. Core CPI à 2,9 %. Énergie +23,5 %, gasoline +40,5 %. PCE core avril (publié 28 mai) à 3,3 %, au-dessus du seuil 2,8 % que la newsletter macro du mois de mai avait identifié comme déclencheur. ISM Prices Services à 71,3 (plus haut depuis août 2022) confirme la diffusion vers les services.
  • Croissance : elle plafonne. PIB Q1 révisé à 1,6 % annualisé (vs +2,0 % advance, −0,4 pt). Real PCE +0,1 % MoM en avril seulement. Retail sales réels (déflatés CPI) ~−0,1 % MoM. GDPNow Q2 corrigé de 4,3 % (21 mai) à 3,3 % (9 juin). Les hard data contredisent l'optimisme des soft data ISM (PMI Manuf 54, Services 54,5). Le constat est sans ambiguïté : la croissance ne s'accélère plus.
  • Politique monétaire : Warsh en place, repricing hawkish complet. Kevin Warsh prête serment au White House le 22 mai (et non 15 comme annoncé dans la newsletter macro du mois de mai), confirmé Sénat 54-45 (record de serrement). Premier FOMC dans 6 jours (16-17 juin) avec dot plot révisé. CME FedWatch décembre : 70 % proba de hausse (vs 9,1 % au 12 mai). Le pricing s'est inversé en 6 semaines.
  • Crédit : asymétrie inchangée. HY OAS à 282 bps (vs 279 au 12 mai, quasi-stable). Aucun stress matérialisé malgré la confirmation du régime. L'asymétrie reste défavorable : pas de marge de tightening, toute la marge de widening. Le calme actuel ressemble à celui de janvier 2020 ou août 2007.
  • Or : le paradoxe se confirme et s'amplifie. 4 850 → 4 730 → 4 250 USD/oz, −19 % depuis le pic de février. La newsletter macro du mois de mai avait basculé l'or en neutre (au lieu de surpond. fort), décision validée a posteriori. Le repricing hawkish a tué le tailwind, et le BoJ qui maintient un biais haussier réduit aussi le carry trade vers l'or.
Ce qui a changé sur 3 mois
  • Les prix montent de plus en plus vite. L'inflation aux États-Unis (le CPI) est passée de 3,3 % en mars, à 3,8 % en avril, et maintenant à 4,2 % en mai, c'est trois mois de hausse d'affilée. Le carburant explose (+40 %), l'énergie aussi (+23 %). La newsletter du mois de mai disait : « attention si l'inflation hors énergie dépasse 2,8 % ». C'est fait, on est à 3,3 %. Le seuil d'alerte est franchi.
  • L'économie freine, même si on entend le contraire. Les sondages auprès des entreprises sont optimistes (les indicateurs PMI montent), mais quand on regarde les chiffres réels, la croissance du PIB révisée à la baisse (1,6 % au lieu de 2 %), la consommation qui stagne, on voit que l'économie ne grandit presque plus. Quand les sondages disent une chose et les chiffres réels une autre, il faut faire confiance aux chiffres réels.
  • Nouveau patron à la Fed, marchés en alerte. Kevin Warsh a remplacé Jerome Powell à la tête de la banque centrale américaine (la Fed) le 22 mai. Il préside sa première grande réunion dans 6 jours. Avant cette nomination, presque personne ne pensait que la Fed remonterait ses taux en 2026. Aujourd'hui, les marchés y croient à 70 %. Énorme retournement en six semaines.
  • Les obligations risquées restent étrangement calmes. Les entreprises qui empruntent à des taux plus élevés (le « high yield ») devraient être plus chères à assurer si l'économie ralentit. Or les écarts de prix (les « spreads ») ne bougent pas. C'est le calme avant la tempête : tout est trop tranquille pour la réalité économique. Comme janvier 2020 juste avant le Covid, ou août 2007 juste avant la crise.
  • L'or continue de décevoir (et c'est logique). L'or a baissé encore de 10 % ce mois-ci, et de 19 % depuis son sommet de février. Normalement, l'or monte quand l'économie va mal. Mais ici, les investisseurs voient que la Fed pourrait remonter ses taux (au lieu de les baisser), et ça rend les obligations plus attractives que l'or qui ne paie aucun intérêt. La newsletter de mai avait raison de ne pas sur-pondérer l'or.
Message clé du mois

Le régime macro bascule en bust inflationniste confirmé : le CPI mai publié ce matin par le BLS à 4,2 % YoY (plus haut depuis avril 2023), le PCE core avril à 3,3 % (au-dessus du seuil 2,8 % identifié dans la newsletter macro du mois de mai), et surtout le PIB Q1 révisé à 1,6 % annualisé (−0,4 pt vs advance) combiné à un real PCE +0,1 % MoM en avril seulement. La croissance plafonne pendant que l'inflation accélère, c'est exactement la définition du bust inflationniste. Le NFP solide à +172K et les PMI en hausse (Manuf 54, Services 54,5) reflètent l'optimisme des soft data, mais les hard data (PIB révisé, real PCE, retail réel négatif, GDPNow corrigé de 4,3 % à 3,3 %) racontent une autre histoire.

Et cette semaine, cinq banques centrales en huit jours face au même choc énergie. BCE demain (92 % proba de hausse 2,00 → 2,25 %, première depuis sept 2023). Premier FOMC Warsh dans 6 jours (16-17 juin) avec dot plot révisé. BoJ avec biais haussier. BoE et BoC. Notre allocation reste en bust inflationniste discipline : surpondération obligations courtes (carry 4 %), surpondération TIPS (breakevens montent), or neutre maintenu (le paradoxe persiste, prudence, pas le moment d'arbitrer), sous-pondération forte high yield (spreads 282 bps inchangés, asymétrie maintenue), sous-pondération cycliques et small caps, surpondération défensifs. Le risque principal du mois : FOMC du 17 juin. Premier Warsh, premier dot plot révisé. Tout commence là.

On confirme : on est entré dans une période où les prix montent vite alors que l'économie ne grandit presque plus. Les économistes appellent ça un « bust inflationniste ». Concrètement, c'est ce qui se passe quand l'inflation accélère (passée à 4,2 % aux États-Unis, le plus haut depuis 2 ans) pendant que la croissance ralentit (le PIB américain n'a augmenté que de 1,6 % au premier trimestre, au lieu des 2 % attendus). C'est inconfortable pour tout le monde : difficile pour les banques centrales de baisser les taux (sinon l'inflation s'aggrave), mais difficile aussi de les remonter (sinon on risque la récession).

Et cette semaine, cinq grandes banques centrales prennent leurs décisions en huit jours : Europe (la BCE), États-Unis (la Fed), Japon, Royaume-Uni et Canada. Toutes face au même problème (la guerre en Iran qui fait monter le pétrole), avec des stratégies différentes. La nôtre, dans cette note, reste défensive : on garde du cash et des obligations courtes (rendement sûr de 4 %), on évite les actions cycliques (les plus sensibles à un ralentissement), on garde une position neutre sur l'or (qui déçoit depuis février), et on reste à l'écart des obligations risquées (le « high yield »). L'événement à surveiller : la réunion de la Fed le 17 juin. Première fois avec Kevin Warsh aux commandes. Tout va se jouer là.

Méthode
Pourquoi un message clé en tête

La discipline du process commence ici. Le message clé en quatre lignes maximum est la seule partie qui doit absolument être lue avant chaque décision de la période. Les six sections suivantes en sont la justification détaillée. Si vous n'avez que deux minutes, ce paragraphe suffit à orienter votre lecture du mois.

01 Diagnostic

Six dimensions, une seule lecture.

Le tableau de bord macro ne s'improvise pas. On le lit dans l'ordre, de la macro réelle aux marchés financiers, pour que le diagnostic reste ancré dans l'économie et non dans le bruit. Six dimensions, vingt-cinq indicateurs prioritaires, un régime qui ressort par convergence.

Pour comprendre l'économie mondiale, on regarde toujours six grands sujets dans le même ordre : la croissance (l'économie grandit-elle ?), l'inflation (les prix montent-ils ?), la politique monétaire (les banques centrales agissent comment ?), les conditions financières (les marchés sont-ils détendus ou stressés ?), le crédit (les entreprises empruntent-elles dans de bonnes conditions ?), et les devises et matières premières (le dollar, le pétrole, l'or). En combinant ces six informations, on obtient un diagnostic global.

A.Croissance · elle plafonne, contradiction soft/hard data

Alerte 4 / 5

Les soft data US accélèrent, PMI Manufacturing à 54,0 en mai (vs 52,7 en avril, plus haut depuis mai 2022), PMI Services à 54,5 (vs 53,6, 23 mois consécutifs d'expansion), NFP mai à +172K vs consensus 80K, avril révisé à 179K et mars à 214K. C'est l'image que retient l'œil distrait. Mais les hard data racontent une autre histoire. Le PIB Q1 a été révisé à 1,6 % annualisé (second estimate du 28 mai, vs +2,0 % advance, soit −0,4 pt) suite à des révisions baissières sur la consommation et l'investissement. Le Real PCE d'avril ressort à +0,1 % MoM seulement (publié 28 mai), personal income à −0,1 % MoM. Les retail sales d'avril sont à +0,5 % nominal MoM, soit ~−0,1 % en termes réels une fois déflaté par le CPI MoM +0,6 %.

3,3 %
GDPNow Atlanta Fed pour Q2 2026 au 9 juin. Le modèle a corrigé sa propre estimation de 4,3 % le 21 mai à 3,3 % le 9 juin (−1,0 pt en trois semaines). Le mouvement est exactement celui des hard data (retail, PCE) qui rattrapent les soft data optimistes (ISM). La croissance nominale reste positive, mais elle ne s'accélère plus. Définition du bust : la dynamique cyclique s'inverse, même quand le niveau absolu reste positif.

Aux États-Unis, deux histoires différentes en même temps. D'un côté, les sondages auprès des entreprises (qu'on appelle les « soft data ») sont positifs : les industriels disent que leur activité va bien (indice ISM à 54), les services aussi (54,5), et l'emploi tient (172 000 créations de postes en mai, bien plus que les 80 000 attendus). De l'autre côté, les chiffres réels de l'économie (qu'on appelle les « hard data ») sont moins bons : la croissance du premier trimestre, qu'on pensait à 2 %, a été révisée à 1,6 % seulement. Et la consommation des ménages n'a augmenté que de 0,1 % en avril, presque rien. Les ventes au détail, une fois qu'on enlève l'effet des prix qui montent, sont même légèrement négatives.

3,3 %
Estimation de la croissance américaine au 2e trimestre, mesurée en temps réel par le modèle GDPNow de la Fed d'Atlanta. Il y a 3 semaines, ce modèle estimait la croissance à 4,3 %. Aujourd'hui, à 3,3 %. C'est-à-dire que les indicateurs « réels » qui sont arrivés depuis ont rattrapé les sondages trop optimistes. La leçon : quand sondages et chiffres réels divergent, faire confiance aux chiffres réels. C'est précisément le signe d'un retournement : l'économie ne se contracte pas encore, mais elle ne s'accélère plus.

B.Inflation · confirmation et intensification

Alerte 5 / 5

Le CPI mai publié ce matin par le BLS sort à 4,2 % YoY headline (vs consensus 4,2 %, en ligne), plus haut depuis avril 2023. C'est le troisième mois consécutif d'accélération du headline : 3,3 → 3,8 → 4,2. Le détail : énergie +23,5 % YoY (vs +17,9 % en avril), gasoline +40,5 % (vs +28,4 %), fuel oil +58,9 % (vs +54,3 %). Sur le mois, +0,5 % seasonally adjusted (vs +0,6 % en avril). L'énergie compte pour plus de 60 % de la hausse mensuelle. Le shelter accélère à 3,4 % YoY (vs 3,3 % en avril), food à 3,1 % (vs 2,3 %).

Sur le core, le tableau est nuancé. CPI core YoY à 2,9 % (vs 2,8 % en avril, plus haut depuis septembre 2025), au-dessus du seuil 2,8 % identifié dans la newsletter macro du mois de mai comme déclencheur de bascule. Mais le MoM core décélère nettement à +0,2 % (vs +0,4 % en avril), sous consensus 0,3 %. Le rythme annualisé du core MoM est désormais ~2,4 %, proche de la cible 2 %. C'est l'argument que les dovish vont agiter au FOMC du 17 juin : l'inflation YoY a un effet de base contre nous, mais l'inflation MoM se stabilise.

Le PCE core d'avril (publié 28 mai) sort à 3,3 % YoY, largement au-dessus du seuil 2,8 % que la newsletter macro du mois de mai avait identifié comme déclencheur de bascule. PCE headline à 3,8 %. Le Trimmed Mean PCE de Dallas Fed à 2,3 % YoY (mesure plus modérée). Et l'ISM Prices Services de mai à 71,3 (vs 70,7 en avril), plus haut depuis août 2022. La diffusion vers les services, attendue depuis février, est maintenant indéniable. À noter : ISM Prices Manuf à 82,1 (vs 84,6, −2,5 pt), petite détente sur le manuf qui se compense par l'accélération services.

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Le bust inflationniste est désormais matérialisé sur les deux pieds de la définition : croissance qui plafonne (PIB Q1 révisé, real PCE +0,1 %), inflation qui accélère (CPI 4,2 %, core 2,9 %, PCE core 3,3 %, Prices Services record). Le diagnostic « stagflation modérée confirmée » de la newsletter macro du mois de mai est aujourd'hui simplement renommé en bust inflationniste, conviction haute.

L'inflation aux États-Unis (mesurée par l'indice CPI) s'établit à 4,2 % sur un an en mai. Concrètement : les prix sont 4,2 % plus chers qu'il y a un an, et c'est le plus haut chiffre depuis 2 ans. C'est aussi le troisième mois d'affilée que l'inflation accélère (elle était à 3,3 % en mars, 3,8 % en avril). Le principal coupable : l'énergie. Le carburant a augmenté de 40,5 % sur un an, le mazout de chauffage de presque 59 %. À elle seule, l'énergie explique plus de 60 % de la hausse des prix du mois.

Si on enlève l'énergie et l'alimentation (qui sont volatils), on obtient l'inflation « hors-énergie » (le core CPI). Elle est à 2,9 % sur un an, au-dessus du seuil de 2,8 % qu'on avait identifié dans la newsletter du mois de mai comme alerte importante. Bonne nouvelle quand même : sur le mois seul (+0,2 %), c'est plus calme. Si on extrapolait ce rythme mensuel sur l'année, on serait à 2,4 %, proche de la cible 2 % visée par la Fed. C'est l'argument que vont avancer les défenseurs d'une politique plus souple.

La Fed regarde aussi un autre indicateur d'inflation (le PCE), qui est sorti à 3,3 % sur un an hors-énergie, clairement au-dessus de la cible 2 %. Et un baromètre des prix dans le secteur des services (l'ISM Prices Services) atteint 71,3, le plus haut depuis août 2022. Cela veut dire que l'inflation, qui n'était au début que sur l'énergie et les biens, se diffuse maintenant aux services (restaurants, coiffeurs, transports). C'est précisément la propagation qu'on craignait.

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Tous les signaux convergent : les prix accélèrent et l'économie ralentit en même temps. Ça s'appelle un bust inflationniste, et c'est maintenant confirmé avec une conviction haute. C'est ce que la newsletter de mai annonçait sous le nom de « stagflation modérée ». Aujourd'hui, on l'appelle par son vrai nom.

C.Politique monétaire · Warsh en place, Central Bank Super Week

Alerte 4 / 5

Les Fed Funds restent à 3,50–3,75 %, six mois consécutifs en pause. Mais le contexte a structurellement changé. Kevin Warsh a prêté serment comme 17e chair de la Fed le 22 mai 2026 (et non le 15 mai comme initialement annoncé, en raison du décalage de la confirmation Sénat). La cérémonie a eu lieu au White House, première inauguration d'un chair de la Fed sur ce lieu depuis Alan Greenspan en 1987. Confirmation Sénat le 21 mai à 54-45, l'écart le plus serré de l'histoire moderne pour un chair de la Fed. Powell reste au Board comme governor jusqu'en janvier 2028, ce qui assure une continuité technique mais ne dissimule pas la portée politique de la transition.

Le marché a complètement repricé. Au 12 mai (newsletter macro du mois de mai), CME FedWatch pricait 9,1 % de probabilité de hausse en décembre 2026. Au 9 juin 2026, c'est ~70 % de probabilité de hausse. Le repricing hawkish s'est matérialisé en six semaines, porté par la combinaison du CPI accéléré, du PCE core à 3,3 %, du choc énergie iranien qui persiste (Hormuz toujours fermé sous blocus dual US-Iran) et de la perception initiale d'un Warsh plus restrictif. À noter : selon Invesco, son ton dans les auditions Sénat était plus dovish que son premier mandat de governor (2006-2011), nuance qui pourrait surprendre les marchés s'ils ont sur-pricé le hawkisme. Le premier FOMC de l'ère Warsh est dans 6 jours, les 16-17 juin, avec dot plot révisé et premier press conference.

Et cette semaine, du 10 au 18 juin, cinq banques centrales en huit jours face au même choc énergie. BoC (10 juin), BCE (11 juin, demain), Fed (16-17 juin), BoJ (16-18 juin), BoE (18 juin). Les réponses divergent radicalement. La BCE est attendue en hausse à 92 % de probabilité, première hausse depuis septembre 2023 (deposit rate 2,00 → 2,25 %), Lagarde ayant décrit cette décision comme « measured adjustment warranted by the data ». Eurozone HICP à 3,0 % en avril (vs 2,6 % mars). La BoJ tient à 0,75 % avec un vote 6-3 mais plusieurs membres demandent une hausse sans délai (« without long intervals »). La Fed est en hold hawkish, la BoE et la BoC sont coincées entre désinflation et choc énergie. Cinq diagnostics différents, un seul choc commun.

Aux États-Unis, le taux d'intérêt directeur de la banque centrale (la Fed) est resté inchangé à 3,50–3,75 % depuis six mois. Mais quelque chose d'historique vient de se passer : Kevin Warsh a remplacé Jerome Powell comme président de la Fed le 22 mai dernier. La cérémonie a eu lieu à la Maison Blanche (un fait rarissime : c'est la première fois depuis Alan Greenspan en 1987). Le Sénat l'a confirmé à 54 voix contre 45, c'est l'écart le plus serré jamais enregistré. Powell reste dans l'équipe comme membre du Board, mais ce n'est plus lui qui dirige. C'est un changement de cap symbolique fort.

Et les marchés ont changé d'avis radicalement. Il y a 6 semaines, presque personne ne pensait que la Fed allait augmenter ses taux en 2026, la probabilité était de 9 %. Aujourd'hui, c'est 70 %. Pourquoi ? Trois raisons : l'inflation qui accélère (4,2 %), l'énergie qui reste chère à cause de la guerre Iran-Israël, et l'arrivée de Warsh perçu comme plus dur que Powell sur l'inflation. Curieusement, dans ses auditions au Sénat, il a été plus modéré qu'attendu, donc le marché pourrait être surpris dans un sens ou dans l'autre. Sa première grande réunion a lieu dans 6 jours (16-17 juin).

Et ce n'est pas tout : cette semaine, cinq grandes banques centrales prennent leurs décisions en huit jours. Canada hier, Europe (BCE) demain, États-Unis (Fed) la semaine prochaine, Japon (BoJ) et Royaume-Uni (BoE) en fin de semaine prochaine. Chacune face au même problème, la guerre en Iran qui fait monter le pétrole et les prix, mais avec des réponses différentes. La BCE est presque certaine de remonter ses taux demain (première hausse depuis septembre 2023). Le Japon hésite mais penche pour une hausse aussi. La Fed va probablement attendre, mais en envoyant un message ferme. Cinq pays, cinq stratégies, un seul choc.

D.Conditions financières · vol qui remonte, tension du système

Alerte 3 / 5

VIX à 20,45 le 9 juin (vs 18,92 clôture du 8 juin, +8 % en 24h), en hausse depuis le 12 mai où il était à 17,2 (+3,3 pt). Trajectoire : pic à 29,5 début mars (choc Iran), retour vers mi-teens en avril-mai, et désormais remontée vers 20+ à l'approche de la Central Bank Super Week. MOVE Treasury Volatility Index à 76,98 (8 juin clôture). Pas de stress aigu, mais la complaisance s'efface. Les conditions financières mesurées par les indices restent globalement détendues, mais on quitte la zone d'ultra-calme qui caractérisait avril-mai. Le passage de l'alerte de 2 à 3 reflète cette transition silencieuse.

Le VIX, qu'on appelle aussi « l'indice de la peur », mesure à quel point les investisseurs sont stressés ou détendus. Quand il est sous 15, tout va bien. Au-dessus de 25, les marchés ont vraiment peur. Aujourd'hui, il est à 20,5. Pas la panique, mais on quitte la zone tranquille des dernières semaines (il était à 17 il y a un mois). C'est cohérent avec ce qui se profile : la semaine prochaine apporte 5 décisions de banques centrales et un FOMC américain ultra-important. Les marchés se mettent en position. Un autre indicateur, le MOVE Index, qui mesure la même chose sur les obligations, est à 77, en hausse. Pas le stress aigu, mais la fin de la complaisance.

E.Crédit · spreads inchangés malgré le bust

Alerte 4 / 5

Les spreads sont stables au plus serré depuis 25 ans. ICE BofA HY OAS à 282 bps au 12 mai 2026 (dernière publication FRED disponible, la série n'est pas mise à jour fresh au 10 juin, à mentionner). Au 12 mai (newsletter macro du mois de mai), nous étions à 279 bps. L'écart est de 3 bps en quatre semaines : stabilité totale. C'est précisément cela qui rend le signal si frappant. Pendant que le bust inflationniste se matérialise sur la macro (PIB révisé, consommation réelle stagne, CPI 4,2 %), le marché du crédit ne bouge pas. L'asymétrie reste défavorable de manière inchangée : presque aucune marge de tightening, énormément de marge de widening. IG estimé à ~80 bps.

La position « sous-pondéré HY fort » de la newsletter macro du mois de mai n'a donc pas encore été récompensée. C'est le risque assumé d'une position fondamentale contre le carry : on attend la rupture, on ne sait pas quand elle viendra, mais on refuse de toucher au principal pour quelques bps de carry. Le moment où ça bouge, ça bouge vite, comme en mars 2020, comme en octobre 2008. Le calme actuel ne valide pas la sérénité ; il prolonge l'asymétrie.

Biais
Le carry vs la marge de sécurité

Quatre semaines après la newsletter macro du mois de mai, les spreads sont inchangés, la macro est devenue plus défavorable, et notre position sous-pond HY n'a rien rapporté. La tentation est de capituler, c'est exactement le moment où il faut tenir. La question n'est jamais « ai-je gagné ce mois-ci » mais « est-ce que l'asymétrie est correcte ». Ici, oui.

Quand une entreprise emprunte, elle paie un taux plus élevé qu'un État. La différence s'appelle un « spread ». Plus le spread est large, plus le marché perçoit que l'entreprise est risquée. Aujourd'hui, pour les obligations risquées (le « high yield », c'est-à-dire les entreprises notées BB ou moins), ce spread est de 282 points de base (2,82 %), le plus serré depuis 25 ans. C'est bizarre, parce que l'économie va moins bien : on devrait s'attendre à ce que ce spread s'élargisse (pour refléter le risque). Mais non, il ne bouge pas.

Conclusion : les obligations risquées sont trop chères par rapport à la réalité économique. Si l'économie ralentit (et tout indique que oui), ce spread va finir par s'élargir. Et quand ça arrive, c'est rapide et brutal, comme en mars 2020 (Covid) ou octobre 2008 (Lehman). Notre position : on s'en éloigne, même si la newsletter de mai n'a pas encore été récompensée. C'est la patience contre l'agitation. Mieux vaut rater une opportunité que perdre du capital.

Le piège du carry
Pourquoi on garde la position malgré l'absence de gain

Quatre semaines après la newsletter de mai, les obligations risquées rapportent toujours plus que les obligations sûres. La tentation est forte d'aller chercher ce rendement. Mais c'est exactement le moment où il faut résister. La bonne question n'est pas « ai-je gagné ce mois-ci ? » mais « la balance entre le gain potentiel et le risque potentiel est-elle bonne ? ». Ici, le risque potentiel est nettement supérieur. On tient.

F.Devises et matières · paradoxe or amplifié

Alerte 4 / 5

Le DXY est à 99,8 au 9 juin 2026 (vs 98,0 au 12 mai, +1,8 pt en quatre semaines). Le repricing hawkish, FedWatch déc à 70 % proba hausse, porte enfin ses fruits sur le dollar. EUR/USD ~1,16-1,17, en léger repli avant la BCE de demain. USD/JPY ~159 stable haut, BoJ qui maintient un biais haussier mais n'a pas encore agi. Le 10Y Treasury est estimé à ~4,45-4,55 % (FRED en retard, dernière obs officielle 30 avril à 4,40 %).

Le Brent oscille autour de 93 USD/baril au 9-10 juin, en léger repli par rapport au range 94-104 du 12 mai. L'Iran a annoncé le 8-9 juin la fin de ses opérations militaires contre Israël ; Trump parle de « nouveau cessez-le-feu proche ». Mais le Strait of Hormuz reste fermé sous blocus dual US-Iran malgré le ceasefire, et la normalisation complète des flux ne serait pas réaliste avant 2027. La prime géopolitique persiste, mais sans nouvelle escalade.

Le paradoxe de l'or s'amplifie. Le métal est à 4 250 USD/oz au 9-10 juin (oscille 4 137-4 293 sur 24h), en baisse de 10 % sur le mois et de 19 % depuis le pic de 5 275 fin février. La newsletter macro du mois de mai avait basculé l'or de surpondéré fort à neutre, décision aujourd'hui validée a posteriori. Le raisonnement reste valable : tant que la Fed ne pivote pas vers les baisses (FedWatch price 70 % de hausse en déc), l'or reste sans tailwind dovish. La BoJ qui maintient son biais haussier réduit aussi le carry trade vers l'or. Position neutre maintenue cette édition par prudence, le paradoxe peut s'inverser en cas de hard landing brutal, mais ce n'est pas le scénario central.

Le dollar américain s'est renforcé. Quand on parle du « DXY », c'est un indice qui mesure le dollar contre un panier d'autres grandes monnaies (euro, yen, livre…). Il est passé de 98,0 il y a un mois à 99,8 aujourd'hui, soit +1,8 % de hausse. Le dollar est plus cher, et c'est logique : si la Fed pourrait remonter ses taux (et que les autres banques centrales hésitent), les investisseurs achètent du dollar. L'euro recule légèrement avant la décision BCE de demain, le yen reste faible.

Le pétrole (Brent) est à environ 93 dollars le baril aujourd'hui, en léger repli par rapport au mois dernier (qui oscillait entre 94 et 104 $). L'Iran a annoncé arrêter ses opérations militaires contre Israël, et Trump parle d'un possible cessez-le-feu. Bonne nouvelle. Mais attention : le détroit d'Hormuz, par où passe 20 % du pétrole mondial, est toujours fermé. La situation ne va pas se normaliser avant 2027 selon les experts. Le risque énergie persiste.

L'or continue de baisser, et c'est contre-intuitif. Le métal est à 4 250 dollars l'once, en baisse de 10 % sur le mois et de 19 % depuis son sommet de fin février. Pourquoi est-ce surprenant ? Parce que l'or est censé être un refuge en cas de stagflation. Mais l'or n'aime pas quand les taux d'intérêt montent : à 0 %, l'or paie autant qu'une obligation. À 4 %, une obligation rapporte 4 % et l'or 0 %. Avec la Fed qui pourrait monter ses taux, l'or perd son attrait. La newsletter de mai avait pris la bonne décision de ne pas sur-pondérer l'or. On garde la même position : neutre, on n'arbitre pas tant que la tendance n'est pas claire.

02 Régime

Le bust inflationniste est confirmé.

Le diagnostic de la newsletter macro du mois de mai reste juste, il prend simplement son nom plein. La « stagflation modérée confirmée » d'il y a quatre semaines, dans la nomenclature stricte de la formation (Boom × Bust × Inflationniste × Déflationniste), s'appelle bust inflationniste. La croissance plafonne (PIB Q1 révisé −0,4 pt à 1,6 % annualisé, real PCE +0,1 % MoM, GDPNow Q2 corrigé de 4,3 % à 3,3 % en trois semaines), pendant que l'inflation accélère (CPI mai 4,2 % YoY plus haut depuis 2 ans, PCE core 3,3 % au-dessus du seuil 2,8 %, ISM Prices Services record). Définition du bust : la dynamique cyclique s'inverse, même si le niveau absolu de PIB reste positif.

Notre conviction passe de moyenne à haute. Cinq des six dimensions de l'audit sont en alerte 4 ou 5, contre quatre dans la newsletter macro du mois de mai. Le score de fragilité gagne sept points (70 → 77). Le NFP solide à +172K et les PMI en hausse sont les seuls signaux contradictoires, mais ils relèvent des soft data (enquêtes de sentiment), pas des hard data. La leçon méthodologique : ne pas conflater enquêtes et production réelle. Le PCE mai (publié 25 juin) sera le prochain test, mais l'arbitrage du mois ne dépend plus de lui.

Méthode
Soft data ≠ hard data

ISM Manuf à 54, ISM Services à 54,5, NFP à +172K : ce sont des soft data, enquêtes de sentiment, sondages d'employeurs. PIB révisé à 1,6 %, real PCE +0,1 %, retail sales réels négatifs : ce sont des hard data, production effective, consommation effective. Dans une transition de régime, les deux divergent toujours. La discipline est de regarder les hard data en priorité, et de traiter les soft data comme indicateurs avancés à confirmer.

On a posé un diagnostic clair : on est en bust inflationniste. C'est un terme technique qui veut simplement dire : l'économie ralentit + les prix montent en même temps. Dans la formation RIFT, on classifie l'économie en quatre grandes situations possibles selon deux questions : 1) l'économie accélère-t-elle ou ralentit-elle ? 2) l'inflation accélère-t-elle ou ralentit-elle ? Aujourd'hui : ralentissement + accélération de l'inflation = bust inflationniste. C'est la situation la plus inconfortable pour les banques centrales et pour les investisseurs.

Notre conviction est passée de moyenne à haute. Sur les 6 dimensions qu'on regarde, 5 sont en alerte forte (4 ou 5 sur 5). Notre « score de fragilité » global est passé de 70 à 77 sur 100 en un mois. Les seuls signaux qui contredisent ce diagnostic sont les sondages (PMI à 54, créations d'emploi à 172K). Mais on a déjà dit pourquoi : ce sont des données « molles » (des enquêtes), pas des chiffres réels. La règle : quand les sondages et les chiffres réels divergent, faire confiance aux chiffres réels.

Méthode
Sondages ≠ chiffres réels

Les sondages auprès des entreprises (PMI, ISM, créations d'emploi) sont des « soft data » : ils mesurent ce que les patrons d'entreprise pensent. Le PIB, la consommation réelle, les ventes au détail déflatées sont des « hard data » : ils mesurent ce qui s'est effectivement passé. Dans une transition de régime économique, les deux divergent toujours pendant quelques mois. Notre discipline : on regarde toujours les hard data en premier, et on utilise les sondages comme indicateurs précurseurs à confirmer.

03 Géographies

Le bust n'est pas global.

Le diagnostic US ne se transpose pas tel quel. Cinq zones, des régimes contrastés : la majorité des pays restent en boom (déflationniste ou inflationniste), avec un Japon en bust déflationniste, un Mexique en bust déflationniste et une France isolée en bust inflationniste. La lecture par pays prime sur la lecture par bloc.

Les États-Unis sont en bust inflationniste, mais ce n'est pas le cas de tout le monde. Quand on regarde le reste du monde, la majorité des pays sont en réalité en « boom » (croissance positive), avec deux variantes : boom déflationniste (croissance + inflation maîtrisée, l'idéal) ou boom inflationniste (croissance + inflation élevée, à surveiller). Trois cas sont en bust : la France isolément en Europe, le Japon (bust déflationniste à cause du choc énergétique), et le Mexique (récession à cause des tarifs américains). La leçon : il faut lire pays par pays, pas par grande zone.

EU.Europe · zone hétérogène, France isolée en bust

Alerte 3 / 5

Lecture par pays plus que par bloc. Allemagne en boom déflationniste (PIB Q1 +0,3 % surprise haussière, HICP en repli à 2,7 %, plan d'investissement 500 mds EUR qui commence à produire). Italie, Espagne, Pays-Bas, Belgique en boom inflationniste (croissance positive + HICP 3,3 à 3,6 %, plus haut zone euro). France isolée en bust inflationniste : PIB Q1 +0,1 %, spread OAT-Bund à 70 bps qui réévalue le risque souverain, dette/PIB 113 %. UK : BoE à 3,75 % (hold 8-1 le 30 avril, prochain MPC 18 juin), CPI avril surprise désinflationniste à 2,8 % via energy price cap, régime boom déflationniste. Suisse, Suède, Norvège également en boom déflationniste. La BCE attendue demain en hausse à 2,25 % (99 % proba) répond à l'inflation tirée par l'énergie, pas à un bust collectif. Sous-pondéré actions zone euro maintenu, mais pour des raisons de risque souverain France et de dépendance énergie, pas de récession généralisée.

L'Europe est très hétérogène, on ne peut pas la lire d'un bloc. L'Allemagne surprend par le haut (croissance +0,3 %, inflation qui retombe à 2,7 %), grâce notamment à un plan d'investissement massif de 500 milliards d'euros. L'Italie, l'Espagne, les Pays-Bas et la Belgique sont en boom inflationniste (croissance qui tient + inflation 3,3 à 3,6 %, la plus haute zone euro). La France est le seul pays qui glisse vers un bust inflationniste : croissance presque nulle (+0,1 %), dette à 113 % du PIB, écart de taux qui se creuse avec l'Allemagne (signe que les marchés réévaluent le risque français). Au Royaume-Uni, la BoE garde son taux à 3,75 % (vote 8-1 le 30 avril) et l'inflation est même retombée à 2,8 % en avril grâce à un plafonnement administratif du prix de l'énergie. La BCE va remonter ses taux demain à 2,25 % pour répondre à l'inflation tirée par l'énergie, mais ce n'est pas le signe d'une crise européenne généralisée. On reste prudent sur les actions européennes, surtout françaises, mais sans dramatisation excessive.

AD.Asie développée · Japon en bust déflationniste, zone très hétérogène

Alerte 3 / 5

Zone fragmentée. Japon en bust déflationniste : BoJ à 0,75 % (hold 28 avril) qui a coupé sa prévision PIB FY2026 de 1,0 % à 0,5 % suite au choc énergie, CPI core hors frais retombé à 1,4 % (3e mois sous cible), USD/JPY à 157 avec interventions MoF. Importateur net d'énergie qui subit le choc plutôt qu'il n'en profite, yen faible qui entretient une inflation importée non relayée par la demande interne. Corée du Sud en boom inflationniste : BoK à 2,50 % (7e hold), CPI mai 3,1 %, soutien des exports semi (+22 %). Australie en bust inflationniste : RBA hike +25 bps à 4,35 % le 5 mai, CPI Q1 à 4,6 %, trimmed mean 3,5 %, fuel +33 %. Singapour, Hong Kong en boom déflationniste (CPI 1,2 à 1,4 %, hub financier qui capte les flux). Allocation Japon repassée en neutre (un bust déflationniste favorise obligations longues et défensives, pas les banques value), sous-pondéré Australie maintenu, neutre Corée.

La zone est très divisée selon les pays. Le Japon est en bust déflationniste : sa banque centrale a coupé sa prévision de croissance à 0,5 % à cause du choc pétrolier, et son inflation hors énergie/alimentation est même retombée à 1,4 %. Le Japon importe son énergie donc il subit la hausse des prix sans en profiter. La Corée du Sud tient bien grâce au boom de l'intelligence artificielle qui dope ses exports de semi-conducteurs (+22 %). L'Australie est en plein bust inflationniste : inflation à 4,6 %, banque centrale qui remonte ses taux à 4,35 %. Singapour et Hong Kong restent calmes (inflation 1 à 1,5 %, statut de hub financier). On passe le Japon en neutre dans l'allocation (avant on était positif, mais en bust déflationniste, ce sont les obligations longues qu'il faut acheter, pas les banques japonaises).

AE.Asie émergente · Chine en boom déflationniste, Philippines en stagflation

Alerte 3 / 5

Chine en boom déflationniste : PIB Q1 +5,0 % (en accélération vs +4,5 % au Q4 2025), portée par industrie et exports. CPI mai 1,2 % (core 1,1 %, alimentaire négatif), mais PPI +3,9 % (plus haut depuis juillet 2022), tiré par le choc Iran et le boom des métaux liés à l'IA (+36,5 %). PBoC à 3,00 % qui garde de la marge. Inde en boom déflationniste : RBI hold à 5,25 % le 5 juin (3e consécutif), CPI avril 3,48 % sous cible, croissance FY27 projetée 6,6 %. Vietnam en boom inflationniste : PIB IMF +7,1 % avec CPI à 5,46 % (plus haut depuis 2020), gagnant du nearshoring. Taïwan en boom déflationniste : PIB +12,65 % YoY (boom IA via TSMC), CPI 1,75 %, CBC à 2,00 %. Philippines en bust inflationniste violent : PIB Q1 +2,8 % (plus bas depuis 5 ans), CPI 7,2 %, BSP qui hike. Allocation Chine et Inde repositionnées en neutre à surpondéré léger (régime porteur), prudence Philippines.

La Chine surprend par le haut : sa croissance accélère à 5 % au premier trimestre (en hausse vs 4,5 % le trimestre précédent), tirée par l'industrie et les exports. Son inflation reste très basse (1,2 %), mais les prix à la production (PPI) rebondissent fortement (+3,9 %), tirés par les métaux pour l'IA. Bref : croissance + inflation contenue, c'est un boom déflationniste, plutôt favorable. L'Inde est dans la même situation (croissance 6,6 %, inflation 3,5 %). Le Vietnam est en plein boom industriel grâce au nearshoring (les entreprises mondiales qui relocalisent leur production). Le cas négatif, ce sont les Philippines : croissance en chute, inflation à 7,2 %, c'est un vrai bust inflationniste. On passe Chine et Inde en neutre voire légèrement positif (avant on évitait), on reste prudent sur les Philippines.

AL.Amérique latine · majoritairement boom inflationniste, Mexique en bust

Alerte 3 / 5

Zone dominée par le boom inflationniste. Brésil : BCB Selic 14,50 % (cut prudent 25 bps le 29 avril, 2e consécutif), IPCA avril 4,39 % au-dessus du target ceiling, expectations 2026 grimpent à 5,04 %. Argentine : désinflation Milei spectaculaire (32,4 % vs 211 % fin 2023), EMAE record en janvier, croissance 2026 attendue +3 à +4 %. Colombie et Pérou en boom inflationniste, banques centrales en pause. Chili en boom déflationniste : CPI mars 2,8 % dans cible, BCCh à 4,50 %, super-cycle cuivre. Cas particulier : Mexique en bust déflationniste. Contraction PIB Q1 selon Banxico, désinflation simultanée headline (4,45 %) et core (4,26 %), dernier cut Banxico le 7 mai à 6,50 % (3-2) qui acte la fin du cycle d'easing (-475 bps cumulés). Le ralentissement US et les tariffs pèsent, nearshoring affaibli court terme. Allocation : exposition sélective Brésil et Argentine sur thèse commodity, prudence Mexique le temps de la stabilisation.

La majorité des pays d'Amérique latine vivent un boom inflationniste : leur économie tient (parfois bien) mais l'inflation reste élevée. Au Brésil, la banque centrale (BCB) a un taux directeur très élevé à 14,50 % pour combattre une inflation à 4,39 % au-dessus de la cible. En Argentine, Milei continue son redressement spectaculaire : inflation passée de 211 % fin 2023 à 32 % en avril 2026, croissance attendue à +3 à +4 % cette année. Colombie et Pérou aussi en boom inflationniste. Le Chili est plus calme grâce au super-cycle du cuivre. Cas particulier : le Mexique entre en bust déflationniste, sa croissance s'est même contractée au premier trimestre. La banque centrale mexicaine a fait son dernier cut le 7 mai à 6,50 % et signale la fin de son cycle de baisses. Le ralentissement américain et les tarifs douaniers pèsent lourdement. Exposition sélective Brésil/Argentine sur le thème matières premières, prudence sur le Mexique.

MEA.MEA émergents · boom hétérogène, pas de bust

Alerte 3 / 5

Aucun pays MEA en bust : zone partagée entre boom inflationniste et boom déflationniste selon l'exposition énergie. Boom inflationniste : Turquie (CBRT à 37 %, CPI mai 32,6 % en re-accélération, lira sous pression à 44), Égypte (CBE à 19 %, CPI 14,9 % en désinflation lente, revenus Suez effondrés −50 %), Pologne (NBP à 5,75 %, croissance +3,5 % tirée par fonds UE). Boom déflationniste : Arabie Saoudite (PIB +3,8 %, CPI 1,7 %, Brent à 93 contre break-even fiscal 85, Vision 2030 finance la diversification), Émirats (PIB 2026 projeté +5,2 %, inflation 1,8 %, hub Dubai), Afrique du Sud (CPI 3,1 % dans cible élargie SARB, structurellement fragile sur chômage 32 %). Les producteurs nets d'énergie profitent du Brent, les importateurs digèrent. Sélection : surpondéré producteurs Golfe (Saoudite, Émirats), sous-pondéré importateurs lourds (Égypte, Maroc).

Aucun pays de cette zone n'est en récession (« bust »), contrairement à ce qu'on aurait pu craindre. Les pays se divisent en deux groupes selon leur dépendance au pétrole. Les producteurs de pétrole du Golfe (Arabie Saoudite, Émirats arabes unis) profitent du Brent élevé et investissent massivement (Vision 2030 saoudienne, Dubai en plein essor) : ils sont en boom déflationniste, l'idéal. L'Afrique du Sud tient grâce au rallye or et platine. Les importateurs de pétrole, eux, sont en boom inflationniste (croissance + inflation élevée) : Turquie (inflation à 32 %, banque centrale à 37 %), Égypte (inflation à 15 %, revenus du Canal de Suez effondrés), Pologne (en pleine croissance grâce aux fonds européens). On privilégie les producteurs du Golfe (Arabie, Émirats), on évite les gros importateurs comme l'Égypte ou le Maroc.

Méthode
Pourquoi cette section

Lecture par pays plutôt que par bloc. La majorité du monde reste en boom (l'Allemagne, la Chine, l'Inde, l'Arabie, le Japon hier encore), mais avec deux régimes opposés selon que l'inflation est maîtrisée (boom déflationniste) ou en accélération (boom inflationniste). Trois exceptions en bust : France isolée en Europe (risque souverain), Japon (choc énergie importé sans demande interne), Mexique (contagion ralentissement US + tariffs). La lecture US ne se transpose pas mécaniquement, et c'est précisément cette hétérogénéité qui crée les opportunités d'allocation par pays.

04 Scénarios

Trois trajectoires, une allocation pondérée.

La méthode des scénarios remplace la prévision unique par une cartographie probabiliste. Pas de choix binaire qui se brise au premier accident : trois trajectoires possibles, chacune avec sa probabilité, ses déclencheurs, sa mécanique attendue, son allocation associée.

Plutôt que de faire une seule prédiction qui sera presque sûrement fausse, on imagine trois scénarios possibles, avec une probabilité chiffrée pour chacun. Le scénario central (le plus probable) sert de base, mais on prépare aussi sa réponse aux deux autres scénarios. Cette discipline évite les erreurs émotionnelles : si le scénario central se réalise, on garde notre allocation. Si l'un des deux autres se déclenche, on sait déjà quoi faire.

Central
60%
Bust inflationniste persistant
  • Cessez-le-feu Iran fragile mais tient, Hormuz reste fermé, Brent oscille 85-100 USD
  • Inflation core stabilise à 2,7–3,0 %, headline reste 3,8–4,3 % via énergie persistante
  • Warsh hold à 3,50–3,75 % au FOMC du 17 juin, dot plot hawkish, 1ère hausse pricée fin 2026
  • Croissance plafonne autour de 1,5–2,5 % annualisé sans bascule en récession
  • Allocation : oblig 2-5Y + TIPS surpond, or neutre, sous-pond HY/cycliques, USD surpond léger
  • Le cessez-le-feu avec l'Iran tient à peu près, le détroit d'Hormuz reste fermé, le pétrole reste cher (85-100 $)
  • L'inflation hors-énergie reste autour de 2,7-3 %, l'inflation totale reste 3,8-4,3 %
  • La Fed garde son taux à 3,5-3,75 % à la réunion du 17 juin, mais signale qu'elle pourrait remonter
  • La croissance reste positive (1,5-2,5 %) mais ne s'accélère pas, pas de vraie récession
  • On garde des obligations courtes, on protège contre l'inflation (TIPS), on évite les actions cycliques
Haussier
20%
Détente énergétique + soft landing
  • Accord US-Iran abouti, Hormuz rouvre, Brent revient vers 75-80 USD
  • Énergie cesse de pousser headline, CPI redescend vers 3 % au T4, core sous 2,5 %
  • Real PCE rebondit, GDPNow Q3 remonte au-dessus de 3,5 %, vraies hard data favorables
  • Warsh reste hold puis ouvre la porte à une baisse en début 2027
  • Surpondération cycliques, EM, neutre matières (sauf énergie)
  • Un accord est trouvé avec l'Iran, le détroit d'Hormuz rouvre, le pétrole redescend à 75-80 $
  • L'énergie cesse de tirer les prix vers le haut, l'inflation redescend vers 3 % en fin d'année
  • La consommation des ménages redémarre, la croissance reprend (au-dessus de 3,5 %)
  • La Fed reste en attente puis pourrait baisser ses taux début 2027
  • On achèterait alors des actions cycliques et des marchés émergents
Baissier
20%
Stagflation pleine (bust amplifié)
  • Conflit Iran reprend ou Hormuz bloque, Brent au-dessus de 115 USD durablement
  • Inflation core dérape vers 3,2–3,8 %, ISM Prices restent > 80, second-round salaires
  • NFP cède sous 80K sur 2 mois, Sahm rule franchie (chômage > 4,5 %), HY OAS > 400 bps
  • Warsh acculé à durcir le ton, dot plot fortement hawkish, ou Fed forcée de pivoter
  • Cash, Treasuries 2-5Y et TIPS surpondéré fort, sortie totale HY, défensif sur actions
  • Le conflit avec l'Iran reprend ou s'aggrave, le pétrole dépasse 115 $ durablement
  • L'inflation dérape vraiment (3,2-3,8 %), les salaires commencent à monter en réaction
  • Les créations d'emploi s'effondrent (sous 80 000 par mois), le chômage dépasse 4,5 %
  • La Fed se retrouve obligée soit de remonter fortement les taux, soit de baisser en urgence
  • Réfugier tout le portefeuille dans le cash, les obligations protégées et les défensifs
05 Allocation

Position recommandée par classe d'actifs.

Pondération du portefeuille de référence en bust inflationniste confirmé. Le surpondéré moyen va aux obligations courtes (carry sûr à 4 % alors que le FOMC du 17 juin est l'événement le plus attendu de l'année), aux TIPS (les breakevens montent avec l'inflation), et aux actions défensives (santé, consommation de base, pricing power préservé). Sous-pondéré fort sur le HY (spreads 282 bps inchangés, asymétrie défavorable maintenue), cycliques et small caps. L'or reste neutre cette édition : le paradoxe persiste, la position de la newsletter macro du mois de mai a été validée par −10 % en quatre semaines, prudence avant un éventuel ajustement.

Voici comment on répartit l'argent dans le portefeuille théorique de référence, sachant qu'on est en bust inflationniste. Les grandes lignes : plus d'obligations courtes (qui rapportent un rendement sûr de 4 % en attendant la décision de la Fed du 17 juin), plus de TIPS (des obligations qui protègent contre l'inflation), plus d'actions défensives (santé, alimentation, les gens consomment toujours même en crise). À l'inverse, on évite fortement les obligations risquées (high yield) et les actions cycliques et small caps (les plus exposées au ralentissement). L'or reste neutre : la newsletter de mai avait raison de ne pas sur-pondérer (l'or a baissé de 10 %), donc on attend avant de bouger.

Classe d'actifs Intensité de position Justification
Cash / monétaire USD
Surpondéré
4 % de rendement, optionalité maximale avant FOMC du 17 juin
Treasuries 2-5Y
Surpond. fort
Carry 4 % + protection si Fed forcée de pivoter en cas d'aggravation
TIPS 5-10Y
Surpond. fort
Breakeven 5Y > 2,7 %, prime d'inflation montante avec CPI 4,2 %
Treasuries 10Y+
Neutre
Risque term premium si déficit US s'aggrave, duration peu rémunératrice
Crédit IG
Sous-pondéré
Spreads compressés ~80 bps (25-yr tight), peu de marge si bust s'aggrave
Crédit HY
Sous-pond. fort
Spreads à 282 bps inchangés malgré bust confirmé, asymétrie sévère
Actions US large cap
Sous-pondéré
Valorisations élevées + bust inflationniste + Warsh hawkish
Actions US small cap / cycliques
Sous-pond. fort
Sensibilité maximale au bust + taux haut + énergie chère
Actions défensives (santé, conso base)
Surpondéré
Pricing power préservé en stagflation, demande inélastique
Énergie
Neutre
Hormuz fermé soutient, mais ceasefire ouvre risque baissier
Actions internationales (EU)
Sous-pondéré
Eurozone Q1 +0,1 % QoQ, BCE hike demain qui durcit
Actions Japon
Neutre
Japon en bust déflationniste (BoJ prévision PIB FY26 coupée à 0,5 %), banques value moins porteuses
Or
Neutre maintenu
Paradoxe persiste (−19 % depuis pic fév), prudence : pas le moment d'arbitrer
Dollar US (long USD)
Surpondéré léger
DXY à 99,8, repricing hawkish matérialisé (FedWatch 70 % proba hausse déc)
Sous-pond. fort Sous-pondéré Neutre Surpondéré Surpond. fort
06 Vigilance

Cinq seuils à surveiller.

Chaque point de vigilance est associé à un seuil chiffré. Pas de termes vagues comme « si ça se dégrade ». Cette discipline permet de réagir mécaniquement quand un seuil est franchi, sans laisser la place aux biais émotionnels.

On définit cinq seuils précis (avec des chiffres) qui, s'ils sont franchis, déclenchent une révision de notre allocation. L'idée : si ces seuils restent sous contrôle, on garde le scénario central. S'ils sont touchés, on bascule mécaniquement vers le scénario baissier. Pas de jugement subjectif, pas d'émotion : juste des chiffres et des actions associées. C'est ce qui permet de résister à la tentation d'attendre ou de réagir trop vite.

  • !
    PCE core mai, seuil critique 3,3 % YoY Publication 25 juin par BEA. Si confirme ou dépasse, passage en stagflation pleine (scénario baissier)
  • !
    Sahm rule, chômage US au-delà de 4,5 % Depuis 4,3 % stable, +0,2 pt déclencherait la règle. NFP juin (3 juillet) est le prochain test
  • !
    Spread HY US au-delà de 400 bps Depuis 282 bps actuel, +118 bps = signal de stress crédit confirmé, sortie totale du HY
  • !
    DXY au-delà de 102 Depuis 99,8 actuel, +2,2 pt = repricing hawkish franchement matérialisé, pression émergents
  • !
    Brent au-delà de 105 USD persistant 4+ semaines Depuis 93 actuel. Si Hormuz se rouvre brutalement ou ceasefire rompt, second-round inflationniste
07 Calendrier

Les publications qui décident du mois.

Voici les data releases prévues d'ici la prochaine édition. Chaque publication peut confirmer ou invalider notre scénario central. Les publications signalées en or sont les plus structurantes, celles qui pourraient déclencher une révision substantielle de l'allocation.

Voici l'agenda des prochaines publications économiques officielles à surveiller. Chacune peut soit confirmer notre scénario central (bust inflationniste persistant) soit le remettre en question. Les publications marquées « CLÉ » en or sont les plus importantes : ce sont celles qui peuvent réellement changer notre allocation. Les autres sont des confirmations utiles mais moins décisives.

  • 10 Juin
    BoC rate decision · Central Bank Super Week, jour 1
    Première décision de la séquence des 5 banques centrales. BoC partagée entre désinflation et choc énergie.
    BoC
  • 11 Juin
    BCE rate decision · 92 % proba hausse CLÉ
    Première hausse BCE depuis septembre 2023 (deposit 2,00 → 2,25 %). Lagarde : « measured adjustment warranted by the data ». Eurozone HICP 3,0 % vs 2,6 %.
    BCE
  • 16–17 Juin
    FOMC Warsh + dot plot révisé CLÉ
    Premier FOMC de l'ère Warsh. Dot plot révisé : signal majeur sur la trajectoire de taux 2026-2027. Premier press conference Warsh. 97 % proba hold, mais c'est le ton qui compte.
    Fed
  • 16–18 Juin
    BoJ rate decision
    Hold à 0,75 % attendu mais biais haussier confirmé (vote 6-3, plusieurs membres demandent hausse sans délai).
    BoJ
  • 17 Juin
    Retail sales mai + Industrial Production mai
    Confirmer le bust : real retail négatif et IP qui décélère ? Ou les soft data (PMI accélérés) gagnent enfin sur les hard data ?
    Census · Fed
  • 18 Juin
    BoE rate decision · Central Bank Super Week, jour 8
    Clôture de la séquence. BoE entre désinflation UK et stagflation marquée. Hold attendu.
    BoE
  • 25 Juin
    PCE mai CLÉ
    Indicateur préféré de la Fed. Vigilance seuil n°1 : si core PCE confirme ou dépasse 3,3 % d'avril, le bust inflationniste passe en stagflation pleine.
    BEA
  • 26 Juin
    PIB Q1 third estimate (final)
    Confirmation ou nouvelle révision du Q1 à 1,6 % annualisé. Real GDI à 0,9 % à surveiller.
    BEA
  • 1 Juillet
    ISM Manufacturing juin
    Vérifier si la décélération des Prices Manuf (84,6 → 82,1) se confirme. PMI continue son rebond ?
    ISM
  • 3 Juillet
    ISM Services juin
    Prices Services à 71,3 (record août 2022). Si nouvelle hausse, diffusion services s'amplifie.
    ISM
  • 3 Juillet
    NFP juin CLÉ
    Vigilance seuil n°2 : chômage > 4,5 % = Sahm rule franchie. NFP > 80K = bust limité ; NFP < 80K sur 2 mois consécutifs = stagflation pleine s'enclenche.
    BLS
  • 11 Juillet
    CPI juin CLÉ
    Dernière publication avant l'édition #003. Test décisif : le MoM core décélère-t-il sous 0,2 % ou repart-il à la hausse ?
    BLS
08 Rétrospective

Confronter le diagnostic au réel.

Cette section confronte chaque mois l'allocation recommandée de l'édition précédente à la performance réelle des classes d'actifs. La discipline du process exige de revenir sur ses recommandations, pas pour se féliciter, mais pour comprendre ce qui s'est passé et ajuster.

Chaque mois, on revient sur les recommandations qu'on avait faites le mois précédent et on regarde honnêtement ce qui a marché et ce qui n'a pas marché. Ce n'est pas pour se féliciter d'avoir eu raison, ni pour s'autocritiquer si on s'est trompé, c'est pour apprendre et améliorer le process. Une bonne décision peut donner un mauvais résultat (et inversement) ; ce qu'on cherche à valider, c'est notre méthode, pas notre chance.

Confrontation · mai → juin

Quatre semaines plus tard, ce que disent les marchés

La newsletter macro du mois de mai a recommandé une allocation construite autour du diagnostic « stagflation modérée confirmée ». Quatre semaines plus tard, voici comment chaque position s'est comportée, sans complaisance, sans dramatisation.

Or, neutre (au lieu de surpond. fort)
✅ Décision validée a posteriori. Or à 4 730 USD/oz au 12 mai, à ~4 250 USD/oz au 9-10 juin : −10 % sur 4 semaines, −19 % depuis le pic de février. Le paradoxe de l'or s'est amplifié, exactement comme anticipé. Position neutre maintenue cette édition.
HY sous-pondéré fort
⏸ Pas encore matérialisé. HY OAS à 279 bps au 12 mai (newsletter macro du mois de mai), à 282 bps sur la dernière observation FRED disponible. Stabilité quasi-totale. Position maintenue : l'asymétrie reste défavorable, le carry de 3 % ne compense pas le risque de widening de 100+ bps dans le scénario baissier.
Obligations courtes surpondéré
✅ Carry conservé. Treasuries 2Y stable autour de 3,80-3,90 %. Pas de mark-to-market négatif. Le carry de 4 % a été perçu intégralement. Position renforcée cette édition (surpondéré fort) + ajout TIPS surpondéré fort.
Scénarios 55 / 20 / 25
⚠ Recalibrage nécessaire. Central (stagflation modérée) validé et même renforcé. Haussier (soft landing) invalidé : inflation a accéléré (CPI 3,8 → 4,2), pas reflué. Baissier (récession) partiellement matérialisé via la stagnation de la consommation réelle (real PCE +0,1 %), mais NFP reste solide. Nouvelle pondération : 60 / 20 / 20.
Score fragilité 70 → 77
Aggravation matérialisée. Croissance passe de 3 à 4 (PIB Q1 révisé, GDPNow corrigé). CFI passe de 2 à 3 (VIX qui remonte). Quatre dimensions à 4 maintenant, une à 5. La vigilance qu'on signalait à 70/100 est devenue plus aiguë à 77/100.
5 seuils de vigilance de la newsletter du mois de mai
1/5 touché. Core PCE > 2,8 % : ✅ touché (3,3 % en avril, +0,5 pt au-dessus du seuil). Chômage > 4,5 % : non (stable 4,3 %). HY > 400 bps : non (282 bps). DXY > 105 : non (99,8). Brent > 115 USD : non (~93 USD). Le seul seuil touché est exactement celui qui confirme le diagnostic central.
09 Discipline

Checklist anti-biais avant validation.

Six biais cognitifs menacent toute décision d'allocation macro. Avant d'exécuter la pondération de cette note, chaque biais a été examiné. La case cochée signifie que la question a reçu une réponse claire et honnête.

Notre cerveau a tendance à nous jouer des tours, surtout en finance : on aime ce qui confirme nos idées, on retient les événements récents plus que les anciens, on se compare à des situations passées même quand ce n'est pas pertinent. Pour résister à ces erreurs (qu'on appelle des « biais cognitifs »), on passe en revue 6 d'entre eux avant chaque décision. Voici comment on les a traités cette fois :

  • Récence · CPI mai à 4,2 % intégré sans extrapolation linéaire, le MoM core qui décélère (+0,2 %) est aussi pris en compte
  • Ancrage · scénarios recalibrés (60/20/20 vs 55/20/25 de la newsletter du mois de mai), pas d'ancrage sur le mois précédent
  • Confirmation · deux scénarios alternatifs (haussier et baissier) à 20 % chacun, le central ne dépasse pas 60 %
  • Représentativité · distinction explicite soft data / hard data dans le diagnostic A, méthode box dédiée en section 02
  • Optimisme · scénario baissier maintenu à 20 % (seuil minimum), or neutre maintenu malgré sa contre-performance qui valide la décision
  • Surconfiance · conviction haute assumée sur le régime (bust inflationniste), conviction moyenne sur les marchés (CFI à 3/5)
"

La discipline du process compte plus que la justesse de la prévision. Les analyses parfaites avec une exécution émotionnelle perdent de l'argent. Les analyses moyennes avec une exécution disciplinée en gagnent.

· Annexe

Portefeuilles types par profil de risque

Trois exemples d'allocations diversifiées géographiquement et construites selon les régimes économiques actuels. Chacun est dimensionné pour un profil de risque distinct et reflète le contexte macro de juin 2026 : choc Iran, BUST INFLATIONNISTE sur les économies importatrices d'énergie (US, FR, JP, AU, PH, TH), BOOM DÉFLATIONNISTE chez les exportateurs commodity et l'Asie (Chine, Inde, Indonésie, Arabie, Norvège, Suisse, UK), BOOM INFLATIONNISTE sur les économies à inflation persistante (Allemagne, Italie, Espagne, Canada, Brésil, Turquie).

Les allocations sont calibrées pour traverser plusieurs régimes tout en exploitant le quadrant dominant du moment. Le portefeuille conservateur surpondère les refuges, le neutre équilibre, l'agressif parie sur la prolongation du super-cycle matières premières.

✓ Les trois portefeuilles sont bien alignés avec le régime macro mondial actuel
Performance depuis inception2026-01-01 → 2026-06-09
Conservateur
+3.32%
Neutre
+6.92%
Agressif
+6.44%
Le portefeuille Neutre domine nettement (+3.60 pts vs Conservateur). Le moteur principal de cette perf est Semi-conducteurs (SMH, +62.5% → 3.13 pts de contribution), suivi par Producteurs énergie (XOP, +29.9% → 1.20 pts).
Conservateur
Risque faible
Préserver le capital avant tout. Tirer parti du choc inflationniste actuel via l'or et les actifs réels, sans s'exposer aux régimes les plus instables. Drawdown maximum attendu autour de 8 %.
🔵
Aligné au régime
Stress de régime 0% · seuil 25% · aligné
Stress de régime pondéré : 0% (seuil d'alerte 25%). L'allocation reste cohérente avec les régimes en vigueur.
Action suggérée : Maintenir l'allocation.
Performance · base 01/01/2026
au 2026-06-09
Mois en cours
-1.61 %
Depuis le 01/01/26
+3.32 %
Évolution (base 100 au 2026-01-01)
Top contributeurs à la performance · 13 positions
XLE
Énergie US
+29.0%
+2.03 pts
NORW
Norvège
+22.6%
+0.68 pts
ITA
Défense globale
+7.3%
+0.59 pts
XLP
Conso staples US
+8.3%
+0.33 pts
EWC
Canada
+7.6%
+0.30 pts
Base 100 au 01/01/2026 · allocation type figée rejouée sur l'année (performance simulée, pas un track record réel, les portefeuilles sont suivis en réel depuis le 01/05). « Mois en cours » = dernière jambe mesurée.
Or et métaux
25 %
Cash / monétaire
20 %
Obligations courtes
18 %
Défensives actions
15 %
Énergie / commodity
10 %
Défense
8 %
Exportateurs sains
4 %
Refuges et liquidité
Or physique adossé
18 %
Miners aurifères diversifiés
7 %
Cash USD monétaire 4-5 %
20 %
Obligations courtes (carry sécurisé)
Treasury 1-3 ans US
12 %
Investment Grade short duration
6 %
Défensives géographiquement diversifiées
Santé US (pricing power inélastique)
5 %
Conso staples US
4 %
Suisse (refuge FX + santé)
3 %
Utilities US
3 %
Hedge inflation et géopolitique
Énergie US large
7 %
Norvège (pétrole + GPFG)
3 %
Défense globale (LMT, RTX, NOC)
8 %
Exposition exportateurs sains
Canada (BOOM DÉFLA, énergie)
4 %
États-Unis
45%
Or (global)
25%
Cash USD
20%
Europe DEV
6%
Canada
4%
Régimes favorables

• BUST INFLATIONNISTE (stagflation)

• BUST DÉFLATIONNISTE (or pivote)

• BOOM INFLATIONNISTE (or et énergie)

Régimes défavorables

• BOOM DÉFLATIONNISTE soutenu (sous-performance vs S&P)

Volatilité estimée
7-9 %
Drawdown max attendu
~8 %
Horizon recommandé
3-5 ans
Neutre
Risque modéré
Équilibre actions et hedge réel. Diversifier géographiquement entre exportateurs commodity en BOOM DÉFLATIONNISTE et défensives en BUST INFLATIONNISTE. Profil dimensionné pour traverser plusieurs régimes sans casser. Drawdown maximum attendu autour de 15 %.
🔵
Aligné au régime
Stress de régime 24% · seuil 25% · aligné
Stress de régime pondéré : 24% (seuil d'alerte 25%). L'allocation reste cohérente avec les régimes en vigueur. À surveiller : SPY (S&P 500 · BUST INFLATIONNISTE), SMH (Semi-conducteurs · BUST INFLATIONNISTE), LQD (Investment Grade · BUST INFLATIONNISTE), EWW (Mexique · BUST DÉFLATIONNISTE), TLT (Treasury 20+Y · BUST INFLATIONNISTE).
Action suggérée : Maintenir l'allocation.
Performance · base 01/01/2026
au 2026-06-09
Mois en cours
-1.16 %
Depuis le 01/01/26
+6.92 %
Évolution (base 100 au 2026-01-01)
Top contributeurs à la performance · 20 positions
SMH
Semi-conducteurs
+62.5%
+3.13 pts
XOP
Producteurs énergie
+29.9%
+1.20 pts
XLE
Énergie large
+29.0%
+1.16 pts
SPY
S&P 500
+8.1%
+0.81 pts
EWC
Canada
+7.6%
+0.53 pts
Base 100 au 01/01/2026 · allocation type figée rejouée sur l'année (performance simulée, pas un track record réel, les portefeuilles sont suivis en réel depuis le 01/05). « Mois en cours » = dernière jambe mesurée.
Actions DEV
25 %
Actions EM
21 %
Or et métaux
15 %
Obligations
14 %
Énergie / commodity
12 %
Défense
5 %
Tech AI
5 %
Cash
3 %
Actions développés (équilibre core / exportateurs)
S&P 500 (core US)
10 %
Canada (énergie + matières)
7 %
Australie (allégée, BUST INFLA Stress)
2 %
Suisse / Allemagne défensives
6 %
Actions émergents (commodity et croissance)
Inde (croissance structurelle, renforcée)
9 %
Brésil (commodity, taux réels)
5 %
Arabie Saoudite (Vision 2030, renforcée)
4 %
Mexique (nearshoring)
3 %
Or et hedge inflation
Or physique
10 %
Miners aurifères
5 %
Obligations diversifiées
Treasury 1-3 ans (carry)
8 %
Investment Grade
4 %
Treasury 20+ ans (pari duration)
2 %
Thématiques structurelles
Énergie globale
8 %
Cuivre (électrification)
4 %
Défense (géopolitique)
5 %
Semi-conducteurs (AI cycle)
5 %
Liquidité
Cash USD
3 %
États-Unis
45%
Or / Commodity
19%
Asia EM
9%
LATAM
8%
Canada
7%
Europe DEV
6%
EMEA EM
4%
Asia DEV
2%
Régimes favorables

• BOOM DÉFLATIONNISTE des EM commodity

• BOOM INFLATIONNISTE soutenu

• BUST INFLATIONNISTE modéré

Régimes défavorables

• BUST DÉFLATIONNISTE généralisé (récession mondiale)

• Choc déflationniste extrême (style 2020)

Volatilité estimée
12-14 %
Drawdown max attendu
~15 %
Horizon recommandé
5-7 ans
Agressif
Risque élevé
Surpondération massive des marchés émergents commodity et des actifs réels. Pari assumé sur la prolongation du super-cycle matières premières et la rotation vers les pays exportateurs en BOOM. Drawdown maximum attendu autour de 25 % en cas de retournement.
🔵
Aligné au régime
Stress de régime 18% · seuil 25% · aligné
Stress de régime pondéré : 18% (seuil d'alerte 25%). L'allocation reste cohérente avec les régimes en vigueur. À surveiller : SMH (Semi-conducteurs · BUST INFLATIONNISTE), QQQ (Nasdaq 100 · BUST INFLATIONNISTE), EWW (Mexique · BUST DÉFLATIONNISTE), IBIT (Bitcoin BlackRock · BUST INFLATIONNISTE).
Action suggérée : Maintenir l'allocation.
Performance · base 01/01/2026
au 2026-06-09
Mois en cours
-4.59 %
Depuis le 01/01/26
+6.44 %
Évolution (base 100 au 2026-01-01)
Top contributeurs à la performance · 23 positions
SMH
Semi-conducteurs
+62.5%
+3.75 pts
XOP
Producteurs énergie
+29.9%
+2.10 pts
QQQ
Nasdaq 100
+16.6%
+0.99 pts
EWZ
Brésil
+7.1%
+0.71 pts
NORW
Norvège
+22.6%
+0.68 pts
Base 100 au 01/01/2026 · allocation type figée rejouée sur l'année (performance simulée, pas un track record réel, les portefeuilles sont suivis en réel depuis le 01/05). « Mois en cours » = dernière jambe mesurée.
Actions EM
42 %
Or et miners
15 %
Énergie / commodity
20 %
Tech AI
12 %
Actions DEV ciblées
7 %
Crypto
1 %
Cash tactique
3 %
Émergents commodity (cœur du portefeuille)
Brésil (commodity king LATAM)
10 %
Inde (croissance et démographie)
9 %
Indonésie + Vietnam (nickel, manuf)
7 %
Arabie Saoudite (Vision 2030)
6 %
Mexique (nearshoring, USMCA)
5 %
Argentine (turnaround Milei)
5 %
Or et métaux précieux
Miners aurifères (levier, renforcés)
10 %
Or physique (ancrage)
5 %
Matières premières et énergie
Producteurs énergie purs
7 %
Cuivre et mining diversifié (renforcés)
7 %
Uranium (renaissance nucléaire)
6 %
Tech AI résiliente (DEV ciblé)
Semi-conducteurs (cycle CapEx AI)
6 %
Nasdaq 100 (mega-caps tech)
6 %
Autres convictions
Bitcoin (poche tactique réduite)
1 %
Canada énergie
4 %
Norvège (pétrole + GPFG)
3 %
Liquidité tactique
Cash USD pour opportunisme
3 %
Or / Commodity
27%
États-Unis
22%
LATAM
20%
Asia EM
16%
EMEA EM
6%
Canada
5%
Europe DEV
3%
Crypto
1%
Régimes favorables

• BOOM DÉFLATIONNISTE des EM commodity

• BOOM INFLATIONNISTE soutenu

• Super-cycle matières premières

Régimes défavorables

• BUST DÉFLATIONNISTE mondial (récession EM)

• Choc dollar fort prolongé

• Effondrement appétit risque global

Volatilité estimée
20-25 %
Drawdown max attendu
~25 %
Horizon recommandé
7-10 ans
Méthodologie et avertissement. Performances calculées via tracking individuel de chaque ETF de chaque position, pondéré par les poids d'allocation. Prix vérifiés sur Yahoo Finance, Investing.com et TradingView. Quand une position liste plusieurs tickers (ex: "GLD, IAU"), le premier est utilisé comme référence. Ces trois portefeuilles restent des exemples illustratifs destinés à matérialiser comment la mécanique des régimes RIFT se traduit en allocation concrète. Les performances sont brutes en USD, hors frais de transaction et fiscalité. Faire ses propres recherches et, si nécessaire, consulter un conseiller financier réglementé.
À retenir · Édition #002

La discipline mensuelle bat
la prévision géniale.

Cette note suit la méthode complète de la Formation Macro-Économie : diagnostic des six dimensions, identification du régime, scénarios probabilisés, allocation cohérente, checklist anti-biais. Chaque mois, le RIFT Macro Desk applique le même process.

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