Note macro économique - Septembre 2026
La détente d'août était un leurre.
Warsh ré-ancre le hawkish, la croissance lâche.
La détente de mi-août était un leurre. Les prints de juillet ont d'abord rassuré : CPI headline à 3,4 %, core à 2,5 %, PPI à 4,7 %, faisant tomber la proba de hausse de septembre à ~33 %. Puis Warsh a claqué la porte à Jackson Hole le 28 août : les bons chiffres de l'été « ne montrent pas d'amélioration significative des tendances sous-jacentes », et il juge les conditions financières « pas restrictives ». La proba de hausse est repartie à ~60 %, le 2Y à 4,30 %. Surtout, le PCE core, la jauge de la Fed, remonte à 3,3 % (3,34 contre 3,29), pendant que les tarifs US-Canada et l'énergie (Iran ré-escalade, Brent ~89) rallument le risque prix. En face, la croissance lâche : NFP juillet à −23K (première contraction), révisions de −103K sur mai-juin, retail sales à −0,6 %, participation à 61,4 %. La Fed est coincée : resserrer contre l'inflation dans une économie qui ralentit. Le piège stagflationniste se referme.
À la mi-août, tout semblait se calmer : l'inflation de juillet ralentissait (prix à la consommation à 3,4 %) et le marché pariait que la banque centrale ne monterait pas ses taux. Puis, le 28 août à Jackson Hole, le président de la Fed, Kevin Warsh, a tenu un discours ferme : pour lui l'inflation n'est pas vaincue, et il n'exclut pas de monter les taux. Les marchés ont aussitôt reparié une hausse (environ 60 % de probabilité en septembre). De fait, l'inflation que surveille la Fed (le PCE) est repartie légèrement à la hausse, pendant que de nouveaux droits de douane avec le Canada et la tension avec l'Iran (pétrole à ~89 dollars) menacent de refaire monter les prix. En même temps, l'emploi se dégrade nettement : l'économie a détruit 23 000 postes en juillet, et les mois précédents ont été fortement revus à la baisse. La Fed est prise au piège : elle devrait durcir pour l'inflation, mais l'économie ralentit. L'étau stagflationniste se resserre.
65 mois au-dessus de la cible Fed
Hausse septembre à ~60 %
Hormuz bloqué, spike le 31/08
Dollar faible, or aux records
Indicateur synthétique des 6 dimensions
Score calculé à partir des niveaux d'alerte de chaque dimension (1 à 5). À 83/100, la fragilité bondit de 12 points en un mois (vs 71 en août), car la détente de mi-août était un leurre. Deux dimensions se retendent nettement : la croissance (4→5, NFP juillet à −23K, révisions de −103K sur mai-juin, retail sales à −0,6 %, participation à 61,4 %) et le crédit (2→4, HY OAS à 275 bps, compression extrême et asymétrie défavorable). Les autres restent au plus haut : politique monétaire à 5 (Warsh hawkish à Jackson Hole, hausse de septembre à ~60 %, conditions jugées « pas restrictives »), inflation à 4 (CPI core à 2,5 % mais PCE core qui remonte à 3,3 %, tarifs US-Canada et énergie), CFI à 4 (30Y à 5,25 %, Trésor forcé d'intervenir sur le long terme) et devises à 4 (dollar sous 100, or aux records à ~4 485). La Fed est coincée : resserrer contre l'inflation dans une économie qui ralentit.
On a noté chacune des 6 dimensions de 1 (tout va bien) à 5 (alerte maximale), puis combiné le tout sur 100. À 83/100, la fragilité bondit : +12 points en un mois (on était à 71 en août). La détente de la mi-août n'a pas tenu. Deux choses empirent : l'emploi se dégrade nettement (23 000 postes détruits en juillet, et les mois passés revus fortement à la baisse), et le crédit d'entreprise devient dangereusement bon marché (les investisseurs se font très peu payer pour le risque). Le reste reste tendu : la banque centrale durcit le ton (hausse probable en septembre), l'inflation qu'elle surveille repart un peu, les taux longs restent très hauts, et le dollar est fragile pendant que l'or bat des records. Bref, on monte franchement en zone de vigilance élevée.
Dashboard momentum · 12 indicateurs sur 3 mois
54,0
54,5
63
4,3
4,2
2,9
82,1
3,625
16,5
282
101,3
4 020
- ↑ Warsh ferme la porte à Jackson Hole. Le 28 août, pour son 100e jour, il recommet à la cible PCE de 2 %, juge les conditions financières « pas restrictives » et rejette la forward guidance. La proba d'une hausse en septembre bondit de ~36 % à ~60 %, le 2Y remonte à 4,30 %. Le message est net : les bons chiffres de l'été ne changent pas la trajectoire de fond.
- ↑ Le CPI baisse mais le PCE remonte. CPI juillet à 3,4 % (core 2,5 %), PPI à 4,7 % : la lecture de surface est bonne. Mais le PCE core, la jauge de la Fed, remonte à 3,3 % (3,34 vs 3,29 en juin). C'est cette mesure qui pilote la décision, et elle repart dans le mauvais sens.
- ↓ La croissance décroche pour de bon. NFP juillet en contraction à −23K (vs +80K attendu), révisions de −103K sur mai-juin, retail sales à −0,6 %, participation à 61,4 % (plus bas 5 ans). Seul l'ISM manufacturier tient (55,6, plus haut 4 ans, porté par IA, défense et reshoring).
- ↑ Deux nouveaux risques prix. Les négociations tarifaires US-Canada sont rompues (28 août, droits sur ~20 Mds$ et représailles) et l'Iran ré-escalade sur Hormuz, poussant le Brent vers ~89. Les anticipations d'inflation Michigan tiennent à 4,3 % (5e mois consécutif au-dessus de 4 %).
- ↑ Stress obligataire, le Trésor intervient. Le 10Y grimpe à 4,75 % (plus haut depuis janvier 2025), le 30Y à ~5,25 % ; le Trésor double ses rachats de dette longue pour plafonner les taux. Le VIX reste bas (~15, complaisance), le S&P à ~7 680 après un record à 7 816, l'or aux records (~4 485). Score 71 → 83, scénarios 45/10/45. À surveiller : NFP août (4 sept), CPI août (11 sept), FOMC 15-16 sept.
- ↑ La Fed referme la porte. Le 28 août, à Jackson Hole, son président Warsh a tenu un discours ferme : il vise toujours 2 % d'inflation et juge que les taux ne sont pas assez hauts. Résultat, les marchés parient désormais à ~60 % (contre ~36 %) sur une hausse des taux en septembre.
- ↑ L'inflation baisse, mais pas celle que regarde la Fed. L'inflation « grand public » (CPI) est retombée à 3,4 %. Mais la mesure que la Fed surveille vraiment (le PCE) est repartie à la hausse, à 3,3 %. C'est cette dernière qui compte pour ses décisions, et elle va dans le mauvais sens.
- ↓ L'emploi casse. En juillet, l'économie a détruit 23 000 emplois (on en attendait +80 000), et les chiffres des deux mois précédents ont été revus fortement à la baisse (−103 000). Les ventes de détail reculent aussi. Le marché du travail se retourne vraiment.
- ↑ Deux nouveaux risques sur les prix. Les États-Unis et le Canada ont rompu leurs négociations commerciales (nouveaux droits de douane), et les tensions avec l'Iran font remonter le pétrole (Brent vers 89 $). Ces deux facteurs risquent de relancer l'inflation.
- ↑ Taux longs très hauts, l'État intervient. Le taux d'emprunt de l'État américain à 10 ans est au plus haut depuis janvier 2025 (4,75 %). Pour éviter que ça dérape, le Trésor rachète davantage de sa propre dette. Le dollar reste faible, l'or bat des records, et la bourse reste étrangement calme.
Le régime bust inflationniste se durcit : la Fed est coincée, contrainte de resserrer contre l'inflation dans une économie qui décroche. La détente de mi-août était un leurre. À Jackson Hole le 28 août, Warsh ré-ancre le hawkish : il recommet à la cible PCE de 2 %, juge les conditions financières « pas restrictives » et rejette la forward guidance. La proba de hausse en septembre passe de ~36 % à ~60 %. Dans le même temps, le CPI de juillet baisse (3,4 %, core 2,5 %) mais le PCE core, la jauge de la Fed, remonte à 3,3 %. Et la croissance craque : NFP juillet à −23K, révisions de −103K sur mai-juin, retail −0,6 %, participation à 61,4 %. Seul l'ISM manufacturier (55,6) tient encore.
Le stress se loge dans les taux longs. Le 10Y grimpe à 4,75 % (plus haut depuis janvier 2025), le 30Y à ~5,25 %, au point que le Trésor double ses rachats de dette longue. Le VIX reste bas (~15), le S&P proche de ses records (~7 680, pic à 7 816), l'or aux records (~4 485), le DXY sous 100 (~99,5). Notre allocation reste défensive et se renforce : cash et Treasuries 2-5Y surpond, TIPS surpond fort (le rebond énergie menace de réancrer le core), HY sous-pond fort (275 bps, compression extrême), actions US sous-pond renforcé. Deux ajustements : or passe à surpond léger et énergie passe à surpond léger (hedge géopolitique et inflation). Dollar neutre, Japon surpond léger. Score de fragilité 71 → 83, scénarios 45/10/45. À surveiller : NFP août (4 sept), CPI août (11 sept), FOMC 15-16 septembre.
On reste dans le même régime (« bust inflationniste » = les prix restent élevés alors que l'économie ralentit), mais il se durcit. La banque centrale américaine (la Fed) est piégée : elle devrait baisser les taux pour aider l'économie qui ralentit, mais elle ne peut pas car l'inflation résiste. Fin août, son président a tenu un discours très ferme et les marchés parient maintenant à ~60 % sur une hausse des taux en septembre. Pendant ce temps, l'économie va mal : elle a détruit 23 000 emplois en juillet, et l'inflation que surveille la Fed est même repartie légèrement à la hausse.
Le stress s'est logé dans les taux d'intérêt. Les taux d'emprunt de l'État à long terme sont au plus haut depuis janvier 2025, au point que le Trésor américain rachète davantage de sa dette pour les calmer. Le dollar reste faible, l'or bat des records, et la bourse reste bizarrement calme. Notre stratégie reste prudente et se renforce : beaucoup de cash et d'obligations courtes (rendement sûr), de la protection contre l'inflation, et on évite les obligations risquées et les actions américaines. Deux ajustements ce mois : on passe l'or et l'énergie en « légèrement positif » (protection contre la géopolitique et l'inflation). À surveiller : l'emploi (4 sept), l'inflation (11 sept) et la réunion de la Fed (15-16 sept).
La discipline du process commence ici. Le message clé en quatre lignes maximum est la seule partie qui doit absolument être lue avant chaque décision de la période. Les six sections suivantes en sont la justification détaillée. Si vous n'avez que deux minutes, ce paragraphe suffit à orienter votre lecture du mois.
Six dimensions, une seule lecture.
Le tableau de bord macro ne s'improvise pas. On le lit dans l'ordre, de la macro réelle aux marchés financiers, pour que le diagnostic reste ancré dans l'économie et non dans le bruit. Six dimensions, vingt-cinq indicateurs prioritaires, un régime qui ressort par convergence.
Pour comprendre l'économie mondiale, on regarde toujours six grands sujets dans le même ordre : la croissance (l'économie grandit-elle ?), l'inflation (les prix montent-ils ?), la politique monétaire (les banques centrales agissent comment ?), les conditions financières (les marchés sont-ils détendus ou stressés ?), le crédit (les entreprises empruntent-elles dans de bonnes conditions ?), et les devises et matières premières (le dollar, le pétrole, l'or). En combinant ces six informations, on obtient un diagnostic global.
A.Croissance · le décrochage se confirme
Alerte 5 / 5Le PIB Q2 (2e estimation, publiée 26 août) est confirmé à 1,5 % annualisé, contre 2,1 % au Q1. Mais le choc du mois vient de l'emploi : le NFP de juillet ressort en contraction, à −23K (le marché attendait +80K), avec des révisions massives, −103K cumulés sur mai et juin (juin ramené de +57K à +20K). Le chômage recule à 4,1 %, mais toujours pour la mauvaise raison : la participation tombe à 61,4 %, plus bas depuis cinq ans. La conso suit : ventes au détail de juillet à −0,6 % (premier recul depuis octobre 2025) et sentiment du Michigan à 51. À contre-courant, l'ISM manufacturier bondit à 55,6 (plus haut en quatre ans, tiré par l'IA, la défense et le reshoring) : l'économie est coupée en deux, des usines qui tournent, un marché du travail qui se fissure. On relève la dimension de 4 à 5.
La croissance ralentit et, surtout, l'emploi se retourne. Au deuxième trimestre, l'économie a crû de 1,5 % seulement (contre 2,1 % avant). Mais en juillet, elle a carrément détruit 23 000 emplois, alors qu'on en attendait 80 000 de créés, et les mois précédents ont été fortement revus à la baisse. Le chômage descend à 4,1 %, mais uniquement parce que des gens arrêtent de chercher du travail. Les Américains dépensent aussi moins et ont le moral en berne. Seule l'industrie tient bon. Bref, le marché du travail lâche.
B.Inflation · le répit ne tient pas, Warsh ferme la porte
Alerte 4 / 5Les prints de juillet rassurent d'abord. Le CPI headline (publié 12 août) tombe à 3,4 % YoY (contre 3,5 % en juin), le core à 2,5 % (contre 2,6 %), et le PPI est stable sur le mois, à 4,7 % YoY (contre 5,5 %). La désinflation énergie de juin se prolonge, et la proba de hausse Fed en septembre tombe à ~33 %. Sur le papier, un bon mois d'inflation.
Mais le répit ne tient pas. Le PCE core de juillet (publié 26 août), la jauge que suit la Fed, remonte à 3,3 % (3,34 contre 3,29) : le CPI et le PCE divergent, et c'est le PCE qui compte. Surtout, Warsh referme la porte à Jackson Hole (28 août) : les bons chiffres de l'été « ne montrent pas d'amélioration significative des tendances sous-jacentes », et il juge les conditions financières « pas restrictives ». La proba de hausse repart aussitôt à ~60 %.
Deux nouveaux risques prix s'ajoutent : les tarifs US-Canada (négos rompues le 28 août, droits sur 20 Mds$ et représailles) et l'énergie (Iran ré-escalade, Brent ~89). Les anticipations d'inflation du Michigan grimpent à 4,3 % (5e mois au-dessus de 4 %). Le seuil critique reste PCE core > 3,5 % : au-delà, une hausse en septembre devient le scénario central. On maintient la dimension à 4 : le réalisé décélère, mais la jauge de la Fed, les tarifs et l'énergie disent l'inverse.
Le piège du mois tient en une phrase : le CPI baisse mais le PCE, la jauge de la Fed, remonte. Warsh regarde le PCE, pas le CPI, et il l'a dit clairement à Jackson Hole. Avec les tarifs US-Canada et l'énergie qui rallument les prix, la désinflation de l'été ressemble à un creux, pas à une tendance.
En juillet, l'inflation « grand public » (CPI) a encore ralenti, à 3,4 % sur un an (contre 3,5 % en juin et 4,2 % en mai). L'inflation « profonde » (hors énergie et alimentation) est à 2,5 %. Sur le papier, c'est une bonne lecture.
Mais voici le piège : la mesure que la Fed surveille vraiment, le PCE, est repartie à la hausse (3,3 %). Le bon chiffre du CPI cache une inflation de fond qui ne recule plus. Et deux forces poussent les prix : les droits de douane US-Canada et le pétrole (Iran). C'est pourquoi le patron de la Fed refuse de crier victoire, et pourquoi trois membres voulaient déjà monter les taux.
En clair : la désinflation de l'été ressemble à un creux, pas à une tendance. C'est pour ça que la Fed reste ferme. Le seuil critique à surveiller : si le PCE core (à 3,3 % aujourd'hui) repasse au-dessus de 3,5 %, une hausse des taux en septembre devient très probable (elle est déjà jugée probable à ~60 %).
Le piège du mois en une phrase : le CPI baisse, mais le PCE, la vraie boussole de la Fed, remonte. CPI à 3,4 %, mais PCE core qui repart à 3,3 % avec les tarifs et l'énergie. C'est pourquoi les banques centrales restent fermes au lieu de se réjouir.
C.Politique monétaire · Warsh ferme la porte à Jackson Hole
Alerte 5 / 5L'événement du mois est le discours de Warsh à Jackson Hole (28 août), son 100e jour à la tête de la Fed. Après un FOMC de juillet jugé confus (hold à 3,50-3,75 %, mais vote 9-3, trois dissidents pour une hausse, le plus depuis 2016, et projections d'inflation relevées), il clarifie sa ligne : il recommet à la cible PCE de 2 %, refuse de crier victoire (les bons chiffres de l'été « ne montrent pas d'amélioration significative des tendances sous-jacentes »), et surtout juge les conditions financières « pas restrictives », un net virage vs juillet. Il rejette la forward guidance. Réaction immédiate : la proba de hausse en septembre repart de ~36 % à ~60 % au CME, le 2Y bondit à 4,30 %, l'or reflue.
Les autres grandes banques centrales n'ont pas réuni en août et restent sur leurs décisions de juillet, toutes avec un biais restrictif : BCE à 2,25 %, BoJ à 1,00 % (Ueda ayant signalé une hausse possible dès septembre/octobre, le yen restant faible vers 159 après l'intervention conjointe de fin juillet), BoE à 3,75 %. Personne ne baisse, tout le monde surveille l'inflation. Warsh se retrouve aussi ouvertement à contre-courant de Trump, qui réclame des baisses.
Le fil conducteur : le « higher for longer » se durcit alors même que la croissance décroche. C'est le cœur du piège du mois. Le prochain rendez-vous est le FOMC des 15-16 septembre, et il se jouera sur deux chiffres : l'emploi d'août (4 septembre) et le CPI d'août (11 septembre). Ce resserrement maintenu contre une économie qui faiblit est exactement ce qui garde les taux longs à leurs plus hauts pluriannuels.
Le grand moment du mois, c'est le discours de Kevin Warsh, le président de la Fed, à Jackson Hole le 28 août. Il a tenu un discours ferme : pour lui, l'inflation n'est pas vaincue et les taux ne sont pas assez élevés (« conditions pas restrictives »). Résultat, les marchés, qui pariaient sur une pause, se sont remis à parier une hausse en septembre (environ 60 % de probabilité). Rappel : lors de la réunion de fin juillet, trois membres voulaient déjà monter les taux, du jamais-vu depuis 2016.
Les autres grandes banques centrales n'ont pas de réunion en août et restent sur leurs positions de juillet, toutes fermes : la BCE à 2,25 %, la Banque du Japon à 1 % (une hausse possible en septembre, le yen restant faible vers 159), la Banque d'Angleterre à 3,75 %. Personne ne baisse ses taux.
Le point clé : la Fed durcit le ton alors même que l'économie ralentit. C'est le piège du mois. Prochaine réunion les 15-16 septembre, décidée par deux chiffres à venir : l'emploi et l'inflation d'août. Cette fermeté maintenue face à une économie qui faiblit est exactement ce qui maintient les taux longs à leurs plus hauts depuis des années.
D.Conditions financières · stress obligataire persistant, le Trésor intervient
Alerte 4 / 5Le stress reste logé dans les taux, pas dans les actions. Le VIX est retombé à ~15 au 31 août (contre 17 fin juillet), signe d'une complaisance persistante, et le S&P 500 a inscrit un nouveau record en séance (7 816 le 13 août) avant de refluer vers ~7 680 après Warsh. Mais la vraie tension est obligataire : le 10Y à 4,75 % (plus haut depuis janvier 2025) et le 30Y à ~5,25 %, près de son plus haut pluriannuel. Fait nouveau et parlant : le Trésor est contraint d'intervenir, doublant ses rachats de dette longue (2 → 4 Mds$ et plus, possible recours au compte général de ~1 000 Mds$) pour tenter de plafonner les taux longs. On maintient l'alerte à 4 : actions et volatilité calmes, mais le marché obligataire envoie un signal si fort que l'État doit intervenir.
Le VIX, « l'indice de la peur » de la bourse, est retombé bas à 15 (contre 17 fin juillet) : la bourse reste calme, elle a même battu un record en août. Mais le stress s'est déplacé vers les taux d'intérêt à long terme : le taux à 10 ans est à 4,75 % (plus haut depuis janvier 2025) et le 30 ans à ~5,25 %. C'est si tendu que le Trésor américain a dû intervenir en rachetant de la dette longue pour tenter de calmer les taux. La bourse est sereine, le marché obligataire ne l'est pas.
E.Crédit · compression extrême, asymétrie dangereuse
Alerte 4 / 5Les spreads restent au plus serré depuis 25 ans. L'ICE BofA HY OAS est autour de 275 bps (contre 284 fin juillet), l'IG à ~80 bps, le BBB à ~100 bps, près de leurs tights historiques. Le crédit n'a matérialisé aucun stress, mais c'est précisément le problème : à ce niveau de compression, l'asymétrie est extrême. Presque aucune marge de resserrement, énormément de marge d'élargissement si le scénario baissier (hausse Fed dans une économie qui casse) se réalise. Conformément à la méthode, une compression de spreads à ce point n'est pas un signe de calme mais de fragilité : on relève la dimension de 2 à 4.
La sous-pondération HY fort n'est plus une simple assurance lointaine : avec une Fed qui menace de resserrer dans une économie qui décroche, le tail risk de crédit remonte. On ne touche pas au principal pour quelques bps de carry, mais on présente désormais le stress comme un risque actif, cohérent avec un scénario baissier relevé à 45 %.
Le crédit est le compartiment le plus complaisant du système. La discipline n'est pas de se rassurer parce que les spreads ne bougent pas, mais de voir que des spreads aussi serrés, dans un régime où la Fed pourrait resserrer contre une économie qui faiblit, sont un signal de fragilité, pas de calme. On garde la sous-pondération HY et on la traite comme un risque qui se rapproche.
Quand une entreprise emprunte, elle paie un taux plus élevé qu'un État : c'est le « spread ». Plus il est serré, moins on est payé pour le risque. Pour les obligations risquées (« high yield »), il est à 275 points de base (2,75 %), au plus serré depuis 25 ans. Le crédit n'a montré aucun stress, mais c'est justement le danger : on est très peu payé pour un risque élevé. On relève donc cette dimension de 2 à 4 : cette sérénité extrême est un signe de fragilité, pas de calme.
Si le mauvais scénario se réalise (la Fed remonte ses taux alors que l'économie ralentit), ce spread s'élargira brutalement, et vite. On reste donc à l'écart des obligations risquées, non plus comme une simple assurance lointaine, mais parce que le danger se rapproche.
Le crédit reste calme, mais des spreads aussi serrés dans une économie qui faiblit ne sont pas rassurants : ils veulent dire qu'on n'est pas payé pour le risque. On garde la position d'évitement des obligations risquées, et on la considère désormais comme un risque qui se rapproche, pas comme une assurance pour plus tard.
F.Devises et matières · dollar faible, énergie tendue, or aux records
Alerte 4 / 5Le DXY reste sous 100, à ~99,5 au 31 août (vs 99,8 fin juillet). Malgré une Fed ferme, le dollar ne se redresse pas : la prime de terme US inquiète, le Trésor doit intervenir sur le long terme, et le billet vert peine à jouer son rôle de refuge dans un stress obligataire domestique. Le yen reste faible, USD/JPY ~159, après l'intervention conjointe US-Japon de fin juillet. Le 10Y grimpe à 4,75 % (plus haut depuis janvier 2025) et le 30Y à ~5,25 %.
Le Brent reste tendu à ~89 USD/baril, avec un spike le 31 août sur une nouvelle ré-escalade Iran. Hormuz reste bloqué (l'Iran refuse de rouvrir sans concessions, blocus naval US), et l'AIE prévient du déficit d'offre le plus large depuis cinq ans. La prime géopolitique ne se dégonfle pas. Avec les tarifs US-Canada, c'est le second moteur du risque inflation qui empêche la Fed de baisser la garde. C'est le driver de fond du régime.
L'or bat des records. Le métal monte à ~4 485 USD/oz (+9 % sur le mois, pic ~4 570 avant de refluer après Warsh), porté par le dollar faible, la couverture géopolitique et la fuite du fiat malgré des taux réels élevés. On passe la position de neutre à surpondération légère : dans un régime où la Fed est coincée et où le Trésor doit soutenir sa propre dette, l'or est la couverture la plus cohérente du scénario baissier (45 %).
Le dollar reste faible, sous la barre des 100 (à ~99,5). Malgré une Fed ferme, il ne remonte pas : les taux longs américains montent tellement qu'ils inquiètent, et le Trésor a même dû intervenir pour les calmer. Le yen japonais reste faible (vers 159) après l'intervention de fin juillet.
Le pétrole (Brent) reste tendu à environ 89 dollars, avec une flambée le 31 août sur une nouvelle escalade avec l'Iran. Le détroit d'Hormuz est toujours bloqué. Avec les nouveaux droits de douane US-Canada, c'est le deuxième moteur qui menace de refaire monter l'inflation, et qui empêche la Fed de baisser la garde.
L'or bat des records, à environ 4 485 dollars l'once (+9 % sur le mois). Le dollar faible, les tensions géopolitiques et la méfiance envers les monnaies le portent. On passe la position de neutre à légèrement renforcée : quand la banque centrale est coincée et que l'État doit soutenir sa propre dette, l'or est la meilleure protection.
Le bust inflationniste se durcit.
Le régime reste un bust inflationniste dans la nomenclature stricte de la formation (croissance qui plafonne, inflation élevée), mais il se durcit. Mi-août, les prints de juillet ont offert un répit : CPI headline à 3,4 %, core à 2,5 %, et le marché a cru à une pause de la Fed. Ce répit était un leurre : le PCE core, la jauge de la Fed, est reparti à la hausse (3,34 contre 3,29), et Warsh a refermé la porte à Jackson Hole (28 août). La fenêtre de désinflation s'est refermée avant même d'avoir convaincu.
C'est ce qui explique le durcissement de la Fed et la tension des taux longs. Warsh recommet à la cible de 2 %, juge les conditions financières « pas restrictives », et la proba de hausse en septembre repart à ~60 %. Le 30Y reste à ~5,25 %, au point que le Trésor doit intervenir pour plafonner le long terme. La croissance, elle, craque : le NFP de juillet passe en contraction (−23K), avec des révisions de −103K, et la conso recule (retail −0,6 %). Deux nouveaux risques prix s'ajoutent (tarifs US-Canada, énergie). Notre conviction reste haute et le score de fragilité bondit de 71 à 83 : la Fed est coincée, contrainte de resserrer contre l'inflation dans une économie qui ralentit.
En transition de régime, la tentation est de suivre le CPI (spectaculaire, en baisse ce mois-ci). La discipline est de suivre le PCE core, la jauge qu'utilise réellement la Fed : et lui remonte (3,34 contre 3,29). C'est pourquoi Warsh refuse de crier victoire. Tant que le PCE core ne s'installe pas durablement sous 3 %, avec les tarifs et l'énergie qui poussent dans l'autre sens, le biais restrictif tient, et le bust inflationniste reste le régime dominant, en version durcie.
On reste dans le même régime, le bust inflationniste (l'économie ralentit pendant que les prix restent élevés), mais il se durcit. En juillet, l'inflation « grand public » (CPI) a baissé à 3,4 %, ce qui semblait rassurant. Sauf que la mesure que surveille vraiment la Fed (le PCE) est repartie à la hausse, à 3,3 %. Et deux nouveaux risques poussent les prix : les tensions commerciales avec le Canada et la remontée du pétrole (Iran). La bonne nouvelle du CPI risque donc de s'effacer aussitôt.
C'est ce qui explique la fermeté de la Fed et la tension des taux longs. Fin août, à Jackson Hole, son président Warsh a tenu un discours très ferme et les marchés parient désormais à ~60 % sur une hausse en septembre. Le taux d'emprunt de l'État à 30 ans reste très élevé (~5,25 %), au point que le Trésor doit intervenir pour le contenir. Pendant ce temps, l'économie ralentit pour de bon : la croissance n'est plus qu'à 1,5 % et l'emploi s'est retourné (23 000 postes détruits en juillet). Notre conviction reste forte, et notre score de fragilité monte de 71 à 83, parce que la détente de mi-août était un leurre.
Quand l'économie change de régime, on est tenté de suivre l'inflation « totale » (qui bouge beaucoup avec le pétrole). Mais la bonne boussole, c'est l'inflation « profonde », et surtout celle que la Fed surveille (le PCE). Elle est repartie à la hausse ce mois-ci. Avec le pétrole et les droits de douane qui poussent dans le même sens, la vraie question est : jusqu'où ? Tant que cette inflation profonde ne s'installe pas sous 3 %, les banques centrales gardent leur ligne dure.
Le bust n'est pas global.
Le diagnostic US ne se transpose pas tel quel. Cinq zones, des régimes contrastés : la majorité des pays restent en boom (déflationniste ou inflationniste), avec un Japon désormais en régime de resserrement, un Mexique en sortie de bust et une France isolée en bust inflationniste. La lecture par pays prime sur la lecture par bloc.
Les États-Unis sont en bust inflationniste, mais ce n'est pas le cas de tout le monde. Quand on regarde le reste du monde, la majorité des pays sont en réalité en « boom » (croissance positive), avec deux variantes : boom déflationniste (croissance + inflation maîtrisée, l'idéal) ou boom inflationniste (croissance + inflation élevée, à surveiller). Les cas en bust : la France isolément en Europe ; le Mexique, lui, sort progressivement de la récession. Le Japon est désormais en régime de resserrement (sa banque centrale a normalisé ses taux et en signale d'autres). La leçon : il faut lire pays par pays, pas par grande zone.
EU.Europe · zone hétérogène, France isolée en bust
Alerte 3 / 5Lecture par pays plus que par bloc. Allemagne en boom déflationniste (PIB Q1 positif, HICP en repli, plan d'investissement 500 mds EUR qui produit ses effets). Italie, Espagne, Pays-Bas, Belgique en boom inflationniste (croissance positive + HICP élevé). France en bust inflationniste : croissance quasi nulle, spread OAT-Bund qui réévalue le risque souverain, dette/PIB 113 %. Le point clé : la BCE a tenu à 2,25 % le 23 juillet (après sa hausse de juin), Lagarde soulignant que le choc énergie reste au-dessus des niveaux d'avant-conflit et que ses effets de second tour ne sont pas terminés. La zone euro reste fragile (contraction de −0,2 % au Q1), et les projections BCE tablent sur une croissance 2026 à 0,8 % pour une inflation à 3,0 %. C'est un biais restrictif maintenu dans un contexte de stagnation, exactement le dilemme du bust inflationniste à l'échelle de la zone. Services inflation eurozone à 3,5 % (risque de second tour). Prochaine réunion en septembre. UK : BoE hold 3,75 % (vote 6-3 le 30 juillet, trois dissents hawkish), CPI retombé à 2,6 %. Sous-pondéré actions zone euro maintenu, pour risque souverain France et durcissement BCE en pleine stagnation.
L'Europe est très hétérogène, on ne peut pas la lire d'un bloc. L'Allemagne va plutôt bien (croissance positive, inflation qui retombe), grâce à un plan d'investissement massif de 500 milliards d'euros. L'Italie, l'Espagne, les Pays-Bas et la Belgique ont une croissance qui tient mais une inflation élevée. La France reste le maillon faible : croissance quasi nulle, dette à 113 % du PIB, écart de taux qui se creuse avec l'Allemagne. Le fait marquant : la BCE a maintenu ses taux à 2,25 % le 23 juillet (après sa hausse de juin). Elle reste ferme alors que la zone euro est fragile (contraction au premier trimestre) : c'est un biais restrictif maintenu en pleine stagnation, le dilemme classique du « bust inflationniste ». Au Royaume-Uni, la Banque d'Angleterre a maintenu son taux à 3,75 % le 30 juillet, mais trois membres voulaient une hausse. On reste prudent sur les actions européennes, surtout françaises.
AD.Asie développée · Japon bascule en resserrement, zone hétérogène
Alerte 3 / 5Le Japon confirme sa normalisation. Le Japon est désormais en régime de resserrement à sous-jacent inflationniste : BoJ hold à 1,00 % le 31 juillet (vote 8-1, Takata pour +25 bps), Ueda signalant une hausse possible dès septembre/octobre et prévenant que le core dépassera nettement 2 %, GDP FY2026 relevé à 0,8 %. Le yen a touché un plus bas de 40 ans (USD/JPY ~164) avant une intervention du gouvernement qui a ramené la paire sous 158, le différentiel de taux avec les US restant massif. C'est un changement de régime qui favorise les banques japonaises (marge nette qui s'améliore avec la hausse des taux) et les valeurs financières value. Corée du Sud en boom inflationniste (BoK à 2,50 %, CPI 2,6 %, exports semi +22 %). Australie en bust inflationniste (RBA 4,35 %, CPI Q1 4,6 %). Singapour, Hong Kong en boom déflationniste. Allocation Japon repassée en surpondéré léger (banques et financières profitent de la normalisation BoJ), sous-pondéré Australie maintenu.
Le Japon confirme son changement de cap. Le Japon est en régime de resserrement : sa banque centrale a maintenu ses taux à 1 % le 31 juillet, et son gouverneur annonce une hausse possible dès septembre. Le yen est tombé à son plus bas depuis 40 ans, forçant le gouvernement japonais à intervenir pour le soutenir. C'est bon pour les banques japonaises (elles gagnent plus d'argent quand les taux montent). La Corée du Sud tient grâce au boom des semi-conducteurs (exports +22 %). L'Australie est en bust inflationniste (inflation 4,6 %). Singapour et Hong Kong restent calmes. On repasse le Japon en position légèrement positive (avant on était neutre) parce que la hausse des taux profite aux banques japonaises.
AE.Asie émergente · Chine en boom déflationniste, Philippines en stagflation
Alerte 3 / 5Chine en boom déflationniste, mais en décélération : PIB Q2 ralenti à +4,3 % en glissement annuel (plus bas depuis fin 2022, sous la cible 4,5-5 %), pénalisé par une demande interne molle et le choc pétrolier lié à l'Iran, les exports restant résilients. CPI toujours atone (~1 %), mais PPI repassé positif à +4,1 % (fin de déflation industrielle, plus haut en près de 4 ans), tiré par les métaux liés à l'IA et l'énergie. LPR gelée à 3,00 % (14e mois), la PBoC gardant sa marge et laissant le relais au budgétaire. Inde : bascule du boom déflationniste vers le boom inflationniste : RBI hold à 5,25 % le 5 août (4e pause, stance neutre), mais CPI remonté à 4,4 % en juin (au-dessus de la cible de 4 % pour la première fois en 17 mois, tiré par alimentaire et énergie), pic attendu au T3 ; croissance FY27 maintenue à 6,6 %. Vietnam en boom inflationniste (CPI ~5,5 %, gagnant du nearshoring). Taïwan en boom déflationniste, porté par le cycle IA via TSMC. Philippines : stagflation persistante : croissance Q1 +2,8 % (au plus bas depuis 5 ans), CPI juillet 6,2 % (3e mois de repli après le pic de 7,2 % en avril, core 4,2 %), BSP maintenu en resserrement, peso sous pression. Allocation Chine et Inde ramenées à neutre (régime encore correct mais Chine qui ralentit et inflation indienne qui remonte), prudence maintenue sur les Philippines.
La Chine ralentit : sa croissance est retombée à +4,3 % au deuxième trimestre (le plus bas depuis fin 2022), sous sa propre cible, à cause d'une demande intérieure faible et du choc pétrolier. Son inflation reste très basse (~1 %), mais les prix à la production rebondissent (+4,1 %). Elle reste en boom déflationniste, mais moins vigoureux. L'Inde change de visage : sa croissance tient (6,6 %) mais son inflation est repassée au-dessus de la cible de 4 % (à 4,4 % en juin), pour la première fois en 17 mois : elle glisse vers le boom inflationniste. Sa banque centrale a laissé ses taux à 5,25 % le 5 août. Le Vietnam reste en plein essor industriel grâce au nearshoring. Le cas négatif, ce sont toujours les Philippines : croissance faible (2,8 %) et inflation encore élevée (6,2 % en juillet, mais en repli depuis le pic d'avril). On ramène Chine et Inde à neutre (le contexte reste correct mais la Chine ralentit et l'inflation indienne remonte), on reste prudent sur les Philippines.
AL.Amérique latine · majoritairement boom inflationniste, Mexique en stabilisation
Alerte 3 / 5Zone dominée par le boom inflationniste, mais en amélioration. Brésil : le Copom a ramené la Selic à 14,00 % (4e baisse consécutive fin juillet), l'IPCA étant revenu dans la bande cible à 4,44 % en juillet (cumul 2026 à 3,44 %) ; les taux réels restent parmi les plus élevés au monde. Argentine : la désinflation Milei plafonne autour de 33 % en glissement annuel (33,8 % en juillet, ~2 %/mois, cumul 2026 ~19 %), croissance positive. Colombie et Pérou en boom inflationniste (Colombie ~5,5 %, au-dessus de la cible), banques centrales prudentes. Chili en boom déflationniste, porté par le super-cycle du cuivre (~6,6 $/lb). Mexique en sortie de bust : désinflation continue (headline ~3,5 % en juillet, core ~3,95 %, retour dans la bande), Banxico poursuit son easing (7,75 % le 7 août, vote 4-1), activité attendue en rebond au T2 ; le ralentissement US et les tariffs pèsent encore mais la stabilisation se confirme. Allocation : exposition sélective Brésil et Argentine sur thèse commodity, Mexique repassé de prudent à neutre à mesure que le bust se referme.
La plupart des pays d'Amérique latine restent en boom inflationniste, mais la situation s'améliore. Au Brésil, la banque centrale a commencé à baisser ses taux (Selic ramenée à 14,00 %, 4e baisse) car l'inflation est revenue dans la cible (4,44 % en juillet). En Argentine, la désinflation de Milei plafonne autour de 33 % par an (contre 211 % fin 2023), la croissance tient. Le Chili profite du super-cycle du cuivre (boom déflationniste). Changement notable : le Mexique sort progressivement de la récession. Son inflation est retombée dans la cible (~3,5 % en juillet) et sa banque centrale continue de baisser ses taux (7,75 % le 7 août), l'activité étant attendue en rebond. On garde une exposition sélective au Brésil et à l'Argentine sur le thème des matières premières, et on repasse le Mexique de prudent à neutre.
MEA.MEA émergents · boom hétérogène, pas de bust
Alerte 3 / 5Aucun pays MEA en bust : zone partagée entre boom inflationniste et boom déflationniste selon l'exposition énergie. Boom inflationniste : Turquie (CBRT autour de 37 %, CPI juillet 31,75 % en désinflation lente, plus bas depuis mars, lira toujours sous pression), Égypte (CBE maintenue à 19 % le 9 juillet, CPI juillet 14,9 % en léger rebond, revenus Suez toujours déprimés). Proche de la cible : Pologne (NBP à 3,75 % avec biais accommodant, CPI revenu à ~2,5-3 % dans la cible, croissance ~3,5 % tirée par les fonds UE). Boom déflationniste : Arabie Saoudite (croissance ~4,6 %, CPI 1,8 % en juillet, Brent rebondi à ~89 repassé au-dessus du break-even fiscal ~85, ce qui soulage les finances publiques et soutient Vision 2030), Émirats (PIB robuste, inflation basse ~2 %, hub Dubai). Afrique du Sud : CPI juillet 4,3 % (après un pic à 5,0 % en juin lié au carburant), dans la bande SARB 3-6 %, mais structurellement fragile (chômage ~32 %). Les producteurs nets d'énergie profitent du Brent, les importateurs digèrent. Sélection : surpondéré producteurs Golfe (Saoudite, Émirats), sous-pondéré importateurs lourds (Égypte, Maroc).
Aucun pays de cette zone n'est en récession. Les pays se divisent selon leur dépendance au pétrole. Les producteurs du Golfe (Arabie Saoudite, Émirats) profitent du Brent élevé et investissent massivement (Vision 2030) : boom déflationniste, l'idéal (inflation à 1,8 % en Arabie). L'Afrique du Sud voit son inflation remonter un peu (4,3 % en juillet) mais reste dans sa cible. Les importateurs de pétrole sont plus sous tension : la Turquie (inflation encore vers 32 %, en baisse lente, banque centrale à ~37 %) et l'Égypte (inflation ~15 %, Canal de Suez toujours pénalisé). La Pologne, elle, va bien : croissance solide grâce aux fonds européens et inflation revenue près de sa cible (~2,5-3 %), banque centrale à 3,75 %. On privilégie les producteurs du Golfe, on reste à l'écart des gros importateurs comme l'Égypte ou le Maroc.
Lecture par pays plutôt que par bloc. La majorité du monde reste en boom (l'Allemagne, la Chine, l'Inde, l'Arabie), mais avec deux régimes opposés selon que l'inflation est maîtrisée (boom déflationniste) ou en accélération (boom inflationniste). Deux exceptions nettes en bust hors US : la France (risque souverain) et l'Australie (inflation à 4,6 %) ; le Mexique sort progressivement du bust (désinflation et easing Banxico). Le Japon est désormais en régime de resserrement (BoJ à 1 %, hausse signalée pour l'automne), ce qui soutient l'allocation sur les financières japonaises. La lecture US ne se transpose pas mécaniquement, et c'est cette hétérogénéité qui crée les opportunités par pays.
Trois trajectoires, une allocation pondérée.
La méthode des scénarios remplace la prévision unique par une cartographie probabiliste. Pas de choix binaire qui se brise au premier accident : trois trajectoires possibles, chacune avec sa probabilité, ses déclencheurs, sa mécanique attendue, son allocation associée.
Plutôt que de faire une seule prédiction qui sera presque sûrement fausse, on imagine trois scénarios possibles, avec une probabilité chiffrée pour chacun. Le scénario central (le plus probable) sert de base, mais on prépare aussi sa réponse aux deux autres scénarios. Cette discipline évite les erreurs émotionnelles : si le scénario central se réalise, on garde notre allocation. Si l'un des deux autres se déclenche, on sait déjà quoi faire.
- Hormuz reste tendu sans fermeture totale, Brent oscille 85-92, prime géopolitique durable
- PCE core reste autour de 3,3-3,5 %, tarifs et énergie compensent la baisse du CPI
- Fed hold prolongé, hausse septembre à pile ou face (~60 %) mais pas de resserrement soutenu
- Croissance molle, marché du travail qui fléchit sans effondrement brutal
- Allocation : oblig 2-5Y + TIPS surpond, or surpond léger, énergie surpond léger, sous-pond HY, actions US sous-pond
- Les tensions à Hormuz restent élevées, le pétrole reste autour de 85-92 $
- L'inflation profonde reste autour de 3,3-3,5 %, tarifs et pétrole compensent la baisse du CPI
- La Fed garde son taux, une hausse en septembre reste possible (~60 %) mais pas de série
- L'emploi faiblit sans s'effondrer
- On garde obligations courtes + protection inflation + un peu d'or et d'énergie, on évite le high yield
- Désescalade à Hormuz, Brent sous 75 USD, tarifs US-Canada désamorcés
- Le PCE core reprend sa baisse et repasse sous 3 %, Warsh a le prétexte d'attendre
- Le marché du travail se stabilise, soft landing malgré le trou de juillet
- Fed ouvre la porte à une baisse fin 2026, glissement vers un boom déflationniste léger
- Surpondération cycliques, EM, actions US large, réduction TIPS (breakevens refluent)
- Les tensions à Hormuz retombent, le pétrole passe sous 75 $, les tarifs se règlent
- L'inflation surveillée par la Fed (le PCE) repasse sous 3 %
- Le marché de l'emploi se stabilise, l'économie évite la récession
- La Fed peut enfin baisser ses taux fin 2026
- On achèterait des actions cycliques, des marchés émergents, des actions américaines
- Variante inflation : Hormuz se ferme ou les tarifs mordent, le PCE core se réancre > 3,5 %
- Fed forcée de hiker en septembre, 2Y au-dessus de 4,5 %, le 30Y prolonge sa flambée malgré les rachats du Trésor
- Variante récession : le marché du travail casse (Sahm après −23K et −103K de révisions), stagflation vers contraction
- La Fed resserre dans la faiblesse = erreur de politique, la conso déjà en recul (retail −0,6 %)
- Marchés au record corrigent violemment, HY OAS > 400 bps, VIX > 30 ; cash + Treasuries 2-5Y + TIPS + or, défensif maximal
- Version inflation : le pétrole ou les tarifs font remonter l'inflation profonde au-dessus de 3,5 %
- La Fed est obligée de remonter ses taux en septembre, les taux longs flambent encore malgré les rachats du Trésor
- Version récession : l'emploi s'effondre (après −23 000 en juillet) et l'économie tombe en récession
- La Fed durcit alors que l'économie faiblit : l'erreur classique, la consommation baisse déjà
- Les marchés corrigent violemment ; refuge dans le cash, les obligations sûres et protégées, et l'or
Position recommandée par classe d'actifs.
Pondération du portefeuille de référence en bust inflationniste durci. Le socle défensif reste : cash et Treasuries 2-5Y surpondérés (carry ~4 %), TIPS surpondéré fort (tarifs US-Canada et énergie menacent de réancrer le core). Sous-pondéré fort maintenu sur le HY (compression extrême à 275 bps, asymétrie dangereuse). Ajustements du mois : or passe de neutre à surpondération légère (records, dollar faible, Fed coincée et Trésor qui soutient sa dette en font le meilleur hedge), énergie passe de neutre à surpondération légère (Iran ré-escalade, Brent tendu). Dollar reste neutre, Japon surpond léger. Actions US : sous-pondéré renforcé, valorisations aux records (S&P 7 816 le 13 août) face à une Fed hawkish et une macro qui décroche. Duration longue : prudente, le 30Y à 5,25 % reste traître malgré les rachats du Trésor.
Voici comment on répartit l'argent dans le portefeuille théorique de référence, en bust inflationniste durci. Les grandes lignes : plus d'obligations courtes (rendement sûr ~4 %), plus de protection contre l'inflation (les TIPS, car tarifs et pétrole menacent), on évite les obligations risquées (high yield, dangereusement bon marché). Les changements du mois : on renforce l'or (records, meilleure protection quand la Fed est coincée) et on remonte un peu l'énergie (tensions avec l'Iran). On reste très prudent sur les actions américaines, au plus haut alors que l'économie faiblit et que la Fed durcit.
| Classe d'actifs | Intensité de position | Justification |
|---|---|---|
| Cash / monétaire USD | Surpondéré |
4 % de rendement, optionalité maximale avant Jackson Hole et le FOMC de septembre |
| Treasuries 2-5Y | Surpond. fort |
Carry 4 % + protection si Fed forcée de pivoter en cas d'aggravation |
| TIPS 5-10Y | Surpond. fort |
Prime d'inflation justifiée : rebond énergie et tarifs menacent de réancrer le core |
| Treasuries 10Y+ | Neutre |
Risque term premium si déficit US s'aggrave, duration peu rémunératrice |
| Crédit IG | Sous-pondéré |
Spreads compressés ~80 bps (25-yr tight), peu de marge si bust s'aggrave |
| Crédit HY | Sous-pond. fort |
Spreads à 275 bps (compression extrême), asymétrie sévère si le scénario baissier (45 %) se réalise |
| Actions US large cap | Sous-pondéré |
Valorisations tendues (S&P ~7 680, record 7 816) face à un 10Y au plus haut depuis janvier 2025 (4,75 %) |
| Actions US small cap / cycliques | Sous-pond. fort |
Sensibilité maximale au bust + taux haut + énergie chère |
| Actions défensives (santé, conso base) | Surpondéré |
Pricing power préservé en stagflation, demande inélastique |
| Énergie | Surpondéré léger |
Passage de neutre à surpond léger : Brent ~89, Iran ré-escalade sur Hormuz, hedge géopolitique et inflation |
| Actions internationales (EU) | Sous-pondéré |
Croissance eurozone molle, BCE en hold restrictif à 2,25 %, durcissement en pleine stagnation |
| Actions Japon | Surpondéré léger |
BoJ ferme à 1 % (Ueda signale sept./oct.), banques japonaises profitent de la normalisation |
| Or | Surpondéré léger |
Records à ~4 485 (+9 % sur le mois), passage de neutre à surpond léger, hedge du scénario baissier |
| Dollar US (long USD) | Neutre |
Neutre maintenu : le DXY tient sous 100 (~99,5) malgré une Fed ferme, le dollar ne joue pas son rôle de refuge |
Cinq seuils à surveiller.
Chaque point de vigilance est associé à un seuil chiffré. Pas de termes vagues comme « si ça se dégrade ». Cette discipline permet de réagir mécaniquement quand un seuil est franchi, sans laisser la place aux biais émotionnels.
On définit cinq seuils précis (avec des chiffres) qui, s'ils sont franchis, déclenchent une révision de notre allocation. L'idée : si ces seuils restent sous contrôle, on garde le scénario central. S'ils sont touchés, on bascule mécaniquement vers le scénario baissier. Pas de jugement subjectif, pas d'émotion : juste des chiffres et des actions associées. C'est ce qui permet de résister à la tentation d'attendre ou de réagir trop vite.
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PCE core au-delà de 3,5 % YoY Depuis 3,3 % actuel (3,34, en légère hausse), dernière lecture connue. Tarifs US-Canada et énergie menacent de réancrer le core. Le PCE d'août sort le 30 septembre, après le FOMC : c'est donc le CPI d'août (11 sept) qui pèsera sur la décision. Franchissement = hausse Fed quasi actée
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Sahm rule, chômage US au-delà de 4,5 % Depuis 4,1 % (baisse trompeuse, participation à 61,4 %), +0,4 pt déclencherait la règle. Le NFP de juillet est déjà en contraction (−23K) ; le NFP d'août (4 sept) est le prochain test
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Spread HY US au-delà de 400 bps Depuis 275 bps actuel (compression extrême), +125 bps = stress crédit confirmé, sortie totale du HY, scénario baissier enclenché
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USD/JPY au-delà de 165 · DXY sous 98 Le DXY tient sous 100 (~99,5) et l'USD/JPY est ~159 après intervention conjointe. Un dérapage au-delà = fuite désordonnée du carry, stress émergents et JGB
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Brent de retour au-delà de 90 USD Depuis ~89 actuel (spike le 31 août, tout proche du seuil). Si Hormuz reste bloqué (ré-escalade iranienne), franchissement rapide = second tour inflationniste réactivé
Les publications qui décident du mois.
Voici les data releases prévues d'ici la prochaine édition. Chaque publication peut confirmer ou invalider notre scénario central. Les publications signalées en or sont les plus structurantes, celles qui pourraient déclencher une révision substantielle de l'allocation.
Voici l'agenda des prochaines publications économiques officielles à surveiller. Chacune peut soit confirmer notre scénario central (bust inflationniste persistant) soit le remettre en question. Les publications marquées « CLÉ » en or sont les plus importantes : ce sont celles qui peuvent réellement changer notre allocation. Les autres sont des confirmations utiles mais moins décisives.
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4 Sept.NFP août · Employment Situation CLÉAprès la contraction de juillet (−23K) et des révisions de −103K, le marché du travail casse-t-il vraiment ? Vigilance seuil n°2 : chômage > 4,5 % = Sahm rule. Premier grand test avant le FOMC.BLS
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10 Sept.PPI aoûtPrix à la production, pour mesurer le pass-through des tarifs US-Canada et du rebond énergie vers le core dans les mois à venir.BLS
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11 Sept.CPI août CLÉLe test décisif avant le FOMC : le headline (3,4 % en juillet) rebondit-il avec l'énergie et les tarifs ? Le core (2,5 %) tient-il ? Dernier print d'inflation avant la décision de la Fed.BLS
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15–16 Sept.FOMC septembre + dot plot CLÉRéunion à projections. Warsh a ré-ancré le hawkish à Jackson Hole ; le marché price ~60 % de hausse. Nouveau dot plot : hausse ou hold, c'est le rendez-vous qui tranche.Fed
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16 Sept.Retail sales aoûtConsommation réelle : confirme-t-elle le décrochage de la demande après le −0,6 % de juillet et un PIB Q2 à 1,5 % ?Census
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23 Sept.PMI flash septembrePremière lecture de septembre. Divergence à surveiller entre un ISM manufacturier robuste (55,6) et des données d'emploi qui se dégradent.S&P Global
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30 Sept.PCE août CLÉLa jauge préférée de la Fed, publiée après le FOMC (avec la révision annuelle BEA). Core à 3,3 % en juillet ; capture tarifs et énergie. Vigilance seuil n°1 : > 3,5 % = bust réancré.BEA
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1 Oct.ISM Manufacturing septembreLe sous-indice Prices, déjà tendu, confirme-t-il la pression sur les intrants ? L'ISM manuf reste le seul point fort de la croissance.ISM
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1 Oct.Édition #006 · Note macro RIFTProchaine édition mensuelle. Confrontera l'allocation de septembre au réel et intégrera la décision du FOMC.RIFT
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7 Oct.Minutes FOMC septembreCompte rendu détaillé de la réunion : mesurer le degré de conviction du tour de vis et la dispersion des dissidents.Fed
Confronter le diagnostic au réel.
Cette section confronte chaque mois l'allocation recommandée de l'édition précédente à la performance réelle des classes d'actifs. La discipline du process exige de revenir sur ses recommandations, pas pour se féliciter, mais pour comprendre ce qui s'est passé et ajuster.
Chaque mois, on revient sur les recommandations qu'on avait faites le mois précédent et on regarde honnêtement ce qui a marché et ce qui n'a pas marché. Ce n'est pas pour se féliciter d'avoir eu raison, ni pour s'autocritiquer si on s'est trompé, c'est pour apprendre et améliorer le process. Une bonne décision peut donner un mauvais résultat (et inversement) ; ce qu'on cherche à valider, c'est notre méthode, pas notre chance.
Quatre semaines plus tard, ce que disent les marchés
La note macro d'août a recommandé une allocation construite autour du diagnostic « bust inflationniste » avec un score de fragilité à 71/100 et des scénarios 50/15/35. Quatre semaines plus tard, la détente de mi-août s'est révélée un leurre : Warsh a ré-ancré le hawkish à Jackson Hole et l'emploi a cassé. Voici comment chaque position s'est comportée, sans complaisance, sans dramatisation.
Checklist anti-biais avant validation.
Six biais cognitifs menacent toute décision d'allocation macro. Avant d'exécuter la pondération de cette note, chaque biais a été examiné. La case cochée signifie que la question a reçu une réponse claire et honnête.
Notre cerveau a tendance à nous jouer des tours, surtout en finance : on aime ce qui confirme nos idées, on retient les événements récents plus que les anciens, on se compare à des situations passées même quand ce n'est pas pertinent. Pour résister à ces erreurs (qu'on appelle des « biais cognitifs »), on passe en revue 6 d'entre eux avant chaque décision. Voici comment on les a traités cette fois :
- ✓Récence · le bon CPI de juillet intégré sans surpondérer la désinflation : la remontée du PCE core et les risques tarifs/énergie pèsent autant que la baisse du headline
- ✓Ancrage · scénarios recalibrés (45/10/45 vs 50/15/35 d'août), le baissier relevé à 45 % après le durcissement de Warsh et le décrochage de l'emploi
- ✓Confirmation · reconnaissance explicite de l'erreur du mois (or laissé à neutre juste avant sa flambée à ~4 485) et du coût persistant du sous-pond actions
- ✓Représentativité · distinction chômage affiché (4,1 %) vs baisse trompeuse tirée par la participation, CPI qui baisse vs PCE qui remonte, dans le diagnostic A et B
- ✓Optimisme · scénario baissier relevé à 45 %, le bon CPI de juillet traité comme fragile face à un PCE collant et non comme une tendance acquise
- ✓Surconfiance · conviction haute sur le régime (bust qui se durcit), mais correction assumée sur deux positions (or et énergie relevés)
La discipline du process compte plus que la justesse de la prévision. Les analyses parfaites avec une exécution émotionnelle perdent de l'argent. Les analyses moyennes avec une exécution disciplinée en gagnent.
Portefeuilles types par profil de risque
Trois exemples d'allocations diversifiées géographiquement et construites selon les régimes économiques actuels. Chacun est dimensionné pour un profil de risque distinct et reflète le contexte macro de fin août 2026 : Warsh ré-ancre le hawkish à Jackson Hole (hausse septembre à ~60 %), le PCE core remonte (3,3 %) pendant que la croissance décroche (NFP juillet −23K), taux longs au plus haut depuis janvier 2025 (10Y 4,75 %, 30Y ~5,25 %), énergie tendue (Brent ~89, Iran) et or aux records (~4 485). BUST INFLATIONNISTE sur les économies importatrices d'énergie (US, FR, AU, PH), BOOM DÉFLATIONNISTE chez les exportateurs commodity et l'Asie (Chine, Indonésie, Arabie, Norvège, Suisse, UK), BOOM INFLATIONNISTE sur les économies à inflation persistante (Allemagne, Italie, Espagne, Inde, Canada, Brésil, Turquie). Le Japon est en régime de resserrement (BoJ à 1 %).
Les allocations sont calibrées pour traverser plusieurs régimes tout en exploitant le quadrant dominant du moment. Le portefeuille conservateur surpondère les refuges, le neutre équilibre, l'agressif parie sur la prolongation du super-cycle matières premières.
Performances mises à jour aux clôtures mensuelles du 31/08/2026 (source Stooq, ETF NYSE + NASDAQ), en price return hors dividendes.
• BUST INFLATIONNISTE (stagflation)
• BUST DÉFLATIONNISTE (or pivote)
• BOOM INFLATIONNISTE (or et énergie)
• BOOM DÉFLATIONNISTE soutenu (sous-performance vs S&P)
• BOOM DÉFLATIONNISTE des EM commodity
• BOOM INFLATIONNISTE soutenu
• BUST INFLATIONNISTE modéré
• BUST DÉFLATIONNISTE généralisé (récession mondiale)
• Choc déflationniste extrême (style 2020)
• BOOM DÉFLATIONNISTE des EM commodity
• BOOM INFLATIONNISTE soutenu
• Super-cycle matières premières
• BUST DÉFLATIONNISTE mondial (récession EM)
• Choc dollar fort prolongé
• Effondrement appétit risque global
La discipline mensuelle bat
la prévision géniale.
Cette note suit la méthode complète de la Formation Macro-Économie : diagnostic des six dimensions, identification du régime, scénarios probabilisés, allocation cohérente, checklist anti-biais. Chaque mois, le RIFT Macro Desk applique le même process.
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